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autres avis... |
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Je rentre d'Alsace où j'ai vu, comme il se doit, la fabrique de bébés, et surtout les plénipotentiaires ailés qui les apportent dans les foyers! Bon, allez, on peut encore avoir la nostalgie des légendes enfantines, non? Tout ça pour en revenir aux bébés et aux 6,5 milliards d'humains que nous sommes. Savez-vous que, chaque jour, 365.000 chiards et pisseuses naissent sur la planète bleue? Doivent être fatiguées, les cigognes. C'est peut-être pour ça qu'il n'en reste presque plus et qu'il faut les sauvegarder. Fort heureusement, 155.000 vieux (et hélas moins vieux parfois) passent l'arme à gauche toutes les 24 heures. Ainsi, chaque jour, 210.000 Terriens viennent augmenter le cheptel humain. Sans compter les quelques Martiens, Lunatiques, Vénusiens, Saturniques et autres Mercurochromes, Plutoniques, voire envahisseurs qui sont là incognito, juste fichés sur X-files! Oh, je sais bien que les cigognes perdent parfois le Nord et qu'elles font leur distribution en dépit du bon sens. Alors que des petits bouts de chou sont déposés là où on n'en veut pas, des berceaux restent ailleurs désespérément vides. Idem pour la Grande Faucheuse qui ne sait pas trop discerner ceusses qu'on voudrait bien voir partir et ceusses qu'on aimerait chérir encore un peu. Pas facile, la vie de cigogne! Je sais pas si, dans les années futures, tout ce p'tit monde aura de quoi bouffer tous les jours, mais ce qui est sûr, c'est qu'y en a qui sont pas près d'être au chômage: le Père Noël et le croque-mort...
Zut, à peine finie cette bafouille, et nous v'là 210.000 de plus sur Terre! Tout augmente tout le temps... La concierge
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Mais qu'est-ce qu'y z'ont tous à éclairer leurs maisons comme si on était aux States? Et que j't'enrubanne le sapin, et que j'te fais courir la guirlande électrique sur tout le balcon, et que j'te sème des loupiotes qui s'allument et s'éteignent toutes les deux secondes. Jusque dans ma campagne perdue, on jette l'EDF par les fenêtres. Oh, l'ambition est généreuse : faire savoir à tout le monde, au cas qu'on l'aurait pas vu dans les vitrines, que Noël est arrivé et qu'il est temps de dépenser à tout va. D'abord se remplir la panse à en être malade pendant huit jours, et puis remplir le dessous du sapin qu'on se rappelle plus le Père Noël de qui a déposé les cadeaux. Alors on commence le 8 décembre avec les petites bougies, rituel votif purement lyonnais, puis on se branche sur la prise de courant jusqu'à la brioche des Rois. Oui, parce que s'il fallait s'y coller tous les soirs avec ses allumettes et ses bougies, sûr que ça durerait pas le mois entier! Surtout qu'après, faut nettoyer les lampions et là, j'vous raconte pas, y faut pas mal d'huile de coude! Alors tous les jours, merci bien! Heureusement, ce brave Benji et tous ceux qui s'engouffrèrent, rapides comme l'éclair, dans la brèche ouverte, ont inventé non pas la foudre d'escampette, ni la poudre à couper le beurre, mais quelque chose d'essentiel aujourd'hui : l'électricité. Fini enfin les lampes à pétrole, les lessiveuses à bouillir le linge, les moulins à café qu'on coinçait entre les jambes, les jarres de sel pour conserver le lard, les briques chauffées à blanc pour le lit. Vrai, l'électricité a tout changé. Comment faisait-on sans vibromasseurs, micro-ondes, arrosages automatiques, chaîne hi-fi, eau chaude sur l'évier, téléphone? Quand je pense que, depuis trente ans, on nous bassine tous les six mois avec les changements d'heure pour soi-disant économiser de l'énergie, et qu'on fout en l'air des milliards d'euros à illuminer les villes, les jardins, les maisons, les fenêtres, trente jours durant... ça me gonfle au plus haut point. Pas vous?
La concierge,
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Comment, dès le 2 janvier, mettre en pratique les bonnes résolutions de la veille, alors que: - Nos meilleures amies nous ont offert moult boîtes de chocolats qu'on n'a pas encore finies. Je les accuse même d'avoir refilé les leurs pour être sûres de voir nos hanches s'arrondir! C'est ça les «amies». - Il reste dans le frigo saumon fumé, bûche à l'armagnac, dinde farcie aux marrons et petits amuse-gueule hyperprotéinés. Une grande station de radio disait que pour ne pas être tentée, il fallait congeler les restes. Mais avec ce qu'on a dépensé pour les acheter, faut bien amortir pendant deux semaines sans courses alimentaires. - Mon bureau est toujours supra-bordélique parce qu'avec toutes ces agapes, j'ai pas eu une minute à moi pour le ranger. - Je voudrais bien m'arrêter de fumer mais toutes mes collègues fument. Vaudrait mieux qu'elles prennent les mêmes résolutions que moi! - J'ai décidé d'aller me coucher de plusse bonne heure mais les tchattes intéressants ne commencent qu'après le film. Que je sache, tous les ordinateurs ne se changent pas en citrouilles à partir de minuit! Faudrait peut-être qu'une horloge à retardement coupe tout comme le réveil (endormisseur?) s'arrête après 59 mn.
Y a qu'une résolution que je suis certaine de tenir: m'occuper enfin de moi! Et là, c'est le top. Surtout que mon fiston m'a offert un forfait de soins orientaux avec hammam, gommage, enrobage, massage, épilation au sucre ou au miel, brush et thé à la menthe. Au finish, trois heures de cocooning pour moi toute seule, le pied. Alors vous dire que je n'ai pas la ferme intention de suivre à 100 % cette bonne résolution, serait pure hérésie. Attendez-vous donc à voir la concierge de plus en plus zen dans les mois à venir. Chuis résolue à perdurer! La concierge,
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«Il faut que les Français, jeunes gens et jeunes filles, même issus de l'immigration, les personnes sans emploi et/ou en grande difficulté d'intégration, puissent entrer dans la Fonction Publique...». Ça vous rappelle quelque chose, n'est-ce pas, même si les mots ne sont pas tout à fait les mêmes? Oui, vous l'avez reconnu, c'est le discours des voeux de notre cher Président. Voeux pieux et irréalisables, il va sans dire, puisqu'il clame par ailleurs haut et fort, par la voix de son ministre de tutelle, que «les fonctionnaires doivent travailler plus longtemps!». Comment faire de la place dans les rangs de ces «employés nantis» (sic!) et intégrer la jeunesse «performante», j'vous le demande? Nous revoilà sur un dossier de première importance (surtout pour moi, of course), dont je vous avais promis la primeur il y a quelques semaines: ma retraite. Entrée à 19 ans dans ces lieux où le travail n'est jamais récompensé à sa juste valeur (pas question d'aller demander une augmentation) et où seule l'ancienneté vous fait grimper l'échelle sociale, j'me voyais déjà en haut de l'affiche à soixante ans. Logique... même si en 68, sous les pavés et sans la plage, on nous prédisait déjà qu'en 2010, on ne saurait plus écrire le mot retraite. Sans faire de zèle mais en travaillant en «honnête père de famille», nantie de mes nombreuses annuités, je compulse la paperasserie adéquate. Là commence la vertigineuse dégringolade. Tout d'abord, j'ai osé m'arrêter de travailler pendant huit ans pour être auprès de ma mère gravement malade. Mais là, direz-vous, c'était un choix! OK, j'accepte les huit ans de rabiot. Mais, sur ces emplois que tout le monde nous envie et dont personne ne veut, avec nos salaires de misère (réévalués de 0,5 % par an), il faut désormais ajouter un trimestre de cotisations par année de présence. Ce qui m'amène allégrement à... 67 ans pour obtenir l'équivalent de 50 % de mon salaire mirobolant (tellement mirobolant que mon fils, qui ne travaille que depuis cinq ans, touche le double). Les primes de salubrité, de dangerosité, précarité, quartier mal famé... ne comptent pas, bien sûr. Me voilà anéantie après une Révolution de 68 où j'espérais des lendemains meilleurs. En 2018, soit cinquante ans plus tard, il me faut déchanter et prévoir une ceinture plus serrée pour joindre les deux bouts. Petit appart', petite voiture, foin des voyages hors de France ou des vacances sur la Côte. À tel point qu'on m'a murmuré que j'aurai le choix entre le minimum vieillesse et ma retraite. Oups!!!! Alors, tous ces jeunes en mal de travail, vous croyez qu'ils veulent intégrer la Fonction Publique? J'en doute, eux qui se font déjà plus de blé que moi en «bossant au noir» et qui, surtout, n'ont pas envie d'être le maillon de base d'une hiérarchie peu reconnaissante... sauf si, bien sûr, ils deviennent très rapidement chefs, ministres, voire Président de la République.
La concierge,
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Qu'on se le dise, mes belines, l'heure n'est plus aux régimes amaigrissants. Non, les hebdo féminins nous inondent en ce moment de cures de détoxication en tout genre. Et que j'te bois le grand verre d'eau tiède citronnée au p'tit matin, et que j'te mange à tous les repas la sacro-sainte soupe au chou à la mode de chez nous (jusqu'au trognon, diraient le Glaude et le Cicisse), que j't'ingurgite du soja par-ci, du soja par-là, et pourquoi pas une cuillère d'huile de foie de morue pendant qu'on y est? Et là, fraîche et pimpante, les points noirs en moins, la langue déchargée des bombances de Noël, vous vous sentez plus légère, plus zen, plus alerte pour aller faire les soldes. Oui! parce que janvier, après avoir été moult z'années le mois du blanc, est devenu le mois des soldes à qui mieux mieux. Donc, nantie de votre casse-croûte jambon-beurre-cornichons-pain-au-sésame, vous oubliez les préceptes des nutritionnistes détoxiquants et vous vous régalez, régalez, régalez.... Miam! c'est quand même bon, une bonne baguette craquouillante avec du beurre étalé, et une tranche de jambon (avec la couenne siouplaît!) que l'on torche sans s'asseoir of course, faut ben avancer dans la foule! La suée des soldes, le pain qui gonfle dans l'estomac, vite une petite pression ou un diabolo-menthe façon «comme quand j'étais ado»... Manque qu'un petit gâteau au chocolat bien noir. Ben voui, moi y me faut du sucré pour terminer le repas ou alors j'ai encore faim... Vous avez remarqué que tout est petit quand c'est défendu? Un petit caoua, un petit gâteau, une petite mousse.... Et tout est grand quand c'est pas très bon, un grand bol de chou qui va nous faire péter et roter toute l'après-midi des soldes! Vous m'direz, peut-être que ça ferait un peu de place au portillon, mais pour les bisous d'amour on est loin du «on s'fait un p'tit caprice tous les deux?», calendos à ridelles à l'appui... D'ailleurs les bisous-calendos, faudra qu'on me dise si c'est mieux que les flatulences du chou!!! Bon, on revient à nos boutons... Moi, tous ces régimes de détox, je crois que c'est de l'intox parce que si le chou faisait maigrir, à Bruxelles y aurait déjà plus personne. La concierge,
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« De mon temps... ». Ça y est, la Concierge radote! Faut dire qu'y a de quoi. Figurez-vous, vous qui me croisez chaque semaine dans l'escalier, que chuis quand même tété un peu à l'école et que si on m'cause du Vél d'Hiv, des étoiles jaunes ou des enfants cachés, je sais que c'est des trucs pas très gais qui se sont passés pendant la der des ders. Si j'vous raconte ça, c'est que dernièrement je suis allée à la lecture-spectacle d'un témoignage écrit par un rescapé des camps de la mort. Témoignage bouleversant ne laissant aucun souvenir hilarant au petit garçon de treize ans qu'il fut à l'époque. Pour animer cette lecture à deux voix -- celle de l'enfant qui raconte, celle de l'adulte qu'il est devenu et qui s'interroge, s'insurge encore -- les comédiens étaient accompagnés d'un contrebassiste. Maniant l'archet, pinçant les cordes, tambourinant sur l'instrument, il savait rendre vivants les évasions, arrestations, convois ferroviaires... ces cauchemars tenaces. Belle trouvaille qui, horreur! déclencha les rires imbéciles des cinquante ados de Seconde traînés là par leur prof d'histoire. Les Juifs, y savent à peine qui c'est! Ne parlons pas de Barbie, qu'ils confondent avec la poupée en tartiflex. Quant à l'étoile jaune, aux enfants cachés par quelques citoyens courageux, ça reste pour eux 20.000 lieues sous les merdes. Raison invoquée : on a pas vu ça en classe!!! Et vlan! Y a donc que la starac, charmed, le foot, les pipoles ou les clips vidéo à la télé. De quoi qu'on cause pendant les cérémonies commémoratives? Y z'ont donc aucune discussion, à la maison? Faut dire que les grands-pères qui ont fait la guerre disparaissent un par un et que plus personne n'est là pour raconter. Mais quand même, cet effort de mémoire qu'on nous encourage à faire, les profs y z'attendent quoi? Heureusement (enfin j'espère), cette période est encore au programme pour quelques années, mais vaudrait mieux qu'elle y reste un bon coup. Parce que je les ai vus prendre, avec De Gaulle, Pétain pour Hitler! Je trouve ça grave, très grave... Heureusement, certains profs jouent le jeu. J'en connais une au moins qui sait engager ses élèves au souvenir*. Ça se passe dans un petit village et j'en suis fière. Les jeunes en pleine confusion un peu plus haut, loin d'être des quartiers dits défavorisés dont on ne signale que le négatif, venaient d'un lycée international hyper-bien coté mais où, semble-t-il, on estime plus judicieux d'apprendre l'Europe d'aujourd'hui que les conflits d'hier... De mon temps.... Ah non, j'arrête de radoter. Je vieillis, c'est sûr, je comprends plus ma France...
La concierge
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À quoi reconnaît-on, mes belines, qu'on devient célèbre? À plusieurs choses. D'abord on vous interpelle dans la rue, genre «salut, la Concierge va bien?», ou on vous demande des nouvelles de la maison «et au Phare, quoi de neuf?», et on commence à vous plagier «j'aime tellement ce que vous faites, que j'ai pondu un coup de gueule façon concierge»*... Dans les hautes sphères, loin de la Conciergerie et près des grands pontes, on s'appelle par son prénom «hep Nico!» (personne ne confond avec le tsar Nicolas II), par ses initiales DSK, BHL (presque plus connu que le BHV). JFK une fois trucidé, même le Pape met à la mode un prénom tiré au hasard. Du côté des vedettes du p'tit écran, plus on en parle, plus les noms raccourcissent, qu'on soit Journaliste (PPDA) ou qu'on gouverne une émission (ONPP). Les artistes n'y coupent pas: on trouve BB, Cloclo, NTM ou Jlo (prononcer Djilo). C'est plus cool que Jennifer Lopez ou Nique Ta Mère, mais faut être branché pipole, autrement on est mal barré. Bon, on va peut-être pas leur jeter la première pierre. Tout est admis pour devenir célèbre. D'ailleurs, qui a commencé : J.-C. !
Voilà-t'y pas que les virtuoses nous escagassent avec leurs façons brutales de tourner le dos à ma mère patrie. Suffisait pas du Johnny qui retourne manger ses frites en Wallonie, fallait encore que Wolfgang lui emboîte le pas si j'ose dire, avec deux bons siècles de retard. Autrichien, que nenni, l'auteur de la Flûte Enchantée était Allemand, et Salzbourgeois, qu'on se le tienne pour dit, la dépêche est tombée en début de semaine. L'avait pas un peu raison, l'autre borgnard, à vouloir nous faire débiter notre curriculum à chaque coin de parking? Si les grands s'y mettent, et que j'te prends des airs: «comment donc, chuis pas d'ici, moi?». Voyez-vous ça. Et que j'te décline mon curri jusque sur les bancs de l'Assemblée ou du Sénat, des fois qu'y en ait qui se sentent les godasses trop lourdes. Nan, nan, chuis pas d'ici! Ma grand-mère? Elle a empilé toute sa vie ses seaux dans le Veymont. Ben oui, des fois ça soulage, fallait pas en faire un fromage. Sa mémé elle était pas d'ici. Alors lui, des fois que l'envie lui prenne de r'trouver ses origines, comme ils disent, même à quatre piges... On s'en plaindra pas. D'ailleurs, y'en a qui feraient bien de j'ter un oeil sur leur biographie, ça nous f'rait ptête des vacances. Mireille, c'est comme le nougat, c'est pas garanti qu'elle vienne d'en-bas. Pas plus que les grandes pointures de l'OM qu'ont rien à lui envier. Imaginez le bicentenaire de leur naissance célébré en grande pompe à Ouagadougou.. Et Bernadette, qu'en pensez-vous? La fille naturelle de quelque tête couronnée britannique? Juste pour les bibis, et cette manière surannée de collectionner les p'tites pièces. J'en tremble à l'avance. Et si, entre deux sittings à l'Assemblée, notre bon vieil abbé se souvenait à son tour d'avoir caressé des canards dans un ferme-auberge thurinoise, juste avant de souffler ses deux bougies anniversaires? Manque plus qu'il raconte tout ça à Mireille sur la 3 et pfff... voilà les dernières valeurs humanistes qui nous quittent par le Mont-Blanc... Alors chez nous, on fête qui? La question tombe à plat... Des fois qu'on naisse n'importe où sur la planète, «alter-mondialiste» qu'il dit mon p'tit n'veu. Au fond, ça nous fait une belle jambe...
S.B., plagiaire autorisée La concierge
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(sur un air connu)
Info ou intox? J'arrive plus à démêler le vrai du faux. Sont-ils certains, dans les hautes sphères, que nous sommes prêts à élire une femme présidente de la République? OK, par solidarité féminine, on (je) voterai pour elle(s). Mais tous nos machos criant qu'ils sont d'accord avec moi, au fond de l'isoloir, ils glisseront, à n'en pas douter, un candidat masculin! D'où, logique implacable, pourquoi nous faire croire que Ségo ou Babeth ont une chance? Pour nous endormir les neurones et faire passer en catimini des augmentations ou des textes de lois d'un autre âge? Figurez-vous, par exemple, que les enfants ont à nouveau le droit de travailler la nuit!!! Ah, vous saviez pas? Vous buviez les paroles de Ségolène? Eh bien déchantez, maintenant! Ah, si on avait une femme à la tête de l'État, ça se serait pas passé comme ça! Pareil pour le travail du dimanche. Parce que les femmes savent bien que le dimanche, c'est fait pour se reposer de la semaine et que les enfants doivent dormir la nuit. Elles ne font pas une fixette sur l'économie à tous crins. Elles ne pensent pas qu'à remplir le bas de laine. Ségo, Babeth, rétablissez les dimanches câlins avec les petits croissants croustillants achetés en allant promener Mirza... Remettez à l'honneur les dimanches en famille avec les pieds en éventail, le pique-nique à Fontainebleau, la chasse aux papillons dans les prés inondés de coquelicots, les promenades main dans la main sur les bords de la Seine et le retour at sweet home les joues colorées, les yeux rieurs, les projets pour demain plein la tête... Voilà un programme pour lequel je voterais bien, moâ! Pas vous? Utopique? Bucolique? Je vous entends d'ici, vous autres: c'est bien une femme, la concierge, elle rêve tout éveillée! Ben voui, je rêve, parce que ça, Messieurs, vous pourrez jamais nous l'enlever. Et si on était pas là pour rêver, nous les femmes, la vie vous paraîtrait d'un fade. Alors, laissez-nous rêver mais ne nous prenez quand même pas pour des gogoles. Ségo à la présidence, on sait très bien que c'est un rêve!!! La concierge |
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Sainte Marianne 14 février. Saint-Valentin... (sein-Valentin, dirait le Rédac lubrique). On se creuse un peu les méninges pour un cadeau, une carte, une pensée qui sortent des sentiers battus par les coeurs de tous poils... histoire de dire à l'élu(e) de son coeur « que je t'èèèèèèèèèème ». Bon gré, mal gré, on trouve quelque chose. Mais là, faut vraiment que je tire mon chapô (de journaliste) à l'État qui a profité de la Saint-Valentin pour faire une pub colossale, pleine page, à Marianne avec ces quelques mots « Cette année, faites-lui votre déclaration en mai! ». Sacrément trouvé, non? Bon, je sais, on n'a pas le choix des armes et je pense pas qu'une belle carte illustrée genre « je t'm » lui suffira. Faut dire que la bougresse préfère les gros sous aux mots doux. Mais, soyons positifs, on n'aura pas besoin de courir les magasins pour le cadeau. On lui fera un chèque comme pour les mômes quand on n'a plus d'idée! Cool, Raoul... Et tiens, parce qu'on est dans les gros sous et que je rentre de quatre jours à Saint-Trop (sein-Trop dirait le Rédac, toujours lubrique!) et Cannes pour le corso fleuri de mimosas (qu'étaient même pas fleuris d'ailleurs), faut que j'vous raconte par le « menu » ce qu'affichaient les restos. Y z'en faisaient un spécial pour le corso avec un turbot pour deux convives à... 80 euros! Oups, chères, les arêtes, surtout si vous accompagnez le tout (enfin le seul) d'un petit thé-sachet à 5 euros la tasse d'eau. Y nous prennent pour quoi, pour des richards? Cannes? Ils me l'ont bien descendu, comme dirait Mistinguette* devant l'escalier du Festival.
* Miss Tringlette [Rédac] La concierge
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Côté cour, c'est la panique ! Faut que j'vous dise, mes belines, qu'y a panique dans la cour. Jusqu'à hier, tout allait bien, j'étais réveillée par les gazouillis aphrodisiaques des merles, ce qui me mettait dans une humeur zen pour la journée. Or, depuis y sont des dizaines de moineaux, rouges-gorges, mésanges, tourterelles des faubourgs à piailler en dépit du bon sens dès potron-minet. Minet que j'ai d'ailleurs envoyé en délégation pour savoir ce qui se tramait. Figurez-vous* que les oiseaux des champs manifestent leur mécontentement face aux allégations fantaisistes de grippe aviaire lancées à qui piou piou sur les ondes. Perchés sur les fils du téléphone, ils en entendent de belles: «j'ai trouvé un oiseau mort sur mon balcon, qu'est-ce j'en fais?», «mon chat a boulotté un oiseau mort, dois-je l'euthanasier?»... Des foutaises, tout ça! Y en a qui jurent que c'est fini, qu'y mangeront plus jamais de volatiles, même ceux qui poussent dans les hangars, on sait jamais! Et les moineaux de raconter qu'ils ont fait la causette avec les réchappées des étables, celles qu'on avait pas achevées, accusées qu'ils disaient de folie bovine. Elles meuglaient qu'elles avaient mis trois ans à s'en remettre, comme leurs copains les moutons tremblants, les lapins myxomatosés, les porcs empestés, bref tous ceux qui faisaient tache dans la surproduction animale... Y a que les moustiques réunionnais qu'on flytoxe pas, elles ont renchéri! Pire, voilà-t-y pas que les Hollandais veulent nous faire croire que les chats vont propager le H5N1 (comme si pouvaient pas dire la grippe) et que peut-être faudrait boucler les chatières! Qu'est-ce t'en penses, mon Félix? Tu t'en fous, des oiseaux morts, tu les préfères vivants, j'en suis sûre. T'es quand même pas affamé au point de bouffer des crevures! Quant aux souris, je te rassure, ça craint rien... du moins pour le moment. Va savoir! Heureusement, l'État annonce très sereinement : Français, Françaises, pas d'affolement, la situation est sous contrôle. Oufffffff, on l'a échappé belle!
* Montage "cut". J'ose pas commencer par eh bien (que j'écris obstinément et bien), car mon Rédac a la pire grippe de toutes: la grammaticale. Des fois qu'il commencerait à me prendre en grippe, Moi! La concierge
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Patinage linguistique Ah, le patinage artistique! ces doubles axel, triples lutz piqués, quadruples salchow, flip, pirouettes, spirales de la mort, arabesques et portés, ses carres qui changent, ses short programmes, ses danses et programmes libres... Je suis affalée dans mon fauteuil, pas question de rater une seule des diffusions en direct de Turin et des Jeux Olympiques. Je frissonne quand les patineuses voltigent, je pousse des ah déconfits à la moindre gamelle, je peste contre les juges qui n'ont rien vu de ce que j'ai vu! Dis donc, c'est compliqué de patiner! Moi, sur le verglas, je me casse la margoulette chaque fois! Ces juges, chuis sûre qu'y seraient même pas capables de tenir trois secondes en patins, même sur la moquette. Ah, Candeloro dans le Parrain ou Surya Bonaly dans ses pirouettes! Michelle Kwan, les Duchesnay ou (chauvine un peu) Gwendal et Marina, mes petits lyonnais! Et Alain Calmat, y a si longtemps... C'est beau le patinage! Quelle émotion! Oui, je sais, juste bon pour les femmes... Ben ça vaut bien les matches de foot, non? Y a qu'un bémol à tout ça. C'est Nelson. Vous connaissez? Le commentateur incontournable du patinage, qui nous cause anglais-français en traduction simultanée dans les deux sens. Celui qui trouve toutes les patineuses superbelles et en droit de gagner la première place. Heureusement, y a Gayaguet qui vient de changer de nom pour donner les infos techniques, les difficultés, les carres bien dessinées sur la glace, les petites mains qui se posent négligemment, les estimations des juges, sans parti pris. Et Candeloro, cette année, qui a su amener la petite note d'humour en ridiculisant parfois l'aristo british Nelson... Il me bousille tous les programmes et si ce n'était d'écouter les fort belles musiques, je couperais bien le son pour pas l'entendre... Y m'énerrrrrrrve! Mais voilà, à 800 euros la place dans les gradins turinois pour voir la danse par couple, eh ben, j'me dis que le Nelson y f'ra bien l'affaire! Après tout, on a eu Léon pour les enterrements et mariages royaux, Guy pour les vachettes intervilloises, on peut se coltiner le british quelques semaines par an.
La concierge
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SOS ESPÈCES EN DANGER ! Allez mes belines, on s'fait un p'tit geste pour la Planète? Tenez, par exemple, j'ai décidé de plus manger de caviar pour ménager les esturgeons, de plus courser la baleine à bosse, la tortue des Galapagos, de plus empoisonner le loup avec mes p'tits beurres et mon p'tit pot de lait, de plus sniffer la corne de rhino, de plus me coiffer avec un bibi en peau de phoque, voire de mettre de l'ivoire synthétique sur mes chayottes. Fini la cueillette de l'edelweiss, l'arrachage intensif de l'amanite phalloïde pour la belle-doche, de la jonquille des prés, du muguet des bois. Exeunt les galipettes avec les cigognes épiscopales, les marabous (sans t siouplaît), les grues couronnées (pardon Mum'), les ducs (à plumes seulement), les moines (manchots) et tous les autres trichechus, colobus, taurotragus, pelicanus, onocrotalus et bubulcus! Ça vous étonne? Faut dire que les espèces en voie de disparition, c'est primordial de les protéger. Alors, à quand une journée de la Planète? Je vous vois sceptiques. C'est vrai qu'on nous a déjà pondu une journée sans voiture, sans cigarette, une journée pour les poilus, les ventrus, les griffus (comme dirait Pef) et, le comble, une journée pour les femmes! Sommes-nous, mes belines, une espèce à protéger, j'vous l'demande? « La femme est l'avenir de l'homme » chantait Ferrat (qui l'avait piqué à Aragon). Moi, j'ai toujours pensé que l'avenir de l'homme était coincé entre ses jambes. A-t-on créé, pour le protéger, une journée de la queue? Eh ben non! Vous aurez compris que ça me gonfle un peu, ce 8 mars. Parce que franchement, sous nos latitudes, on est, il me semble, bien assez grandes pour revendiquer not' place, non? Alors, oui, faut peut-être mettre en avant toutes ces femmes qu'on oblige à se cacher sous la burka pour cacher leur beauté, toutes celles mises à l'index parce qu'elles veulent changer leur monde, ces péripapettes qui ne font pas leur job pour le plaisir ou l'argent, toutes celles qu'on engrosse, qu'on avorte, mutile et qui du rang de femme sont passées à celui d'objet! Et les défendre bec et ongles pas seulement un jour, mais tous les jours. Un 8 mars qui se renouvellerait 365 jours par an, je vote « pour » des deux mains. Mais chez nous, je dis « non ». Ça sent le mercantilisme à plein nez. La concierge
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Papier, siouplaît ! De même que la biscotte beurrée tombe fatalement côté pile, c'est toujours dans les toilettes publiques les plus propres qu'il n'y a plus de papier. Et ça, voyez-vous, ça me donne des envies de vous torcher un p'tit coup de gueule! En effet, si dans certains pays, l'usage du papier toilette est encore proscrit (non par hygiène mais pour une ancestrale coutume qui fait craindre aux illettrés de s'essuyer avec des textes sacrés), ce p'tit bout de papier est fort utile, sauf que... De plus en plus, le bon gros Lotus épais (vous savez, celui du petit morveux qui traverse toute la maison avec son papier à la main en criant m'aaaaaaaaaaan!) a laissé la place au rouleau dit économique parce qu'énorme. Mais voilà, de triple épaisseur, le papier est devenu quasi aussi mince que du papier à cigarettes; il en faut un bon mètre pour un p'tit pipi, et le double pour un gros popo. Si le gaspillage s'arrêtait là, ce ne serait que demi-mal. Mais non! Vu les lourdes bobines, il suffit de tirer un peu et 15 cm vous restent royalement dans la main, ce qui, reconnaissons-le, n'est pas suffisant. Une fois, deux fois, trois fois, vous recommencez la manoeuvre patiemment, sans brusquerie, jusqu'à ce que le bout convoité reste coincé de l'autre côté de la bobine. On se contorsionne (lesdits distributeurs ne sont jamais placés à la bonne main), on craint le tour de reins, et, vaillamment, avec deux doigts, on chatouille la bobine, on fait tourner le rouleau dans un sens puis dans l'autre pour que, par miracle c'est sûr, le papier ressorte par la fente. Ouf, il était temps! On coupe le morceau tant espéré, mince, si mince... qu'il reste invariablement collé-mouillé dans la raie des fesses. Pendant ce temps-là, de l'autre côté de la porte, ça jacasse ferme: «elle en met du temps, qu'est-ce qu'elle fabrique, etc...», pour finir impudiquement par un «ça va ch... là-dedans!»
La concierge
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Restons zen Le monde est stressé. Qui ne connaît un collègue, un ami, un parent qui s'éclate au club de gym cinq heures par semaine, un autre qui ne jure que par son psy, un autre encore qui avale, verre de scotch en main et sans discernement Dragonal des Visiteurs, neuroleptiques, tranquillisants. Quand ils ne se répandent pas en paroles assassines, sanglots longs comme des violons, rires hystériques les jours de grand vent... Tout ça pour faire sortir le trop-plein de stress, et tant pis pour celui qui se trouve en face. Je me pose quand même une question: comment faisaient nos grands-parents? Je vous entends d'ici: «eux c'était pas pareil, ils étaient moins stressés!» Vous m'en voyez fort ébaubie. Pourtant la précarité de l'emploi, les 45 heures de boulot hebdomadaire, l'argent qui rentrait chichement, les gamins qui mouraient en bas âge, les guerres qui enlevaient les fils, les pères, les frères... Plus facile, la vie? Laissez-moi en douter. Alors je réitère: y faisaient comment, nos vieux? J'ai bien quelques éléments de réponse surgis du fond de ma mémoire. D'abord les repas de famille du dimanche réunissant chez les aïeux les frères et soeurs, les cousins-cousines. On n'y parlait guère du temps qu'il allait faire, mais on démêlait les écheveaux de la semaine. On conseillait, écoutait, consolait qui les plus jeunes, qui les plus vieux. Bien sûr, quand on se quittait après le sacro-saint souper fait, à la bonne franquette, des restes de midi ou de la soupe qui mijotait sur le feu, les problèmes n'étaient pas réglés mais adoucis, amoindris, assourdis parce que partagés. On entrevoyait une solution. Il y avait aussi les bals populaires du samedi soir où, dans les bras de sa chacune, on retrouvait le chemin de la tendresse quelque peu malmenée par les reparties impatientes de la semaine. Il y avait aussi les longues marches au contact de la nature. Tranquillement. À pas comptés. Les yeux fixés sur l'horizon, incrustant dans la tête toutes les beautés de la campagne: l'odeur du foin coupé, le chant des merles amoureux, les narcisses ramassés en plein champ, les morilles dont on suivait, jalousement, la trace d'année en année, le vent creusant des vagues dans les prairies verdoyantes... des petits bonheurs qui vidaient le crâne et peignaient les pensées grises en bleu. Pas de chrono, pas de courses au plus fort, au plus loin, au plus haut... Que reste-t-il de tout cela? Mais TOUT bien sûr, mais on ne sait plus le voir. Les repas de famille ne sont programmés que les jours d'enterrement, les promenades en campagne se font en VTT ou, pire, en quad ou en moto, les boîtes de nuit enfumées, bruyantes, ne sont pas propices aux confidences et aux bras langoureux. Alors on se tourne vers la pharmacopée, parfois même on se drogue de chichons, de bruit, de sexe, de toubibs... Et le lundi matin, les problèmes sont toujours là, augmentés, multipliés, brutaux, insurmontables. Moi, j'ai envie de me gaver de silences, de parfums d'acacias en fleur, de noircir mes mains en ramassant des noix fraîches ou des pommes de pin, de parler avec les oiseaux, de chercher encore dans le ciel moutonneux les fées et les baguettes magiques qui feront, comme les attrape-rêves indiens, changer nos problèmes les plus noirs en soucis teintés gris-bleu. J'envie mes amis qui savent chausser leurs bottes de sept lieues et partent, nez au vent, marcher dans le Morvan ou les rues anonymes de Lyon. Ils communient avec la nature, cherchant à travers chaque petit caillou blanc ramassé, la quiétude et la sérénité. Ils savent que leur bonheur est tout près, qu'il n'est pas besoin de chercher ailleurs. La concierge
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A bas les régimes ! En cette période de contestations tous azimuts et à l'approche de l'été, c'est décidé: cette année, je f'rai pas de régime! D'ailleurs les hebdo féminins ont laissé tomber leurs marronniers ; plus question de se mettre à la salade verte, au jambon dégraissé, au yaourt light pour tenter de perdre nos kilos de l'hiver. La tendance serait plutôt "Mangez autrement et vous retrouverez votre ligne en vous sentant libérée et désintoxiquée". Dorénavant, on se booste aux céréales bio, aux pousses et germes en tous genres, aux soupes qui décrassent. On n'oublie pas les protéines, si possible pas animales, ni de diversifier ses menus pour ne pas mourir d'ennui. On privilégie la qualité, la quantité: l'inanition n'a plus cours. On peut même manger du pain, à condition qu'il soit fait de farine non blanchie, se gaver d'un petit carré de chocolat (noir, bien sûr). Sympa, non? Ça fait envie, un régime comme ça. Alors derechef, votre accorte concierge s'est attablée avec une liste interminable des légumes et viandes autorisés, mitonnant le dimanche, étiquetant avant de mettre au congel... Pour le reste de la maisonnée, on continue les purées floconneuses, les ragoûts en sauce, les tartes aux pommes et autres petites douceurs que mes hanches adorent. C'est d'ailleurs pas mauvais de changer ses habitudes et de remplacer son pommes de terre/saucisson/beurre par le poisson/blé/vapeur. Quoique... ben oui, on se ressert pas. C'est diététique, certes, mais pas très gastronomique. Le maillot de bain de l'été n'entre pas dans ces considérations. Et moi, je rentre pas dans le maillot. Donc, on persévère une semaine, deux, puis trois. La balance, elle, ne comprend rien aux efforts entrepris. Elle ne varie pas d'un iota: 1 kg de germes de soja, ça pèse autant qu'1 kg de pommes de terre! Reste une solution, l'ultime: jeter la balance aux orties et acheter un maillot de bain plus grand... Mais, snif-snif, çui-là, je l'aimais trop bien.
La concierge
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Concierge Instinct Certains le savent, je suis une cinéphage*. Ça veut dire que régulièrement, j'endosse la panoplie de mes héroïnes, me demandant par quel miracle elles tombent tous les mecs, et moi pas! La plupart sont blondes... Si elles peuvent, je peux aussi, non? Me voilà donc revêtant l'ultracourte jupe hyperfendue de Sharon Stone qui accuse, je le sais, presque autant d'années que moi. Si elle peut, je peux! Je laisse tomber les talons superaiguilles qui me feraient plutôt ressembler à Aldo dans la Cage aux Folles qu'à Catherine Tramell dans Basic Instinct. Je laisse aussi de côté le pic à glace. Y'a qu'à me regarder avec une pelle à tarte, on comprend tout de suite mon inexpérience en matière de couteau à découper. Mentalement, je me repasse la scène culte où S.T. conduit sa Spyker C8 Laviolette noire, fauteuils cuir rouge, cheveux au vent pas décoiffés. Elle roule à tombeau ouvert à 180/h, et un beau mâle, d'une main experte, astique et fait ronronner son moteur perso. Ça lui plaît tellement qu'elle ne voit pas la Tamise arriver à toute allure. Résultat: S.T. ressort toute mouillée, pas seulement grâce aux caresses du bois d'ébène à côté d'elle! Si elle peut, je peux... Pas de cabriolet dans mon garage, juste une 206 grise. On fera avec. Difficile de s'installer au volant, la jupe en stretch de La Redoute n'a de nom que la coupe. Mon père aurait dit cache-sexe! Bien sûr, mon collant Dim n'a pas supporté, une maille insidieuse dégouline sur ma jambe gauche. J'engouffre la Nationale, cherchant d'un oeil le bel hidalgo qui viendra s'empêtrer dans mes rai(e)s et, de l'autre, je zieute mon compteur. Pas question de dépasser le 70, y'a des radars partout. C'est au carrefour suivant que je l'ai vu en train de faire du stop. J'ai rangé au fond des oubliettes ma peur maladive de me faire égorger par un inconnu, j'ai décoché mon sourire de Joconde, descendu ma vitre avant droite et, d'un air entendu, susurré: «Je peux vous emmener quelque part?» (pensant au coup de la panne). Il s'est penché, a zieuté ma jupe hyper-relevée, mon maquillage un peu trop appuyé et, avec un clin d'oeil, a glissé: «Ça dépend, tu prends combien?» Mais ça va pas la tête, j'ai l'air d'une péripapette ou quoi? C'est pas à S.T. qu'il aurait dit ça! Me voilà toute mouillée, mais par mes larmes de rage. Le coup de la voiture, ç'a pas marché. Normal, chuis quand même mieux en pied. Je recherche dans ma mémoire une scène où je pourrais me faufiler. Tiens, celle du psy, chuis certaine que je peux. Petit rappel: S.T., angoissant bicoze que tous les mâles qu'elle rencontre meurent empalés sur des objets péniens divers, décide d'aller voir un psy. C'est un beau gosse qui consulte dans un cabinet hyperdesign. Dès qu'elle entre, elle jette négligemment par terre son manteau de zibeline blanche et, habillée comme un randonneur d'été en plein Sahel, demande au toubib s'il préfère la prendre debout, par devant, par derrière... Bref, le pic à glace se plante dans le falzar du praticien. Si elle peut, je peux... Le hic, c'est que j'ai pas de psy. Rendez-vous avec mon médecin traitant qui veut pas me traiter de folle. Faut que j'emploie toutes mes ruses de guerre pour obtenir le sauf-conduit: plus d'envies... c'est dans la tête... j'en peux plus... je fréquente les sex-shops... Bref, le toubib compatit. Trois mois après (elle fait comment, S.T., pour aller voir son psy à 23h sans rendez-vous?), je dégote ma future proie. On est loin de Tom, Robin, Kevin, Steve, Paul. Il s'appelle Noël (chuis sûre qu'il est né un 25 décembre), il a déjà soufflé un paquet de bougies. Son râtelier est jauni par les gitanes-maïs, ses cheveux ont déserté le mouchodrome, son eau de toilette sent le patchouli inondable et si on lui parle de pipe, il comprend Amsterdamer. Mais bon, le Kevin de S.T. n'est pas libre. Alors on fera sans! Je laisse tomber sur le sol, d'un geste désinvolte, ma parka grise (assortie à ma 206) qu'il s'empresse de ramasser et de pendre à la patère, aussi déshabillée que la Vénus de Michel-Ange. Ses yeux exorbités vont de mon décolleté plongeant à ma fente haut placée. Je vois les gouttes qui dégoulinent de son front. Sa main toute moite s'attarde sur mon épaule. D'une voix enrouée, il chevrote: «Qu'est-ce qui vous arrive, mon p'tit?». Son haleine sent le cachou masqué et son pantalon tiraille sur l'avant. Sous la bedaine graisseuse, le monstre du Loch Ness vient de se rappeler qu'il existe encore. De plus en plus lubrique, le vieux croûton s'approche de moi, sentant la chair fraîche. Y tremperait bien son p'tit beurre dans mon p'tit pot de crème. Mais ça va pas la tête! Y me prend pour quoi, le vioc dégoulinant? Au secours, on veut me violer et je vois pas pourquoi!
* cinéphage: personne qui engloutit des films mais ne se rappelle jamais ce qu'elle a mangé (au contraire du cinéphile).
La concierge
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Sexe, Mars et libido Ça y est, c'est décidé. Mes prochaines vacances se passeront sur Mars. Ça vous en bouche un coin! Vous vous dites que la concierge a trop forcé sur le chichon, qu'elle a débaroulé les escaliers du Phare tête la première. Eh ben non! Mes belines, j'vous explique. On nous rebat les oreilles que les hommes viennent de Mars et comme chuis désespérément seule, j'me suis dit que c'est là-bas que je devais fourguer ma solitude existentielle. Ben oui, parce que la solitude ça existe, malgré les trémolos de Bécaud qui nous affirmaient le contraire. Oh je sais, la solitude, ça a du bon. C'est du moins ce que mes meilleures copines n'arrêtent pas de me dire. T'as pas à te mettre en frais pour réchauffer de bon matin les ardeurs de ton mec... tu peux manger c'que tu veux, quand tu veux, la quantité qu'tu veux sans qu'on te fasse remarquer que tes hanches grossissent proportionnellement à ce que tu engloutis (et Dieu sait qu'on peut plus facilement perdre ses clefs, que les kilos en trop!)... tu peux aller chougner au ciné, faire couler ton rimmel, rire avec tes amies en zieutant les mecs dans la rue, traînailler en boubou des dimanches entiers, mettre des soutifs, des lolottes en pilou si usés que c'est toute douceur sur la peau, rester un mois sans te raser les jambes à la cire... bref, t'es maîtresse de ton corps et de ta vie! La belle vie, qu'elles disent les copines... Oui, mais quand faut déboucher l'évier, changer la roue, réparer la machine à laver qui fuit, grimper sur l'escabeau pour écraser les araignées au plafond ou monter les courses qui sont, elles, inversement proportionnelles au nombre de personnes à table -- c'est fou c'que je boulotte depuis que chuis seule --, y sont bien pratiques les hommes. Puis aussi, mais j'vous ferai pas de dessin, y'a des moments où le vibro, même le plus sophistiqué, ça suffit plus. Faut faire de la retape vers les copains célibataires et y sont pas toujours libres. Donc, embarquement immédiat pour Mars avec, pour seule valise, ma féminité et mon manque grandissime de mâles. Planqués sur leur planète en attendant que les Vénus viennent leur lécher les pieds, chuis sûre que j'aurai que l'embarras du choix. Enfin, j'espère... parce que ces mêmes copines jalouses et envieuses, me serinent que les hommes ne viennent pas de Mars, mais qu'ils sont juste à côté de la plaque. Passer des vacances à La Plaque? Je cherche où ça se trouve et j'vous raconte. Promis. La concierge
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Tout tue Mes belins-belines, c'est la cata! On peut plus ouvrir un magazine, un quotidien, regarder la télé sans qu'on nous foute la trouille. Tout tue, à c'qu'y disent: le tabac, l'alcool, la vitesse, le moustique, le ridicule, les fanatiques, les corps gras, le sucré, le salé, l'incompréhension, la dérision, l'irrespect, l'essence enflammée, le pic à glace de Sharon Stone, les jours trop chauds, les nuits trop froides, la drogue, le sexe, les jeunes cons, les vieux, le boss, le bruit, le silence. Même Omar l'a tuer. Bref, tout tue (et parfois la grammaire!). Alors dites-moi, à quoi çà [celui-là, je le laisse exprès -- voir plus haut] sert de se lever le matin puisqu'on est sûr qu'au moins une chose dans la journée va nous tuer? C'est-y qu'on aimerait prendre des risques ou c'est-y qu'on est inconscient? Moi je rêve d'une télé qui me dirait le matin «Good morning, concierge!». Aujourd'hui, t'as le droit de fumer ton p'tit chichon, de boire un caoua serré avec tartines beurrées-miellées, d'astiquer le gourdin de ton mec avant de partir, flirter avec le 90 km/h en écoutant ton CD favori à donf, faire la bise à ton patron en souriant à tes collègues, même ceux que tu peux pas blairer. T'as tous les droits, concierge. Et ce soir t'es encore vivante, j'te le garantis. Souris, concierge, la vie est belle! Çà [spécimen n° 2] vous tente une radio comme çà [et de 3!] ? Rien de plus simple, vous éteignez toutes les lucarnes de la maison et vous écoutez votre «moi intérieur» en modulation de fréquence. Ah j'oubliais! vous laissez tomber les horoscopes de mauvais augure (gardez le marrant de Radio-scoop), les météo de ciel chagrin, les couleurs sombres et ternes de votre garde-robe. Vous enfilez votre plus beau sourire, vos plus beaux atours -- même ceux du dimanche si-si! -- et, le pied léger, vous commencez votre journée. Ça marche, j'vous promets! La concierge
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Mes belines, comme vous avez pu vous en rendre compte, j'viens de m'faire taper sur les doigts because j'cause pas le français comme y faut! Ouille, mon rédac préféré n'aime pus mon parler de concierge lyonnaise et va donc falloir que je relise à deux fois avant d'envoyer mon bifton... Fini les "ça" mis pour "cela", quoique chais pas bien si quand qu'on parle, on dit bien "cela". Pour ma part, y'a des "ça" partout j'le concède et pire y'a mes "y" lyonnais qu'y faut que j'dégomme aussi... On va s'y faire, s'pas ? Mais on va pas s'éterniser sur la langue de Molière, il y a mieux à faire, surtout il y a des langues bien meilleures que je préfère...
Aujourd'hui, je vais vous entretenir du vieillissement de la population (vous avez vu, je cause mieux!). Je trouve, en effet, qu'il y a maldonne dans le vieillissement entre les mecs et les meufs. Par exemple, les quinqua z'hommes ont de moins en moins de cheveux sur la tête, avez-vous remarqué? Inversement proportionnel, moins il y a de cheveux et plus il y a du bidon. Sont pas tous beaux côté face, côté fesses! Ils approchent de la cinquantaine avec, quasiment, la tonsure et la bedaine des moines. Autrefois, quand je n'étais pas encore née, vous dire s'il y a longtemps, on disait que les fronts dégarnis montraient la science infuse du bonhomme. Un savant le plus souvent qui, à force de se creuser les méninges, en arrivait à désherber complètement l'aérodrome à mouches. Pauvre Marie Curie, ne t'es-tu donc jamais penchée sur tes recherches? Aujourd'hui, hors les fans de gardien de but qui se la « boule à zéro », peu d'hommes ont encore une belle tignasse à s'accrocher pendant les ébats amoureux. D'où mon interrogation quasi permanente quand je vois des chevelus avouer qu'ils sont près de la retraite. Cela m'étonne toujours un peu. Et si, par bonheur, ils sont appauvris en sel et touffus en poivre, je crie au miracle ou à l'arnaque. Faut dire aussi que ces encore poilus n'ont pas de ventre! Les généticiens devraient se pencher là-dessus. Nous autres femmes, heureusement, ne perdons rien de nos atours chevelus mais il nous faut, la quarantaine arrivée, nous plonger mensuellement dans des bains de jouvence. Et vive l'acajou, l'auburn, les mèches rougeoyantes et parfois le blond cendré. Là où je parle d'injustice, c'est que plus nos chers et tendres perdent volontairement ou pas leurs cheveux, plus ils nous obligent à garder les nôtres longs, soyeux et surtout pas blancs. Faut dire que je n'en connais pas beaucoup qui oseraient, telle cette ancienne journaliste télé et écrivaine lyonnaise, se raser le ciboulot et garder ses cheveux gris! Et dans le même registre, plus leur ventre prend des allures de canette de bière, plus ils nous serinent avec nos hanches qui débordent. Nos poignées d'amour sont bien loin, snif-snif... Heureusement que les faits sont là pour nous rappeler que des vieux pots ont fait de bien belles conquêtes. Rendez-vous compte, mes belines, que Léonard a peint la Joconde à 54 ans, que Gustave a vissé la Tour Eiffel à 57, que Pasteur s'est enragé à 62, que Monet a ramassé les Nymphéas à 76, que Victor est devenu Misérable à 60 et que le beau Clint a attendu d'avoir 75 balais pour nous en foutre plein la vue avec son Million Dollar Baby ! Ouf, j'avais peur que tous les vieux soient bons pour la naphtaline! La concierge
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La mode est un éternel recommencement et c'est tant mieux pour mes armoires! Voilà que nous reviennent, déclinés dans toutes les matières et toutes les couleurs, les jupons de mon adolescence. Mai 68, ses pavés sous la plage mais aussi ses jupes baba-cool, légèrement teintées hippy, ses corsages fleuris et manches ballons, ses sandales à lacets, j'ai encore tout cela dans ma garde-robe et je me les ressors de la naphta. Nostalgie quand tu nous tiens... Sauf que j'aimerais pas voir refleurir les crinolines et les vertugadins, mon popotin ne passerait plus par les portes devenues, elles, bien plus étroites qu'au XIXe siècle! Non plus les joues talquées, les mouches de taffetas et le fer à friser pour les belles anglaises. Non plus les robes trop longues qui essuient la gadoue, les bas opaques à mi-cuisse, les corsets où l'estomac sanglé ne peut avaler le moindre carré de chocolat, les trois ou quatre épaisseurs de dessous en pilou pour tenir chaud et cacher « ce sein que je ne saurais voir ». Pas de collant rose pour les dandys, de pantalon à mi-mollet, de queue de pie ou de chapeaux hauts de forme. Pourtant, ces couples d'antan avaient bien fière allure... dans les films, va sans dire, parce que dans la vraie vie fallait une valetaille à toute épreuve pour laver, repasser, empeser tous ces affûtiaux! La Belle Époque des fiacres qui déposaient les badauds devant la modiste sans souci de parcmètre ni couloir de bus, toujours là à l'heure dite... La Belle Époque des femmes qui ne travaillaient pas, des hommes qui vivaient de leurs rentes, des thés à cinq heures chez la comtesse, des grands salons littéraires où l'on discutait du dernier écrivain à la mode (genre Pivot donc!), des orangeries, bergeries, petits jardins de senteurs, des bougies dans la salle de bains les jours de grande toilette et des garden-parties chez le Vicomte... Ah, les garden-parties ça existe toujours? Le 14 juillet exclusivement, et chez qui vous savez... La concierge
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Mouvement Anti-Concierges FAIT DES SIENNES Mes belines, faut que j'vous dise: il est question de réintroduire les concierges dans les communes et arrondissements populaires. Ça plaît pas à tout l'monde, va sans dire! D'abord, y z'ont fait des sondages, y z'ont dit que trois quarts des habitants étaient pour, enfin qui z'étaient pas contre les concierges. Quant à savoir si elles sont un danger pour la populace et les animaux, je m'élève en faux. Nous, on a jamais égorgé les chats pour les mijoter en ragoût ni coupé la queue des chiens ni ouvert la porte aux z'oiseaux. C'est pas comme des que je dénoncerai pas, qui enferment les matous dans les caves et caillassent les chiens-chiens à leurs mémères. Ce s'rait plutôt nous qu'on craindrait quelque chose, même si on a aucune mort sur la conscience, sauf peut-être aux States. Faut dire qu'on s'rait les yeux et les z'oreilles de la cité et qu'après avoir fait assez de grabuge pour que même les flics viennent plus y fourrer leur nez, on réintroduirait des concierges aux endroits stratégiques? Y sont fous, veulent notre mort, tous! Nous, on est bien dans nos beaux quartiers, on a de bonnes grattes à la fin de l'année et si on nous offre des pots de miel, y sont nickel-chrome. Alors que si on nous délocalise, chuis sûre qu'on va nous refiler du miel frelaté bourré de strychnine, histoire qu'on tombe raides, ni vu ni connu... Pourtant moa, franchement, si je vois quelque chose qui m'fait peur, je détale à la vitesse granvé et j'vais me terrer dans ma loge! Et encore, faudrait pas que des écolos aient l'idée lumineuse de nous enfermer. Parce que j'ai entendu dire qu'il était question de nous stériliser pour être sûr qu'on se reproduise plus. Depuis quand on a envie de baiser les concierges? Et pour quoi faire, grands dieux? Ah, pour qu'on vous fiche la paix! OK, enregistré! La concierge
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Vous prenez un écrivain à succès (le Rédac par exemple), un monument à visiter si possible moult fois photographié ou peint (le Phare), une énigme insoluble (pourquoi tant de gens au monde lisent le Phare?). Vous ajoutez une note blasphématoire (le Phare a-t-il fait des petits?). Vous affirmez, dès le pré-en-bulles, que tout ce qui est écrit est vrai de chez vrai. Vous battez la campagne (c'est mieux que de battre sa femme) pour dire que votre livre est génial. Puis vous affrétez des cars de touristes étrangers, formez des cicérones assermentés, interviewez des gens de la Haute, voire du clergé, enregistrez MOF ou PPDA, et le best-seller incontournable est né. Quelque temps après, vous l'adaptez en super-8 et faites monter les marches du Palais des Phares au Rédac et à la Rédaquette qui, s'ils peuvent, ne pipent pas mot sur leur cinoche, et le tour est joué! À ce moment-là, tous les Toutous, Reinô et Tomanks se battent pour être vedettes dans le film du siècle. Vous lancez un concours par SMS pour savoir qui chantera le générique. Niqu'os réapprend à compter jusqu'à trois et Julius le Percé relit ses fiches. Le maillon faible se déchaîne et, vous qui vouliez gagner des millions, vous retrouvez avec des tickets à gratter et une roue à tourner. Heureusement, reste le révérend père Di-Foucault qui, tant bien que mal, lâche son pendule et appelle un ami chevelu et barbu, un mathématicien bricoleur ou une accorte concierge. Ils sont tous d'accord pour répondre à condition de faire cinquante-cinquante sur les royalties du film. Quant au public qui, bien sûr, s'est arraché le livre, il se précipite au méga du coin, achète moult cornets de corn-flakes soufflés, discute du mauvais temps qu'il fera ce week-end, déblatère sur les nippes super-ouf de la voisine de palier, décrit le mec super-canon du 4e dont vous vous foutez comme de l'an 40. Et ça mâchouille, ça téléphone pendant la pub, ça fait crac-crac avec les pop-corn pendant les bandes-annonces, ça se lève avant le générique de fin, bref ça vous gonfle un max. Mais vous criez au génie, à l'illumination divine, au miracle hollywoodien... Le film est... supercalifragilistic! Bon, reste plus qu'à commencer le roman du siècle... J'ai déjà le titre: Pharinci Mode. Ça sonne bien, n'est-ce pas?
La concierge
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Ce que j'aime dans mon boulot de concierge du Phare, ce sont les p'tits mots que je reçois de vous, ami(e)s internautes. C'est, par exemple, celui qui me dit qu'unetelle ne peut plus aller dans les toilettes publiques et tirer un coup (de papier siouplaît) sans penser à mes déboires qui deviennent illico les siens. C'est tel autre qui, se reconnaissant dans mon portrait de quinqua encore chevelu et pas ventru, me demande de tremper ma plume dans l'encrier des hommes qui ne sont ni beaux, ni grands, ni riches et se désespèrent face aux annonces virtuelles de rencontres féminines. Bon alors, JC (nommons-le ainsi, même si je sais pertinemment que des A..., M..., JF ou D... prendront également pour eux ce p'tit coup de griffe), JCdonc, à vous lire, nous les femmes ne recherchons que des beaux mecs, grands de surcroît et bien montés (si tant est qu'ouvertement on ne dise pas ça comme ça!). Mais Vous, JC, que cherchez-vous au juste? Je connais la réponse: une jolie minette de dix à quinze ans votre cadette, pas trop petite, pas trop grosse mais avec une paire confortable de doudounes, ouverte à toutes les propositions, aimant le sport et sachant parler d'autre chose que d'elle-même. Si elle a un brin d'humour, qu'elle aime crapahuter dans les Carpates, dormir à la belle étoile, faire des boucles de cinquante bornes en vélo le dimanche, s'habiller sexy (ouille le string-ficelle sur le vélo!) et qu'en plus, elle soit sans prise de tête, vous serez supercontent. Vous ne trouvez pas, JC et les autres, que vous êtes un peu difficiles? Pourquoi nous, qui avons déjà à la maison des hommes avec pneu en guise de oulahop, cheveux grisonnants, sexe à piles usées, ne chercherions-nous pas aussi un mec bien pour tous rapports? Mais trouvons-nous, hommes ou femmes, la perle rare, l'unique objet de tous nos sentiments? Hélas non! Alors que faire, direz-vous? Eh bien, franchement, vous voulez que j'vous dise? Vous appuyez illico sur le bouton de votre PC, vous filez sous la douche, vous vous rasez de près, enfilez des sapes propres et hop, vous dégringolez l'escalier et vous filez au Parc, histoire de croiser les vraies minettes de tout poil et tout âge. Ce serait bien un comble, sympa, jeune et chic comme vous êtes encore, que vous ne trouviez pas chaussure à votre pied. Et moi... Moi? Oh moi, je reste devant mon ordi, on ne sait jamais!
La concierge
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À quoi reconnaît-on qu'on vieillit ? Bien sûr, il y a la douleur des os, le blanchiment des cheveux, la difficulté à se lever le matin, la télé qu'on met de plus en plus fort, le journal qui se rapproche des yeux.... Bref moult petits riens qui s'ajoutent inexorablement aux bougies d'anniversaire. Nostalgique la concierge? Oui, un peu, effrayée par le temps qui passe trop vite. Et si j'ai parfois tendance à l'oublier, pour m'en convaincre, je suis allée voir le spectacle des ex-sixties et seventies "Âge tendre et tête de bois". Des chanteurs comme Franck Alamo, Lény Escudero, Nancy Holloway, François Deguelt, Demis Roussos, Richard Anthony et autres stars de mes années d'ado dont j'ai beuglé les refrains en tapant des mains. Autour de moi, six mille personnes aux tempes grisonnantes, les rides au coin des lèvres, les yeux pétillants, racontent les premiers rendez-vous amoureux, les boums, les années d'internat. On connaît les paroles par coeur, on devance même l'artiste, sur qui aussi le temps a laissé ses traces. On note les fausses dents trop blanches, les moumoutes, les robes longues qui cachent les jambes chancelantes, les kilos insidieusement installés, les voix un peu chevrotantes... Qu'importe, la magie est là, on applaudit à tout rompre les quatre heures trente de spectacle des septuagénaires encore verts (deux spectacles dans la journée à Lyon!), dont la musique fut et sera encore le moteur de la vie. On se prend à imaginer les Lorie, Jenifer, Raphaël, M. Pokora, Leslie, Illona, Magali, tant d'autres issus de la Star'ac ou les pop-stars. Dans quarante ans et plus, la jeunesse qui les encense aujourd'hui (comme nous étions groupies dans les années soixante, soixante-dix), sera-t-elle au rendez-vous des "vieilles tiges" ? Saura-t-elle, comme moi -- comme vous sûrement -- chanter à tue-tête avec elles C'est le temps des copains, le temps de l'amour et de l'aventure...?
La concierge
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Nos politiques ont bien de la chance. Voilà que toutes leurs petites (et grandes) affaires vont passer à la trappe ou du moins se perdre dans la lucarne. Le plus grand « chaud » médiatique va commencer. À ma droite, des beaux gosses bien pour tous rapports ; à ma gauche, les mêmes dans un autre coloris. Foin du Festival de Cannes, de Clearstream, Roland Garros, des vacances qui pointent à la fin du mois, des soldes d'été qui louchent sur le porte-monnaie désespérément vide, des programmes télé qu'on nous ressort des placards, du Contrat Dernière Embauche pour les vieux, de la vente des préservatifs en boîtes de douze avec bout-filtre aromatisé nicotine, du BAC que tous les lycéens souhaitent attraper haut la main... Un seul sujet alimente les conversations : le foot. Pas un journal, pas un magazine, même féminin, qui parle d'autre chose. Et je vous dirai que ça me les gonfle un peu, voire beaucoup! C'est la course à l'extravagant, à l'extraordinaire, à l'original et nos rédacteurs de tout poil de se creuser les méninges et de nous inventer des quizz, tests, recettes de cuisine, mode vestimentaire, kamasutra sur un seul sujet : la coupe du monde. Avec, en prime, la sempiternelle question nulle adressée aux femmes : êtes-vous prêtes pour la grande parade des footballeurs internationaux? Ben moi, je veux bien les cuisiner, les footballeurs, essayer avec eux la brouette chinoise, la branlette espagnole, le petit pont de bois, le trou normand, le bandement de l'arc, le pilement sur place, la douceur tonkinoise et autres chasses aux moineaux. Surtout si les tireurs, tacleurs, buteurs sont aussi endurants au plumard que sur le gazon. Deux fois 45 mn avec une petite pause à l'entracte et une troisième mi-temps, j'achète! À condition que les péripapètes teutones installées autour des stades m'en laissent un peu à croquer.
La concierge
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y'a plus d'école !
Nostalgie de leurs vertes années ou manque navrant d'éducation scolaire, voilà-t-y pas que nos ministres ont décidé que l'école était finie, qu'il fallait brûler les cahiers et pis les maîtresses au milieu. Mis au pilori au sacré saint nom de l'économie de bouts d'chandelles, 7000 enseignants (et 8000 autres fonctionnaires) vont être radiés des cadres pendant l'été. Si j'me fais bête, j'me dis: c'est pas dommage! 15000 bons-à-rien qu'on payait à rien foutre vont être lourdés, et ma douloureuse de décembre sera allégée! C'est c'que vous vous dites aussi, s'pas? Bon, si je continue mon raisonnement par l'absurde, écoutant les raisons pas très fines évoquées par nos ministres, j'me dis qu'y avait des villes avec un enseignant pour quinze élèves (té, dans le Midi, au soleil, pardi!), et d'autres où y z'étaient 45 par classe (dans le Nord, of course!). Le ministre proclame "je ferme pas de classes, je répartis mieux les enseignants". Ah bon? Alors, à la rentrée, y'a un instit' peinard du Midi qui va se coltiner Paris City! Mais les 7000 qui sautent, y sont où? En surnombre? Et pourquoi alors y remplace jamais les profs malades ou les instit' enceintes dès octobre? Ben j'en sais rien, mais c'est toujours pas à Nice, Cannes ou sur la Côte d'Azur qu'on supprime les postes. Que nenni! c'est à Lille, Nancy, Metz, en Alsace en passant par la Lorraine! Paraît qu'y a moins de gosses à éduquer là-bas. Faut dire qu'après qu'y z'aient bouclé les usines et fermé les commerces, y ferment les écoles. Alors papa-maman s'en vont voir ailleurs. Faut être crétin pour croire qu'on va rester dans le quartier quand on peut plus rien y faire! Assez de jérémiades, j'vais PO-SI-TI-VER ! Voyons les bons côtés. Un : l'école rajeunit ses effectifs, les enseignants sont tous beaux, riches et jeunes. Deuxio : les Français ont su s'adapter à la régulation des naissances, on est pas près de mourir de faim. Tertio : j'vais pouvoir payer les fonctionnaires pour qu'ils travaillent. Quatro : le régime des retraites va s'arranger pisse que les fonctionnaires partent plus à la retraite! Je délire? Meuh non! Bien sûr qu'y a des retraités et qu'on fait encore zizi-panpan dans les chaumières. Mais alors, c'est qui qui s'trompe? Moi ou le ministre? C'est pas moi, j't'y jure! La concierge
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Tous drogués ! Il paraît, mes belines, que l'on va légaliser la culture et la vente du hasch. Comme j'vous le dis! Y'a quelqu'un (probablement un ministre) qu'a décidé qu'on allait redonner du boulot aux agriculteurs pour leur permettre de faire pousser du chanvre. Vous affolez pas, ce sera sous certaines conditions: culture restreinte à deux hectares et vente contrôlée. Pas question de dealer au coin du champ. L'Etat-épouvantail empêchera les corbeaux de se servir. On mettra les chichons en vente libre dans les monoprix ou les tabacs. Y z'ont déjà les préservatifs, on peut bien leur rajouter un p'tit truc de plus. Pas d'affolement, la vente sera limitée, pas question que les minots achètent. Comme dans les coffee-shops hollandais. Sauf que... suffit de faire la tournée des coffee-shops, et vous achetez autant de pétards que vous voulez. Quant aux mineurs, ils envoient un pote majeur et le tour est joué. Vous m'direz, mes belines, ç'a sûrement du bon puisque ça marche ailleurs. Vrai surtout pour la qualité des produits. C'est que d'la bonne, mec, pas chère en plus... en vente libre, on peut plus dealer, va falloir assister les Colombiens qu'ont que ça pour vivre... Après le tabac, lui aussi réglementé, au moins dans la culture, voilà les fumettes qui deviennent légales! Chic ! Après les 150.000 morts par an dus à l'alcool, on pourra compter ceux qui se pètent la gueule au joint. À moins que, comme pour les clopes et le pinard, on n'imprime une tête de mort : Attention, le chanvre peut tuer - Contient de l'héroïne pure, à consommer avec modération. Kif le mondial de foot, vous me direz. Tous accro, ça fume, ça boit. Y'en a ben quéqu-zuns qui mourront d'une overdose! J'demande à voir. Je sais même pas si je suis pour ou contre... J'hésite... Faut dire que ma drogue à moi c'est le chocolat et que, pour le moment, il est en vente libre*...
* Sauf que dans le choco, y a plus que des graisses végétales [NDLR].
La concierge
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Tu t'es vu quand tu rêves ? Qui n'a pas rêvé un jour de pouvoir changer de vie? Imaginez un peu, mes belines, vous arrivez vers Dieu, la bouche en coeur, l'auréole presque accrochée. Mais le voilà qui vous tance, vous sermonne pour votre futilité, votre égoïsme. Vous chougnez en répons: mea culpa, Seigneur, mais j'voudrais le Paradis. Dans sa mansuétude, il vous donne une seconde chance à condition de changer vos manières. Oh oui, mon Dieu, je promets tout c'que vous voudrez! chuis trop jeune pour plus profiter des bonnes choses de la Terre... Et vous voilà, en descente directe, lorgnant sur le purgatoire promis si vous continuez d'être aussi nulle. Quoique moi, j'me trouvais très bien dans mon rôle de fouteuse de merde, de moi d'abord, de chuis la meilleure. Bon, OK, tout va changer! J'vais m'occuper de mon gentil mari si fatigué quand il rentre, j'vais vider ma garde-robe, donner à la Croix-Rouge mes minijupes à ras la joie de vivre, mes corsages pas très sages qui saluaient le monde au balcon, mes jupons baba-cool seventies pour paraître dans l'coup... J'vais être plus près de mes loupiots, les guider vers une vie vraie avec une nourriture saine. Fini les hamburgers, les frites, les sodas, les sundays caramel dégoulinants de beurre. J'vais leur mijoter de bons p'tits plats diététiques, du fenouil à l'annette, des courgettes à l'amante, des carottes au cul-main, y vont adorer! Ce soir, c'est le grand soir. J'me fais câline, mon mari est absorbé par « Des Racines et des Ailes », ses pieds cradingues sur la table basse en marbre, sa krocanette à la main. Je décide de rien voir, je lui joue la carte du tendre, passant la main dans ses cheveux... enfin ce qu'il en reste. Alors mon chéri, ta journée s'est bien passée? Regard ébahi du mec. Le sourcil soupçonneux, il demande si j'vais bien. Il est plus habitué à me voir en bulle de champagne euphorisante, égoïste et futile, qu'en mémère apprivoisée. Je viens juste te faire un brin de causette et plus si affinités. L'oeil toujours rivé sur les châteaux de la Loire qui défilent, il émet des sons dubitatifs et ne bouge pas d'un poil. Pour un peu, il me traiterait de tisane de camomille soporifique. Tant pis, je laisse tomber! mais cette nuit, promis, je lui joue la grande scène du sommeillusse interruptusse. Côté gamins, c'est loin d'être gagné aussi. Ma fille me regarde en biais, me traite de vioque et ma garde-robe de ringarde, digne d'une chaisière. Le minot trouve les repas dégueu et se goinfre de choco. Comment leur expliquer le deal avec Dieu, ma nouvelle façon de penser, donc de vivre? Ai-je fait le bon choix? J'en doute quand je vois mon jules lorgnant des pétasses potentielles aux décolletés vertigineux ou leur reluquant le croupion enchâssé dans un futal taille basse. Marre de nos faces aux fesses au lit, faiblesses, migraines subites... Hé, mec, si tu viens de Mars, moi j'viens toujours de Vénus! Dieu, au secours! Z'avez pas aut' chose dans vos tablettes? La concierge
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Le temps des valises Bon alors, dans la valise, je mets deux pantalons, un blanc pour le fun, un noir pour le chic, quelques débardeurs criards genre orange, jaune fluo, bleu métal (ça va aussi bien avec le noir qu'avec le blanc), deux robes ras-la-touffe, ma crème à raser les guitares, des paréos pour cacher mes rondeurs, un sombrero, des raybans pour mater les mecs qui se la jouent sur le sable, un papier et un crayon pour noter leur cul-i, éventuellement en inviter quelques-uns à conclure dans ma case des fois que j'aurais une ouverture, une boîte de douze pour tirer les lapins, À la recherche du temps perdu (ça fait intello), Gala (chuis pouf!) et, bien sûr, quelques maillots de bain. Comme chaque année, ils ont rétréci pendant l'hiver. Chuis trop grosse, je rentre plus dedans, c'est la cata. Vite le dernier régime miracle qu'on propose à la une de tous les magazines de l'été et me voilà, cherchant entre oeuf mimosa assaisonné de crème légère et yaourt édulcoré, la petite barre de chocolat ou le biscuit à la noix de coco qui raviront mes papilles. Hélas, rien de tout ça! Hé, les faiseurs de régimes (vous avez vu? c'est toujours des mecs), chuis pas du genre à me contenter de trois graines de quinoa relevées d'un quart de cuillère à café de vinaigre balsamique! Si c'était le cas, mon popotin rentrerait sans problème dans mon bikini et mes doudounes ne déborderaient pas comme du lait sur le feu! Pouvez pas nous faire des régimes sympa? Moi j'vous conseille : melon-jambon cru + larme de porto, ratatouille froide avec une-deux patates pour tenir au ventre, calendos coulant tartiné sur pain craquant, crème caramel brûlée à la lavande et trois boules de glace vanille, pistache, rhum/raisins (qu'on peut alterner avec des sorbets plus light) inondées de chantilly... C'est autrement plus cool, non? Ah? mes maillots de bain n'auront pas retrouvé leurs formes? Tant pis... La concierge
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(sur un air connu de Coupe du Monde) Ben j'vous l'dis, mes belines, chais pas qui des Froggies ou des Ritals devaient gagner la coupe du monde, mais c'qu'est sûr c'est que le grand gagnant de ce bisness mondial, c'est le fric! Comme on est loin de nos aïeux zathéniens pour qui la gloire passait par une couronne de lauriers, et la défaite par un pouce renversé... Le sport, et principalement le foot, remue trop de thune, ça fait pas propre. Les salaires mirobolants des joueurs, les billets vendus sous le manteau, les droits de retransmission télé, les transferts, le grand mercato, les boutiques refilant à prix d'or les objets fabriqués made in trucmuche de l'autre côté du monde par des enfants payés chichement et, bien sûr, les écrans pub à 300.000 euros les trente secondes, tout ça m'débecte. Et que dire de ceux qui plongent dans la combine, achetant pour un an de salaire de smicard une place pour la finale ou qui arborent maillots, écharpes, chaussures et autres colifichets? Est-ce qu'y savent, ces tiffosi ambulants, que les royalties engrangées par la FIFA restent dans sa poche? Et si encore nos grands clubs aidaient les petits de la France profonde qui n'ont pour vivre que des bals, buvettes ou superlotos, j'pourrais peut-être mettre un bémol à ma hargne. Ben non, hélas, trois fois Aulas (diraient les fans de l'OL), rien de tout ça! Alors oui, j'ai boycotté la télé pour toute la pub qu'on voulait me faire avaler (même si on en profite pour ouvrir une kro, manger une pizz ou aller au pipiroom). Oui, j'ai pas soutenu les blancs-bleus en finale parce que partir à la retraite à 34 ans, après 15 ans de métier et une tirelire pleine à craquer, ça me fout les boules. Oui j'ai détesté ce grand déballage médiatique (qui par contre a bien dû servir l'État!), ces débordements blacks-blancs-beurs qui fuckaient la France y a trois mois à peine et qui l'ont montée au pinacle pendant un mois, fiers qu'y z'étaient d'être français. Oui, j'ai hué ZZ pour avoir montré à nos très jeunes sportifs qui le prennent en exemple, que quand on a les boules, autant cogner la sienne sur celui d'en face. Chais ben que j'enfonce des portes ouvertes, et que les Dieux du Stade ne sont pas ceux qu'on croit, mais la Coupe revient sans conteste au Dieu Fric! La concierge
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Murphy fait sa loi Je suis certaine, mes belines, que la loi de Murphy, ça vous dit rien du tout. Et puis quel Murphy? Le black qui joue les flics à Beverly? Non-non! Ce M'sieur Murphy-là c'est juste pour vous embêter, vous retarder, perturber, frustrer... Je sens que vous avez besoin d'exemples. Tiens, au p'tit déj', si vous faites tomber vot' biscotte, c'est toujours du côté beurre/confiture, s'pas? Plus tard, arrivée à la caisse de Carouf, c'est toujours vot' caissière qu'est la plus nulle ou qu'a le plus de clients à problèmes. Quand vous ressortez, les paquets hyperlourds au bout des bras, soit il se met à pleuvoir, soit votre nez vous gratte... Oserais-je parler du phone qui sonne quand vous êtes au pipiroom, du match de foot où le seul but de la soirée se marque quand vous allez boire un coup... Quant au jamais deux sans trois, tout comme moi, vous y êtes sûrement passé! Bon, j'm'arrête là mais je sais que vous allez en trouver plein d'autres. Alors, loi des séries ou de M'sieur Murphy? Ben, qu'on se le dise, tout cela relève de not' cerveau, donc de nos émotions mais aussi de la physique et de la chimie. Pour preuve cette sacrée tartine beurrée soumise à la loi de Newton, qui dit que tout corps tombe en tournant. Sauf que vot' table n'est qu'à 90 cm du sol et que la biscotte n'a le temps de faire qu'un demi-tour! Tout changerait si on beurrait sa tartine sur des échasses. La concierge
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Ben mon vieux ! Heureusement que les vieux sont là, surtout l'été! Ben voui, parce que sans eux, jamais on s'occuperait des ouvriers sur les chantiers, qui font la pause déjeuner dans des baraquements surchauffés, ou des employés dont la clim est en panne! Comme j'vous dis. J'entendais ce matin à la TSF que les premiers vivaient (sic) dans des Algeco sans eau courante et avec 35° en permanence. Pas besoin de rappeler que les mesures gouvernementales préconisant trois litres d'eau fraîche par jour et par personne ne sont pas appliquées. Quant à votre accorte concierge, elle s'est trouvée toute la semaine sans clim avec un pic à 41° sous les ver |