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Je profite de cette noble et belle
assemblée qui fête le cinquantenaire
de notre amie Antoinette F, née Rossignol,
pour vous entretenir de tous ces OVNI (oiseaux
volants nichant ici) qui nous survolent. Je serai
accompagné durant cette intervention de mon
petit oiseau et vieux rossignol, que je nommerai
kiki pour plus de commodité. En
préambule et pour éviter que notre
assistance publique ne se perde, le propos sera, ma
foi, truffé de jeux de mots de plus ou moins
bonne facture (que je présenterai au
Maire).
Ces jeux de mots seront pour certains une vraie
confiture de mots, pour d'autres une moutarde de
mots. Enfin, quelques-uns seront de vrais mots de
tête qui auront un certain cachet par leur
effervescence et leur non-sens. Avant d'entamer mon
discours avicole, plus tard aviné, je vous
rappelle que nombre de nos concitoyens et la faune
qui les entoure sont bourrés de jeux de mots
et de maux du je :
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Les cyclistes ont leur jeu de mot
laid
Les promeneurs de mot passant
Les motocyclistes de mot tard ou de mot
tôt
Les apathiques de mot lasson
Les escargots de mot luxe
Les jardiniers-paysagistes de mot
if
Les coiffeurs de mot tif
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Bon, il suffit. Revenons à
Antoinette.
La Rossignol de ses amours a un beau nom qui
accueille celui d'un écrivain connu
(Signol), lequel a un beau brin de plume. S'il est
mal prononcé -- que le dieu et le duo des
noms m'en garde --, ce beau nom, disais-je,
dévoile un bel outil que sait manier son
mari bricoleur, la rosse chignole. Rosse pour moi,
pas pour lui. Il pousse dans les forêts de
tungstène et les forêts à bois.
Comme le dit un proverbe canadien:
« Quand les forêts aboient, les
tronçonneuses passent. »
Mais revenons à nos oiseaux.
Antoinette m'a récemment confié:
« Mon Ma-i-ri-e Yannick, votre maire
à tous, qui ne se perd jamais dans ses
propos, m'a dit le jour de la fête des
mères, en présence de notre paire de
filles : tu es vraiment chouette, ton beau
corsage au col vert souligne ton corps beau de
sarcelle. Il a dit ça bien que je sois
née dans la région.» Antoinette
a eu la chair de poule en oyant les paroles de son
beau chevalier combattant, parfois arlequin,
parfois aboyeur mais avec un beau cul blanc car il
ne va pas bronzer avec elle en Bretagne. Ça
ne l'empêche pas d'avoir en période de
reproduction de belles parades amoureuses avec son
martinet noir, sa gorge bleue quelquefois rouge et
sa rouge queue. À ces moments-là, il
devient son roitelet bien faisan. Antoinette m'a
révélé pourquoi elle avait
été séduite par le
César du village aux cheveux grisonnants
d'Étampes, son héron (Néron)
cendré.
« Avec son sculptural cormoran
d'athlète et ses allures de fou de Bassan,
il m'a toujours impressionnée sur son
Hirondelle. Devant chez nous, quand passent les six
cognes de la brigade, retour d'Authon, il les
double en leur faisant un pied de grue avec son
beau nez de pouillot pitchou, siffleur et
véloce. Il n'est pas un pigeon ramier, comme
certains, plutôt un oiseau-castor qui a
bâti notre petit nid avec sa... Non!... pas
de pensée déplacée... pas de
ça chez nous!»
Cet oiseau de Maire, Antoinette a su
l'apprivoiser, même s'il pousse des
râles d'eau en revenant de la pêche,
toussant et mouchant. « Ça, il
mouline, parfois hibou devant certains dossiers
difficiles à saisir comme les poissons
volants. » Enfin, le premier oiseau du
village, le merle de la commune est pour elle. Elle
en est fière quand elle pense à lui
en cuisinant avec sa spatule blanche. Parfois il
l'épie, sa pédagogue
préférée, quand elle donne la
becquée à ses deux grandes
oisillonnes. Et il se
dit : « Je serais serin si elle
terminait sa carrière à
Charbonnières dans une classe maternelle.
Elle pourrait clamer tous les jours
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Mes anges de Charbonnières,
je vais vous apprendre à
voler...
Dans le ciel de la vie, non dans les
supermarchés.
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