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En guise de
présentation
Pas de méprise, je n'ai rien à voir avec
Michael!
Moore est un nom aussi répandu que Dupont et
Durand. Qui vous dit que Michael ne s'appelle pas en
réalité Bush ou Rumsfeld? Et ce n'est pas du
tout mon type.
Mes ascendances sont plutôt irlandaises. En bonne
compagnie avec Joyce et un sacré tas d'alcoolos issus
de la mer (mère?) pituitaire, dames patronnesses en
claque, natalistes faiseuses d'anges, illuminés,
pompeurs de Guinness et de clitos, nymphomanes,
déjantés divers sous un puritanisme de
façade. Et contrariante par nature (quand la mode est
au touche-pipi, je m'obstine sur le touche-caca).
J'ai eu ma première expérience sexuelle
à quatre ans. Amoureuse de Priscilla, ma
nounou. Elle me faisait sauter sur ses genoux. Je
l'ai sautée. Elle est réfugiée depuis
au couvent de Sainte-Gwyneth sous le nom de soeur Rose et
serait sous le coup d'une inculpation pour
pédophilie. Je n'y suis pour rien.
J'ai connu Morton par les petites annonces de
fuckandfun.com qui m'ont tout de suite branchée
(l'informatique est formatrice, grâce à
Internénettes). Morton et moi avons
décidé de nous rencontrer en direct live
autour d'un pot, qui a tout de suite tourné à
la partie de jambes en l'air. Un pot a conduit à
mon pot. J'avais douze ans mais en paraissais treize. Morton
allait sur ses trente balais. Une différence de
dix-huit ans, ça fait une majorité. C'est
d'un banal! Méga-géant, Morton (dans tous les
sens du terme), et pas coincé de la bourse (dans tous
les sens, etc...): il me payait mes anticons et mes
banana-splits. On s'éclatait un max. Jusqu'au jour de
Max, justement. Max et moi on avait une différence de
22 (comme les flics), mais j'avançais en âge.
Morton a pas apprécié. Il m'a virée
pour ma copine Cheryl (14), une vieille. Moi, je me
marrais, parce que Chéryl commençait tout
juste à sucer (très mal) les Dunky-lollipops
et les papys (Morton venait d'atteindre... merde, je sais
plus quel âge avancé!).
Aujourd'hui, je réalise avec horreur que je viens
de fêter (?) mes 25 printemps (??). Quasiment plus
cotée à l'argus de la fesse. Alors, par
précaution, je contrôle biquotidiennement mon
pouvoir de séduction. Il y a seulement un lustre,
c'était quadri (quotidiennement). Avec des quadra. Je
baisse, c'est évident. Me dites pas que je suis
mûre pour écumer les services de
gériâtrie. Je suis mûre, voilà
tout. Bientôt blette et sur le point de tomber, c'est
ce qui me désole. Mais bon, place aux jeunes. Les
salopes!
Avant de faire une fin, je me paye Rodrigue! La
prochaine fois, je vous parle de Rodrigue.
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La légende
de la nymphe Clito
Zeus, roi des dieux comme chacun sait, s'éprit de
la nymphe Clito. Il n'en ratait pas une (de nymphe). Cela
fit un sacré chambard dans l'Olympe, à
commencer par Héra qui prit la chose très mal
et fusilla la vaisselle du petit déjeuner -- ou du
souper, je sais plus. Peut-être même toute celle
du ménage. Quand on aime, on compte pas. Ce
n'était pas la première galipette de son
bouillant époux, ni sa première
expérience avec une souris, mais elle ne supportait
pas, une fois encore, d'être ravalée au rang
d'Héra de laboratoire.
Clito, certes, était belle, mais c'était
une mortelle. Qu'avait-elle de plus qu'elle, la reine des
dieux? Elle en avait sa hottée, des aventures
extrhéraconjugales. Il y avait déjà eu
Thémis, Métis, Pastis, et tant d'autres! Et
maintenant cette Clitoris (Clito pour les intimes). Et puis
qui encore?!... La mesure était comble!
Pour espionner les deux amants, Héra choisit de se
cacher entre ses cuisses (pas les siennes à elle, eh,
pomme! celles de Clito!), et justement elle prit la forme
d'une petite excroissance de chair, qui passerait, selon
elle, inaperçue. De la sorte, elle était aux
premières loges (révérence parler).
Elle y fut, en effet, car Zeus tomba raide dingue de ce
machin qu'il ne connaissait pas et s'éprit, non de
Clitoris, mais de son clito. Ce n'est pas tout à fait
ce qu'Héra avait espéré. Bon, elle
était la première à
bénéficier des faveurs de Jupin le juponnier
(Jupin et sa Jupine), mais c'était Clito qui
jouissait! Quelque part il y avait du mou dans la corde
à noeuds. Et plus Clito jouissait, plus Héra
sanglotait, plus Zeus trempait ses doigts et s'excitait. Et
plus il s'excitait, plus Clito jouissait, et plus
Héra pleurait!... Ce qu'on appelle un cercle
vicieux.
C'est depuis, que toutes les filles des mortels et les
nymphes en particulier, par la volonté d'Héra,
ont cette amusette entre les jambes grâce à
quoi elle flique ses rivales, mais en même temps leur
permet de jouir. (Qui s'en plaindrait?)
Pourtant prends garde, chérie! dis-toi que quand
tu mouilles, c'est Héra qui pleure. Et que si tu
finis par trop aimer ça, toi, la nymphe, tu finiras
nympho!
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Opinion
J'aime bien Alicia. Intelligente, drôle, glamour --
tout pour plaire. Un seul défaut: elle croit que tout
le monde veut la sauter. Je sais ce que je dis: on a
été coloc pendant un an, je n'ai jamais vu (ou
entendu) personne sauter Alicia. En fait, c'est pas que tout
le monde veut la sauter, c'est qu'elle ne rêve que de
ça. Épuisant, à la longue (pour les
autres).
Là encore je sais ce que je dis: pareil pour
moi.
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Et le vert
paradis...
Qu'est-ce qu'ils ont tous à nous bassiner avec
leur enfance? On dirait qu'ils en conservent la nostalgie.
Pas moi. Attention, je n'ai pas à me plaindre: je fus
une "heureuse" petite merde parfaitement inoffensive,
état qui ne m'inspire pas le moindre regret, sinon
celui d'avoir représenté une sorte de
minigadget aux yeux des salauds d'adultes que j'enviais et
avais hâte de rejoindre.
Vous n'aurez pas la satisfaction de m'entendre regretter
l'indifférence de ma mère, toujours sur mon
dos comme une tique malgré ses proportions de grosse
truie sentimentale, ni la salacité de mon père
(ou supposé tel) plus occupé du pure
malt, ni le monde enchanté de l'univers enfantin,
juste calibré pour vous maintenir dans la niaiserie
qui convient à la tranquillité des grandes
personnes. Au reste, malgré les racontars, les
enfants n'ont aucune imagination, pas l'ombre d'une
originalité, aucun pouvoir, et leurs dessins sont
tristement débiles.
Tout ce dont je me souviens, c'est de m'être
longtemps pissé dessus avec ravissement par pure
malfaisance, pour jouir secrètement de l'agitation
provoquée par ce phénomène aussi
minuscule qu'anodin. D'aucuns n'hésiteront pas
à me classer parmi les chieuses. Parfaitement ! Et je
m'honore de l'être restée pour
l'édification de mes contemporains. Je suis asociale
par goût de la société. Qu'on se le
dise!
Ceci étant, je plains le psy qui entreprendrait de
m'analyser ou de porter remède à mon cas,
lequel me convient tout à fait. Il ne s'en tirerait
pas à moins d'une thérapie sur 20 ans pour
s'en remettre. Que les chers confrères se feront un
plaisir de lui facturer la peau des burnes. Moi, pendant ce
temps, je me livrerai à toutes les perversions
cataloguées ou pas, imaginables ou non, pendables ou
désespérément banales qui
caractérisent les comportements adultes... en pensant
à lui quand j'aurai le temps.
Eh oui! voilà le maître-mot prononcé.
LE TEMPS ! À présent je vous laisse
à vos cogitations foireuses.
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Da Vinci
Code
Je viens de me manger Da Vinci Code (Dan
Brown - JC Lattès) et en reste étourdie
(putain!... 574 pages en 15x23, faut de la
santé!). Que tout démarre à Mona
(Lisa) n'a rien pour me surprendre. Mais que ce jeu de
piste un peu simplet, parti des Templiers, passant par la
Maçonnerie, la Rose-Croix, la quéquette du
Graal, l'Opus Dei et les banques suisses, aboutisse à
Westminster Abbaye sur la tombe de Newton, me fait penser
qu'on s'est quelque part payé ma pomme. Chemin
faisant, j'ai découvert tous les rébus,
décrypté toutes les énigmes,
éventé toutes les astuces. Ce n'était
donc que ça, la clé de voûte de
l'insondable mystère qui alluma tant de
bûchers, couvrit la Terre de cadavres, agita Nicolas
Flamel et René d'Anjou, Vinci et Botticelli, Debussy
et Cocteau!... tout juste capable d'exciter un petit scout
ayant pris la mauvaise habitude de lire d'une main. Tu
bicherais, mon Collignonnet, on y parle aussi de
runes!...
Pour parler comme Frère Laurent (Tzarabi),
se tordant (de rire) sous sa haire et sa discipline, mon
Grand-Maître à moi (Rédac de son
état) est d'une autre volée, bien que nous
n'ayons copulé qu'entre sujet et prédicat,--
et mon texte sacré (Shashmashazam),
autrement crypté!
Mais, ma culture étant partielle, je suis
forcément partiale!
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ZAZA ET
MOI
J'aime bien Zaza. Elle est juste un peu too much dans ses
fantasmes, à commencer par ses mecs, ses fringues et
ses boîtes préférées. On se
connaît depuis la maternelle et on a un peu grandi,
mais dans le même style: moi en garçon
manqué ; elle, super-princesse de BD à qui
rien ne résiste, pas un héros, pas un dragon,
pas un chéquier. Qu'elle croit. Comme j'ai
gardé l'habitude de tout lui piquer, ses
héros, c'est moi qui me les tape. Ses dragons, j'en
fais des briquets jetables, et les chéquiers, je m'en
sors pas trop mal. Dire que ça la comble de bonheur
serait un peu exagéré.
Les mecs d'abord, tu verrais les tares! Ça roule
dans les tires à papa avec un max de champignon et
d'ABS, c'est inscrit à Sciences Po ou aux Langues Zo,
ça s'appelle Brice, Gerald ou Kevin-Luc, mais
ça pisse pas tout seul, et moi j'ai autre chose
à faire qu'à tenir des prépuces. Mes
mecs à moi ont pour noms Bébert, Lakdar,
N'Gaoué. Ils sont inscrits au chômage. Tu leur
confierais pas une thune pour t'acheter du crack et ils te
cognent si t'as pas cogné avant. Mais pour la baise,
ils enverraient en l'air une crêpe Suzette de
patronage et la laisseraient collée au plafond
jusqu'aux carillonnées du Noël suivant. Quand
Brice, Gerald et la suite sortent de mes bras, ils ne savent
plus où ni qui ils sont. Surentraînée,
la pétasse! Et ça, Zaza supporte pas. Elle est
bien toujours la seule à se prendre pour une
super-princesse de BD.
Mais le pire, c'est les maisons de couture (haute,
siouplaît). Ma copine suit toutes les collections,
entasse les cartons, assiste aux défilés
(j'aurais une préférence pour celui du 14
Juillet, quand c'est la Légion qui passe), où
il faut que je l'accompagne. Pourquoi? Pour me faire chier,
probable. À la longue, j'en peux plus! Et rebelote
pour les Thierry Mugler, Jean-Paul Gaultier et autres
Lacroix. Zaza prétend que Dior, Lanvin, Balenciaga...
c'est que des has-been, juste bons à habiller les
grosses Libanaises. La Lagerfeld? Une grosse pédale
teutonne! Tout le monde est gros, pour cette anorexique.
Alors les boîtes, qu'est-ce qu'elle va y foutre?
Rien. Pour parler, oublie ton Sonotone. Se faire voir.
Rencontrer des gens. Des pipol, comme dit le
Rédac, qui m'a l'air aussi au courant que Volta quand
il a inventé la gégène. Dur-dur, les
boîtes, ça se démode aussi vite que la
mode. On court au "Blue Parrot", mais le temps d'y courir,
il faut foncer au "New Bullet", pour y apprendre que Truc et
Machin, les seuls qui comptent, vont désormais au
"Zick-and-Zack". Et catastrophe! si tu commandes un
gun-powder, on te signale illico aux "personae non
gratae" des rades branchés du Haut-Débit (de
boissons).
Et pour la culture, attends! Zaza en connaît juste
ce qui concerne les perles du même nom. Elle a pas lu
une ligne de Sollers, elle croit que Derrida est un canasson
(pas loin de la vérité!). Elle sait même
pas qu'il est mort. Soyons honnête: moi je le sais,
mais à quoi ça m'avance?...
Qu'est-ce qui m'incite donc à la fréquenter
encore? Un goût commun pour les crottes de nez, c'est
insuffisant comme explication. Je vais vous le dire: je suis
peut-être un peu maso. Et un brin gouine sur les
bords, pour ne rien vous cacher.
N'en déplaise à Bébert, Lakdar,
N'Gaoué.7
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Chirurgie
esthétique
Les femmes sont folles. Les moches se croient
belles. Les plus parfaits canons se prennent pour des
poux. Toutes, en y regardant bien, trouvent le
détail qui fâche: j'ai trop de fesse, pas
assez, je manque de nichons, ils sont énormes, mon
nez est un pied de marmite, un pain de dix livres, j'ai un
oeil plus haut que l'autre, les oreilles
décollées, un ventre qui manque de creux, un
creux à la place du ventre, la foufoune en paille de
fer, le clito qui bourgeonne... je suis blonde
(bêêê!), brune (beurk!), auburn (pouah!),
rousse (caca!)...
Les bonshommes, c'est pareil, depuis qu'ils deviennent
coquets. Souvent branchés zézette, faut
dire. Elle est trop petite, elle traîne par terre, le
chat joue avec (bobo!). Nous, on s'en tape. Tout ce
qu'on demande, c'est qu'ils sachent s'en servir. Mais
on n'apprend ça nulle part (je rêve d'un
institut de la baise).
Heureusement, il y a les chirurgiens esthétiques
(qui ne pensent jamais à prêcher d'exemple,
quand ils devraient servir d'enseignes à leur juteuse
industrie). Alors, on se précipite chez eux, toutes
et tous. Et c'est pas mieux. Souvent même pire
(demandez à Bigard!). Qu'un seul truc qui
dégonfle: le portefeuille.
On est cons. Qu'importe le flacon (flatte-con), pourvu
qu'on ait l'ivresse. Celle de se sentir bien dans sa
peau, même flapie, flétrie, raidie,
ridée. Et de sentir, derrière ce visage
refait, retendu, comme neuf, cette vieille chose un peu trop
oubliée, décidément
irremplaçable: UN CERVEAU.
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UN PEU D'ORDRE
Je n'ai pas de chance. La poisse s'attache à ma
moindre velléité d'organisation. Pourquoi
faut-il qu'avec moi, ça ne marche jamais?
On m'avait dit que c'était de l'inconscience, de
surfer sur le Net sans pare-feu: la porte ouverte à
toutes les intrusions frauduleuses, aux virus les plus
destructeurs. J'achète donc, la peau des fesses, un
CD de protection antitout (le téléchargement,
c'est pas sûr). Mais va donc installer cette
saloperie!... Deux semaines de galère et trois kilos
gagnés en grignotages compulsifs.
À peine installé, mon "protecteur" me fait
chier comme pas possible. Trop con pour me distinguer d'un
vulgaire hacker, il bloque mon imprimante, m'interdit
l'envoi du moindre mail (comment je fais pour draguer
à distance, moi?), m'avertit de façon
intempestive qu'il n'est pas réglé comme il
faut, demande avec insistance si je veux (me conseille
même de) modifier tel paramètre, colmater telle
issue à laquelle je n'ai pas pensé... bref, il
me pourrit tellement la vie, qu'exaspérée, je
décide de m'en défaire. Ah ben tiens!
seulement il refuse de se laisser lourder, tel un macho qui
s'accroche. J'ai beau "sélectionner" pour
suppresssion définitive la moindre de ses extensions,
passer mon temps à "redémarrer" (comme si
j'avais que ça à glander!), je tourne en rond.
Une fois repartie, la machine, narquoise, affiche toujours
sa présence! Se foutrait-on de ma gueule? Les
morpions, c'est moins tenace...
J'en suis là. Toujours pas trouvé de
solution. Sauf un truc, que j'ai cru sur le moment
très malin: je l'ai désactivé. J'ai
donc sur ma bécane une protection qui m'a
coûté la peau des fesses, qui ne protège
rien et qui continue à me les (j'en ai pas,
d'accord!) scier en m'expédiant des messages
d'alerte: "Attention! votre ordinateur n'est pas
protégé! Souhaitez-vous réactiver la
protection?" NON!!! BARRE-TOI, CONNARD!!! Ailleurs,
ça s'appelle des spams. (Encore une chance qu'il me
demande mon avis!) Un jour, je le sens, il reniflera que je
suis une nana, donc nulle par définition, et n'en
fera qu'à sa tête, balancera mon chat en
peluche par la fenêtre, foutra à la porte Eddy,
à qui je tiens de temps en temps, et invitera ma
vieille emmerdeuse de mère pour six mois.
Il y a bien une autre solution: virer mon matériel
dans la rue. Outre que je risque de tuer quelqu'un et de
finir en tôle, c'est pas ça qui comblera les
gouffres que j'ai ouverts dans mes finances...
Y en a qui doivent bien rigoler, je sais: les marchands
d'ordinateurs et de systèmes de protection.
Je sens que je vais encore prendre trois kilos,
moi...
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Pute ET
soumise
J'ai à me plaindre de mon
patron pour le harcèlement sexuel. Une dangereuse
calamité, disent les média. C'est vrai. Toutes
les copines le déplorent, et quelques potes aussi. Il
serait temps de réagir. Je vais donc prendre
peut-être la tête du mouvement. Bizarre, le
syndicat n'est pas chaud-chaud... Les syndicats ne sont plus
ce qu'ils furent. Pas étonnant que les
adhésions baissent: si la lutte syndicale doit se
réduire à aller se peler le cul sur les
boulevards en beuglant des inepties, à se faire
matraquer par les cognes, ça semble un peu mince
quand par ailleurs personne ne vous défend sur le
lieu de travail.
Oui, je suis
révoltée! Mon patron ne me harcèle pas,
et les sous-fifres non plus. Scandaleux! C'est notre faute,
aussi. À force de gémir que les mecs soient
trop des mecs, on n'en trouve plus. Les nanas, ils s'en
branlent: ils se branlent. Bien fait pour notre gueule! Plus
personne pour nous tenir les portes, glisser des chaises
sous nos fessiers, nous coller la main au panier, nous
appliquer le bisou baveux. Plus un tripotage de frifri
à se mettre sous la dent. Plus un gland. On glande,
on se sent un peu seules. On l'a bien
cherché!
Ni pute, ni soumise?...
Conneries!... Que faire, quand on est pute ET
soumise?...
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SADOMASO SOCIAL
CLUB
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On va se faire un break, me dit Antoine, prendre
du recul. Je connais. Ça veut dire prendre
un autre cul. Bof. Ça tombe bien. Antoine
commençait à me plaire. On peut le
prendre dans le sens qu'on voudra. Exit
Antoine.
Le lendemain, il me sonne sur mon portable:
-- Tu me manques.
-- C'est ça ton break? Eh ben moi tu me
manques pas.
-- Mona...
-- Ouais.
-- On se fait un chinois ce soir?
-- Si tu te faisais plutôt une
Chinoise?
Et je coupe. Toc. Non mais. Pourquoi, mais
pourquoi a-t-il fallu que je me mette ensuite avec
Georges? Au début, pas de problèmes.
Ils sont venus après. Chaque fois pareil. Je
crois que le problème c'est moi. M'en fous.
Pas mon problème. En plus y a sa
mère! Faut se la faire.
Parano-manipulatrice. Avec moi il est pas mieux
lobé. A dû prendre un psy. Une psy. Il
la baise. Si c'est pas bon pour lui, c'est bon pour
elle. Moi j'aurais baisé ma mère,
ça m'aurait coûté moins cher.
Failli le lui dire et puis non: il m'aurait
tapée. Ça risquait de me plaire.
Forcément je pense à ma mère
et je vois rien: ma mère c'est moi. Pour
ça que mon père m'a tronchée
avant que je sois en âge de parler. J'ai pas
eu de mère. Quelle chance! Ni de père
non plus: vingt ans de cabane à se faire
mettre à tous les étages du clapier
carcéral pour m'avoir
pédophilée. Bien fait. En a
tué plus d'un pour se venger. Plaidera
l'illégitime défonce.
Le père de Georges a entrepris de
remplacer le père que j'ai pas eu. Je dis
pas non, il pelote bien. C'est pas du goût de
tout le monde. Mais bon, Georges peut faire son
Oedipe et la parano-manipulatrice me traiter de
salope briseuse de ménages. Pour une fois
elle manipule plus rien, mémé. C'est
mon tour. Laïos (le père) est pas mal
monté. En tout cas, souvent sur moi. Comme
disait Totor (et Henri IV), dans Laïos il y a
os.
Un jour, par hasard, je croise Antoine. Mon
Dieu, que c'est loin! Avec une Asiate. Tiens, il
m'a écoutée! On se présente.
En deux coups de cuiller à pot, je lui
soulève son Asiate. Que j'invite le soir
même chez le chinois. Là, on se roule
notre premier patin sur les rouleaux de printemps.
Faut que la boucle soit bouclée. Puis on
s'en va terminer cette intéressante
conversation en des lieux plus adéquats.
Où Georges débarque sans crier
gare, tombant sur ses deux chéries en
furieuse épectase.
-- Ah bon, il fait.
Un peu court. Mais après ne pas avoir
crié gare, il crie:
-- Elle me l'avait bien dit, ma mère!
Ça gâche tout. La revoilà,
celle-là! La famille, ça colle comme
du vieux sperme, et ça nous plaît
qu'à moitié. Va avoir des choses
à raconter à sa psy, le Georges. S'il
m'échauffe trop les oreilles, je lui pique
sa psy. Ou je le branche sur Antoine, des fois que.
On a parfois des surprises.
Fantastiques, les mecs: le cul, ils croient
qu'on a que ça en tête!
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Yolanda
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OK, j'avoue. Je me suis payé une
déprime: pas arrivée à trouver
un polar à la hauteur d'Alter Ego
(Mel Arrighi). Un vieux Série noire
du temps où Gallimard ne sortait pas de la
merde. Je suis tombée dessus par hasard dans
un coin de grenier. J'adore les polars, je les
descends à la vitesse des cacahuètes
devant la télé. Mais je suis
difficile: auteurs anglo-saxons pliiize! Les autres
me gonflent, surtout les franchouillards, croyant
toujours malin de faire les malins, de l'esprit,
des jeux de mots laids, de gourbiter du
sous-Renard, du sous-Céline (défunt
San-A à part: le mauvais goût ne
supporte pas la médiocrité). Les
Britishes, et les Ricains surtout, ont le niak pour
vous coller dans le bain pronto, sans effets de
manches, et de vous y plonger la tête
jusqu'au dernier souffle de bonheur et de
reconnaissance, direction l'extase.
Désolée, Rédac, c'est comme
ça. Inutile de vous planquer, je vous vois
rigoler. Arrighi c'est pas américain? Mais
aucun ne l'est au départ, voilà le
miracle! Un tas de Bataves, Teutons, Irlandais,
Latinos, Basques, Macaroni, Juifs venus d'ailleurs:
le melting potes...
À la suite de ma découverte des
combles, en plein manque et sucrant les fraises
(contrairement aux copains que je venais de
recevoir et qui, eux, tombaient un pot de confiture
par jour), j'ai essayé une cure de mecs. Pas
un n'arrivait à la cheville de Hank Mercer,
Biff Deegan, Amos Frisby.
Depuis, je suis avec Yolanda. ET JE VOUS
EMMERDE.
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Note de
lecture
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J'ai envie de faire mon Collignon (du pauvre --
pardon, maître!): la foirée de
Ledoigt. Sans doute parce que je viens de virer mon
mec, qui n'a pas su mettre le sien où il
fallait. Et donc, n'ayant rien à branler --
ou trop --, j'ai été chourer au
hasard chez un libraire le premier truc qui m'est
tombé sous la main. Ça:
Pratique. Pas trop gros. Et ça commence
génial. Putain, un chef-d'oeuvre! je me suis
dit. Pêche miraculeuse. Le coup de la meule
de foin.
Ça se passe dans un monde de merde (le
nôtre) angoissé par la pollution, le
tabac, l'alcool, le terrorisme, mais pas la
connerie. Où il est partout interdit de
fumer, même à la Régie des
Tabacs, un monde livré à la
domination des sales mômes, où chaque
déviant est forcément
pédophile...
C'est incisif, insolent, rigolard en diable. Au
début. Parce qu'ensuite, Duteurtre se prend
les pieds dans le tapis, l'apologue, et
mélange un peu tout malgré quelques
belles trouvailles. Il devient lourd, n'ayant pas
su garder le ton de légèreté,
de perverse allégresse qui fait le charme
des premières pages.
Où irrupte un sac de noeuds dans le
couloir de la mort. On demande au condamné
quelle est son ultime volonté. Fumer un
dernier clope, il dit, ce con. Patatras!
Impossible: défense de fumer dans la prison,
c'est le règlement. Faut protéger la
vie des détenus, même condamnés
à mort. Ce désir ringard bloque toute
la savante machine, on ne peut plus procéder
à l'exécution. Car il s'obstine, cet
abruti, sûr de son bon droit. Scandale! C'est
le bordel du haut en bas de la hiérarchie,
jusqu'au Ministère de la Justice (vide
juridique), le déchaînement des
média. La sottise du principe de
précaution éclate au grand jour, avec
la dictature, le flicage constant exercés
par le pouvoir sur le citoyen lambda sous couleur
de le défendre, les luttes
d'intérêts des lobbies.
Les clés ne manquent pas, pour qui s'en
amuse, à commencer par un maire
sûrement pacsé à Delanoé
et une galerie de chats-fourrés plus vrais
que nature. Mais bon. Astuces et retournements, on
les voit venir d'un peu trop loin. Y avait mieux
à faire avec tous les fils qui
traînent, non exploités, quand on
repose le brûlot, plutôt éteint.
Déçue, merde!
Ben non, c'était pas un chef-d'oeuvre.
Dommage.
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Mauvaises
résolutions
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Farouchement rétive
à la niaiserie ambiante, je viens de prendre
un tas de mauvaises
résolutions:
1°/ Ne plus faire la
bise pour dire bonjour ou au revoir. Combien? Deux
bisous? trois? quatre? À chaque fois une
comédie stupide. Ça me glande depuis
trop longtemps. Et puis y a des têtes de
noeud que je tiens pas à embrasser. Quand je
veux sucer un noeud, je le sors de son paquet
cadeau.
2°/ Ne plus se
contraindre à la politesse. Si vous
êtes trop cool, on vous prend pour une bille.
Pourquoi s'extasier devant un chiard moche comme un
pou: «Caisse il est mignon!»... ou
«Y ressemble à son
père!»... «Y ressemble à sa
mère!». Tu parles! Y ressemble à
rien. Un bout de viande. J'aime pas les
mômes, c'est clair. À la rigueur:
«Merde, on dirait le réparateur
télé!» Comme ça. Pour
rigoler. Souvent c'est vrai.
3°/ Dire seulement ce
que je pense. Ça me fera pas des amis. Tant
mieux. Je serai trahie que par mes
ennemis.
4°/ Virer Manu
(militari). Prend mon appart pour le sien et baise
en proprio. Faire des avances à Djamila, sur
mon palier (pratique). Ou à personne.
Célib, c'est bien. Trop longtemps que je me
retiens de péter dans mon bain. Ça me
donne des flatulences.
5°/ À propos
de flatulences, virer ma mère qui fourre son
nez partout et prétend me donner encore des
leçons. Il est temps que je devienne adulte.
Elle aussi. Ils se pleureront dans le gilet avec
Manu. Ça les occupera.
6°/ Laisser tomber
les voeux. Pourquoi souhaiter bonne santé
à ceux qu'on aimerait autant à la
morgue? Cesser aussi les «Comment ça
va?». Quand on vous répond
«Mal», vous avez l'air fin. Bien fait
pour votre gueule! C'était juste une formule
de politesse, un truc réflexe. Au fond, vous
vous en cognez comme de votre premier tampax. La
même "politesse" exige du
récipiendaire qu'il réponde
«Bien merci et vous?», même et
surtout si ça lui est
équilatéral et s'il lui pousse un
bubon à l'anus. À quoi vous
réagissez de même. Ça peut
durer comme ça jusqu'à l'année
prochaine. À Dieu ne plaise! Il est
censé vous lâcher ensuite les
baskets.
7°/ Tiens, Dieu! Y en
aurait aussi à dire là-dessus! Mais
je préfère la boucler pour votre
repos et le mien (surtout le mien).
8°/ Ah si! Les
résolutions! Ne plus penser aux
résolutions, bonnes ou mauvaises.
Foutre la paix au monde
avec les résolutions!
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Journal
litièraire
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1er janvier 2006
Je viens d'accrocher au mur le nouveau
calendrier. Toujours ça de fait.
6 janvier
Rencontré Bouba. «Ça
va?» elle dit. «Ça va», je
réponds. Ça commence fort. On se
quitte, à bout d'arguments.
12 janvier
Déjà? Le temps passe, c'est
ouf!
13 janvier
Rien.
14 janvier
Encore rien.
15 janvier
Toujours rien.
19 janvier
Lu quand même un pavé de plus de
1000 pages. Sous les pavés la page. Il ne
m'en reste rien. La vaguelette retirée, mon
sable reste vierge. C'est bien le seul.
22 janvier
Paulo passe me voir. On baise. Autre vaguelette.
Suis-je toujours vierge?
Réalise soudain que j'ai jamais lu Hegel.
Ah bon... Il faut?
Recroisé Bouba. «T'as lu Hegel,
toi?» -- «Tu me prends pour une
conne?». C'est bien ce que je pensais.
24 janvier
Sur mon blog, un quidam se plaint d'être
refusé par toutes les maisons
d'édition. Je réponds que c'est
plutôt bon signe. Depuis, plus de
nouvelles.
25 janvier
Constate qu'on prend mon blog pour une nursery
ou un club de rencontres. Le nombre de gens qui
tentent de trouver l'âme soeur par
satellite!... au lieu de descendre dans la rue. Je
descends dans la rue.
Tombe sur une manif. Prends un coup de matraque
sur la gueule. Déclaration d'amour d'un
keuf? Il s'excuse. M'a pris pour une autre. On
m'embarque à l'hosto. Me fais tringler par
l'urgentiste de garde. J'en demandais pas tant!
26 janvier
Revu l'urgentiste. Il s'excuse. C'est une manie?
Rentrée chez moi, je vire mon blog.
1er février
Affiché la nouvelle page du calendrier.
Intense satisfaction. Puis, mail du Rédac:
«Tu penses à nous, ou tu peignes la
girafe?» Va baigner, pépé, moi
je vis intensément.
2 février
Et si je lui envoyais mon Journal?
3 février
C'est décidé, j'envoie mon
Journal. Faudrait peut-être écrire
quelque chose dedans?
8 février
Retrouve mon Journal, qui avait disparu, dans le
frigo sous les bananes, casier du bas. Est-ce
grave, docteur? Question à poser à
mon psy. Si j'avais un psy. Tiens! si je me
trouvais un psy? Juste pour le cul.
Baiser un psy, mon rêve! Devrait se payer
une analyse chez un confrère. Mon fric
ferait que changer de mains. Moi aussi,
peut-être... Moi aupsy...
9 février
Ma shampouineuse se marie. Qu'est-ce qu'elles
ont toutes? Pour divorcer 3 mois après! Ce
qui leur plaît, je crois, c'est de se
déguiser en meringues. Trop de sucre vous
mène au diabète. Et dans
diabète, il y a bête.
On sonne. Je vais ouvrir. Personne. Pourtant,
j'ai l'impression qu'on entre. Et si c'était
l'inspiration?
Gamine, j'avais inventé un
écrivain génial avec un nom à
coucher dehors. Mais la liste de ses oeuvres,
impressionnante. J'en avais écrit les titres
étincelants. Une bonne vingtaine. Pourquoi,
me demandais-je, prendre la peine d'écrire
les textes correspondants? Moi, cela me suffisait.
La gloire pouvait venir. J'imaginais ma
bibliothèque remplie de ces volumes aux dos
gravés à l'or fin luisant
mystérieusement dans la pénombre,
parés pour l'admiration des foules et le
respect de la postérité. Dont je me
foutais éperdument, tant qu'on ne me
demandait pas d'en pondre une partie.
10 février
Mon cher Rédac,
Des titres, ça vous irait?
11 février
Bon, allez, je plaisantais!
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Journal
litièraire (fuite)
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1er mars
Encore une nouvelle page du nouveau calendrier,
un mec à poil avec une bite d'anthologie. Il
faut savoir se contenter de joies simples.
Entendu à la radio l'interview d'un
quelque chose dans la recherche. Avec l'attirance
fatale des zozoteurs pour les sifflantes, le
malheureux se lance dans des phrases impossibles:
«La cessation de la relation semble
résoudre essentiellement...» Intense
rigolade.
2 mars
Y a des jours, quand ça veut pas
ça veut pas. J'en suis à ma
troisième boîte de chile "ouverture
facile" et j'y arrive toujours pas. Sur la table de
la cuisine, trois boîtes de chile inutiles.
Je dois être particulièrement conne.
Tant pis, je vais me taper le fromage blanc qui
reste.
3 mars
Je tremble de tomber sur un mec à la
braguette marquée "ouverture facile". Il
risque d'attendre longtemps. Moi aussi. À
cette idée, je panique. Et dans "panique" il
y a "pas nique".
Faut pas que je fasse une fixette
là-dessus, ou je vais avoir vraiment besoin
d'un psy. Plus qu'il n'aura besoin de moi.
Qu'est-ce que j'ai, avec les psy? Rien, bon
dieu: j'ai pas de psy!
4 mars
Pince-fesse chez Poupette.
Présentations.
-- Tu fais quoi?
-- Psy.
Je cours encore. On me cherche partout. Toujours
un qui m'aura pas.
Les trois boîtes de chile, oubliées
dans la cuisine, ont une drôle d'allure:
elles ont gonflé. De dépit,
peut-être... Un doute me prend, je
vérifie la date de péremption:
passée depuis un mois. Bravo les grandes
surfaces! Direction poubelle. Terreur
rétrospective. «Mona, vous savez, elle
est morte!... -- Overdose? -- Chile.»
Est-ce qu'on vend des cercueils "ouverture
facile" ?
5 mars
Je raconte ma mésaventure à la
shampouineuse. Elle s'en tape: elle est
mariée. Elle a d'autre soucis.
Le coup du chile me taraude. Ça me
rappelle les vieux, prêts à
s'empoisonner avec la bouffe par économie:
"faut pas gâcher". Est-ce que je deviens
vieille? L'horreur. Mais non, simple
négligence. Ouf! Le regard du premier
mâle dans la rue me rassure. Mon cul est
encore consommable. Pas de date de
péremption. Pas encore. Toujours
cotée à l'argus de la fesse. Donc
faut pas traîner. Carpe diem. Carpe
caudam.
Croisé Bouba. «Ça va? -- Bof,
elle fait, en veine de confidences.» Pas la
joie, on dirait. Curieusement, ça me colle
une pêche d'enfer. En attendant goder.
6 mars
Le meilleur gode, c'est le gros du petit
ramoneur, son gros machin pleine peau, souple et
dense comme un serpent. Mais chaud comme une
brioche, un petit pain au lait. Gode mit uns.
Ma turne est un sex-shop.
Serais-je-t-y pas un peu obsédée?
Bof (dirait Bouba).
7 mars
«Comment qu'on fait les
bébés?» me demande la
môminette de ma copine Bibiche. Pourquoi
à moi? Je lui raconte d'horribles craques,
pas folle: éliminer la concurrence.
10 mars
Me souviens plus des craques
débitées à Bibichette.
Dommage. J'aurais dû noter. Ça
pourrait resservir: la concurrence arrive sur le
marché plus vite qu'on n'imagine.
12 mars
Projet: Mes craques sur les
bébés. Super! un titre de
plus...
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Journal
litièraire
(jamais deux sans
toi)
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20 mars
Je m'avise que j'ai plus reparlé de
Paulo. Pauvre biquet! On s'est pourtant revu, mais
bon. Toujours pareil. Je veux dire que ça
manque un peu d'invention. Ma faute,
peut-être. Faudrait que je lui apprenne des
trucs. J'ai pas une vocation d'en saignante. S'il
faut tout leur dire...
La nuit, j'écoute parfois sur
Radio-bonniche les jérémiades des
coeurs en peine. Et y me bat, et y couche avec une
autre, et ma soeur me déteste, et je tiens
plus mes mômes, et mersonne ne m'aime sauf
mon père qui me fourre. Consternant de
banalité. Mais l'horreur, c'est quand la
couineuse pleurniche: je peux vous lire un de mes
poèmes? Oh putain! Elle va placer sa merde
sur Radio-bonniche! Et la préposée du
micro, piégée (et nous donc!): mais
bien sûr, mais avec plaisir, mais on est
là pour ça, mais c'est pas trop long?
Oh non, juste trois chiantes pages de lunes,
étoiles, vapeurs, zoizeaux, clichés
zabyssaux en "vers" de mirliton. Car personne ne
lit la poésie, mais tout le monde en
écrit, ça coule comme la
diarrhée. Reste plus qu'à vous
torcher avec le papier où Zézette a
moulé sa bouse. Une chance: y a que votre
cul qui voit les fautes d'orthographe.
Tiens, je préfère sucer Paulo.
22 mars
Toujours rien gagné au loto. On a beau
m'expliquer que pour ça il faut jouer,
j'éprouve chaque fois comme un sentiment
d'injustice. Le sentiment d'injustice est l'un des
rares que je me permette encore. Pas très
sentimentale, on l'aura compris.
23 mars
Un excité de la chignole dans l'immeuble,
à toute heure du jour et de la nuit. S'il
est aussi actif avec son chibre qu'avec sa
tamponneuse-perceuse, ça peut devenir
intéressant. Relation à cultiver? Je
me chargerais de la sono.
25 mars
«-- T'as déjà baisé
avec le facteur? demande Bibiche. -- Non. -- Tu
devrais. -- Si j'ai bien compris, faudrait que ce
soit avec ton facteur. -- Pas question. Et
mes colissimo?» J'avoue que je vois pas le
rapport. Si je peux dire.
Bibiche me surprend. Moi qui la croyais
irréprochable. Comme disent les cousins
québécois, je suis
déçue en bien.
26 mars
Chez la boulangère, une queue! Je la sens
contre mes fesses. Y a du monde, d'accord, mais pas
à ce point. Le malappris qui en profite de
la sorte n'est pas plus pressé que les
autres. «Une baguette!» annonce-t-il en
me bousculant. C'est plus fort que moi, je me
retourne et, matant son entrejambe, lui jette:
«Prétentieux, avec ça!... Tout
juste une ficelle.» Je ne suis pas sûre
que tout le monde ait bien compris. Mais lui, si.
Je viens de donner du travail à un psy pour
20 ans.
31 mars
Paul Dukas n'a pas écrit que
L'Apprenti sorcier. Il a aussi écrit:
"Il faut savoir beaucoup de choses. Mais on ne fait
qu'avec ce qu'on ne sait pas."
Hein! ça vous le coupe, que je sache
ça, moi!
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BAR-B-CUL
Mon bar à moi c'est le Cirrho's. Vachement class,
dans un coin discret du 5e. Et fréquenté que
par des pointures. Moi d'abord, et puis Julien Laposta,
romancier chilien fou qui écrit avec sa bite,
Idoménée Ney l'éditeuse, le peintre
indien Kimakhul, Zizou la chanteuse et d'autres
déjantés. Mais mon
préféré, mon phare (pardon!), c'est le
barman. Le seul au monde à savoir préparer mes
banana surprise, et beau comme un ange. Al-Qamia on
l'appelle. Un intégriste du cocktail sans shaker:
«jamais de shaker, on ne secoue pas plus un cocktail
qu'une jolie femme!» Faites ce que je dis... Je suis
là pour témoigner du contraire: quand
j'émerge de son paddock, j'ai l'impression de sortir
d'une essoreuse. Oui, pour ne rien vous cacher, Al-Qamia et
moi, on cherche la pierre philosophale. Il me fourbit
l'athanor avec sa cucurbite. Ça fait de mal à
personne. Pas à moi en tout cas.
L'ambiance du bar est feutrée, pénombreuse.
Éclairage rare, tamisé, quelques spots
çà et là. Ça met les dames en
valeur. Et les mecs donc! Ils en ont plus souvent besoin que
nous, les pauvres chéris. On ne voit pas toujours
clairement ce qu'on a sur la table, ok. Mais l'important se
trouve surtout dessous. Si on ne distingue pas une noix de
cajou d'une cacahouète, on peut trouver son trou du
cul tout seul ; un autre encore plus facilement. Affaire de
doigté. Aller dans un bar est un acte existentiel. On
y va pour boire, d'accord, aussi pour rêver,
réfléchir, prendre des décisions... et
pour draguer, je n'en disconviens pas. Paulo a une
expression pour ça. «Je vais à la
pêche au thon», il dit. Pas un modèle de
finesse, Paulo, mais ça explique bien ce qu'il fait.
C'est comme ça qu'il m'a remontée un jour dans
son chalut.
Le premier qui ricane, je lui retourne une beigne. Je me
les sers moi-même avec assez de verve, mais je ne
permets pas, etc. Seul défaut d'Al-Qamia: sa liaison
avec son coloc, un didji. Il est bi. C'est son droit, mais
pas mon envers. Enfin bon. Quand on est ensemble ça
se voit pas. D'ici à ce que d'aucuns me supposent un
louque garçonnier, y a pas loin mais ils se trompent.
Plus glamour que moi tu meurs. Je kife aussi le hard metal,
mais dans le calbute.
Pour en revenir au Cirrho's, faut que j'me tire, eskuz:
j'ai rendez-vous (hands up) avec un keum trouvé sur
internet. Curieuse de voir sa chtron quand mon barwoman
viendra me vaporiser les amygdales.
A+
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ESPÈCE
D'ESPÈCE
Il paraît que la seule préoccupation des
animaux c'est le sexe, ce qui nous distingue d'eux. Ah bon?
Je ne dois pas être tout à fait normale, mais
personne ne s'en plaint. On dit aussi que plus ils avancent
en âge (les animaux), plus ils deviennent
obsédés. Les vieux éléphants
seraient spécialement chtarbés (palme d'or).
Je confirme. Tous les vieux éléphants que je
connais dans l'espèce humaine sont comme ça.
Plus libidineux tu meurs. Leur vieille trompe se balance
toujours pour attirer caresses et cacahuètes.
Attention, je suis pas nécrophile! juste un peu
chaudasse, d'où que ça vienne. Ne crachons pas
dans la soupe. Seulement sur le gland quand y faut. Moi
aussi, un jour, je serai une vieille
éléphante, trop heureuse d'accueillir
plusieurs machins bien verts dans mon truc distendu. Total
respect!
En attendant, je me fabrique des souvenirs. J'accumule.
Ja cul mule. J'éjacumule. Pour les longues nuits
solitaires, les jours désertiques. C'était
comment, mamie, quand tu baisais? T'as pas idée. Bien
avant que les babouins qui t'ont conçu aient compris
qu'ils auraient mieux fait de se branler. Raus!
Si la perpétuation de l'espèce me
paraît vitale pour les animaux, elle me semble tout
à fait inutile concernant l'homme.
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Journal
litièraire
(supplément
sportif)
Juillet
Décide de tout ranger: la baraque, les placards,
mon petit coeur. Vaste entreprise (je parle du dernier).
Importantes options à choisir. Par exemple les mecs.
Plus question qu'ils squattent mon appart, me prennent pour
leur bonne et monopolisent la télé à
l'époque des compét. Un mec c'est le foot.
Putain la vache! bière et foot disaient les Robins.
Ça vole pas au-dessus du gazon (le mien compris).
Après le match il s'enferme dans les chiottes pour
pisser (la bière). L'autre mec c'est le tennis. La
sono au max transformant le living en franc-comtoise sous le
ploc régulier des balles. Plus les "han" qui te font
penser que d'autres se tapent la partie de jambes en l'air
que t'as pas eue. Manque de pot (3e mec) y a aussi le tour
de france (j'écris en minuscules, ça
mérite pas mieux), les internationaux
d'athlétisme... T'as cru malin de courir 3
lièvres à la fois pour manquer de rien. T'es
servie, mignonne! Pas de chance, t'es tombée sur des
sportifs de l'écran plasma! J'ai viré tout le
monde et je me tape des dessins animés non-stop en
compagnie d'un bon vibro. Mais j'ai des vues sur Nora, une
adepte du yoga. C'est bien, ça, pas bruyant,
tranquille. On peut la mignoter pendant qu'elle
médite, ça la dérange pas. Je le sais,
j'ai essayé. Mais je suis sûre qu'elle
dédaignerait pas de me prendre comme centre de ses
méditations. Bon pour l'ego. J'aime bien faire
centre, moi.
Putain!!!... qui a dit avant-centre???...
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Journal
litièraire
(dernière non-parution)
15 août
Aujourd'hui fête de la Vierge. Pas
concernée: longtemps que je le suis plus. Puis
l'Assomption vous savez ce que c'est, vous? Entre les
assomptions, les ascensions, les consomptions, je m'y perds.
À force de fréquenter Jacob et Delafon, je
mélange Otis-Pifre avec Schindler, Roux &
Combaluzier. L'impression d'émerger d'un escalator
avec la nausée. Ce doit être le voyage au
Népal d'où je reviens. J'y ai beaucoup appris,
c'est-à-dire rien. Pourquoi le Népal? Pourquoi
pas, dirait Cocteau... Lacan, Sollers, Duras, Sarraute,
Darrieussecq, Cumouillé, qui vous voudrez. J'en
rapporte une pacotille inutile, quelques beaux souvenirs et
des gonocoques. Ces derniers, les plus durs à passer.
Pas tout de baiser, faut pas se faire baiser.
16 août
Illumination! C'est le lendemain de la veille. Vais
essayer de tenir toute la journée avec ça.
20 août
Repense au vieux proverbe nepalî (vous en
connaissez de neufs?): on ne se baigne jamais deux fois dans
le Gange. Bien sûr, le coup d'après vous
êtes mort! Cette remontée d'huile me surprend
comme un renvoi de ragoût de yack. Si la gastronomie
régnait à Biratnagar et Bharahawa, ça
se saurait.
19 septembre
Ne pas oublier le 29 (Saint-Michel), ou le Rédac
va me faire une grossesse nerveuse, je vous dis pas la
galère! Peux pas m'offrir ça en plus de la
virée himâlayenne. Un rédac c'est pire
qu'une septicémie. Une neufticémie au moins.
Le Phare retentit encore du vacarme de la dernière,
qui nous valut des mégatonnes de cars japonais
l'ayant inclus dans le circuit des lieux hantés.
30 septembre
Merde! J'ai oublié le 29...
1er octobre
Le Rédac a eu un beau bébé, 1m76 et
85 kg. Il s'appelle Jean-Pierre.
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Journal
litièraire
(Prix à débattre)
5 octobre
Grande décision ce matin: c'est
décidé, je présente un prix
littéraire! Reste à trouver lequel. Ça
commence bien: j'ai déjà une
répétition.
6 octobre
Bon, y a le Goncourt (trop gon). Le Renaudot (qui
m'évoque les chaînes de montage). Le
Fémina (et ta soeur?). L'Interallié (mais
chuis antimilitarisse). L'Agagadémie française
(un oncle à l'asile ça suffit). Le Prix du
Quai des Orfèvres (on baisse, là, et j'aime
pas trop les polars). Les polars, c'est comme la sf, faut
savoir de quoi qu'on cause. Ça s'improvise pas,
contrairement aux vaticinations zintimes où tu peux
raconter ton dernier bobo, ton ultime pizza, le goût
de la gîte à bulles... Finalement, le seul qui
m'irait bien au teint, ce serait le Nobel. Mais faut des
relations, toute une vie méritante de
tâcheronne, de forçate de
l'écritoirtoire. Et t'as intérêt
à savoir ce que tu dis. Quelque chose entre
Mère Thérésa et Louise Michel. Trop
tard. J'ai plus la santé.
Je vais quand même pas me contenter du Prix des
Lycéens, des Auditeurs de France Q, des Amis du Rail,
des Frigoristes, des Techniciennes de Surface... Bien qu'il
y ait pire. Tiens, je m'invente mon propre Prix et je me le
gagne, fatal! Un truc qui fait kilt: le Prix des Machos. On
en manque.
8 octobre
Plus j'y pense, plus ce Prix des Machos me tente. J'en
parle à Cyril pour qu'il fasse Président.
D'abord il se vexe, puis il se marre, puis il accepte
à condition d'être payé en nature et de
choisir ses membres, rôle qui m'est habituellement
dévolu. Je sens qu'on va pas s'ennuyer et que les
media suivront comme un seul homme. Je vois
déjà d'ici la gueule des Chiennes de Garde,
ça me console de mes soucis.
15 octobre
Bon, je m'y mets demain.
16 octobre
Demain.
20 octobre
Pourquoi j'arrive jamais à tenir mes promesses?
Quand c'est à moi que je les fais, c'est pire. Parce
que je sais que c'est pas trop grave, que je gueulerai pas
trop fort, m'en voudrai pas trop. Que ça porte pas
à conséquence (encore une fois qu'elle aura
rien, celle-là). Je vais vous dire, je suis trop
faible avec moi. Je me passe tout. Faudra que je
m'éduque un peu plus fermement.
29 octobre
Je réalise soudain qu'il est trop tard pour les
prix littéraires cette année. Ça tombe
très bien: il me reste la vie devant moi pour ceux de
l'an prochain. J'aime autant. Je vais faire ça
tranquillos, sans me fouler l'os du foie. On a le temps.
D'ici là, Delon passera sous les pots.
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Journal
litièraire
(Cuvée
2007)
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J'espère que je vous ai manqué.
Où en étions-nous, je ne sais plus.
Je ne me relis jamais. Horreur de ça.
Coquette comme je suis, c'est une coquetterie que
je n'ai pas. Il paraît que je ne suis pas la
seule. D'autres (le Rédac) parlent de
professionnalisme, de politesse, de correction.
Aïe, le mot qu'il ne fallait pas prononcer!
Désolée, patron.
Il m'arrive pourtant de me regarder le cul dans
la glace et, s'il me plaît (les jours de
soleil et d'humeur mutine), j'insiste, je le mets
en valeur, je l'améliore, l'admire si
je suis in ze moude. Ouais, bon, vous me
connaissez. Vous ne retrouveriez pas la salope
habituelle, vous seriez déçus
(valable pour toi aussi, Rédac).
Tiens, j'ai oublié la date. Tant pis. On
est en janvier, pas? En janvier donc, je me remets
à exister. Et je pense à tous ces
écrits, ces films qui, pour faire
authentique, indiquent un lieu, une date
précise. Foutaises. L'important, c'est ce
qui se passe. Et chez moi c'est clair, il ne se
passe rien. Ce n'est pas moi qui le dis, c'est
Patrick. Aussi, après avoir viré
Papa, j'ai sauté sur Cannelle. Que Patrick,
paraît-il, furieux de son éjection,
appelle Caca. On pouvait s'y attendre. M'en fous
(elle itou). Le chevalier du ciel ne vole qu'en
rase-mottes. C'est bien ce que je lui
reprochais.
Le Rédac -- dit le Grand Virtuel --
adopte des guépards zébrant les
arbres, les tapis, des sillons de ses sabres. Ma
panthère à moi se fait les griffes
sur mon dos, mon ventre. Elle marque son
territoire. J'adore. On se tape des ptidéj
monstrueux, à poil, mordant les fruits
juteux en affamées, riant comme des folles.
Les voisins, résignés, beurrent leurs
biscottes, méditant les dernières
catastrophes de Radio Poubelle. Pour eux, le petit
jour est une galère de plus ; ce n'est pour
nous que l'entracte d'une nuit qui se poursuivra
selon notre fantaisie.
Lu L'Élégance du
Hérisson de Muriel Barbery, le bouquin
calé sur les reins de Cannelle, un doigt
dans son minou (à Cannelle). C'est plein de
chats (le bouquin) et l'auteuse, une petite
surdouée qui ira loin si les gros cochons la
mangent pas. Dans un premier temps, j'ai
admiré la maîtrise de la langue
(écrite) et puis, Cannelle me suppliant de
multiplier les séances de lecture, me suis
aperçu qu'on ne peut abuser une groupie du
Rédac tant qu'on utilisera bruisser
à la place de bruire, c'était sans
compter avec au lieu de compter sans et
qu'on oubliera que chic reste invariable
quand il est adjectif (comme bidon). Au
turf, Mumu, ou alors viens nous rejoindre!
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Journal
litièraire
allegro
assai
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2 février
Ça donne 2/2. Donc 1. Fascinant.
3 février
Pratique, la numérologie. On lui fait
dire ce qu'on veut. Ça passe le temps. Mais
celui qu'on perd à rechercher ce qu'on veut
dire, je vous dis pas! Cela dit de quoi se
plaint-on? Puisqu'il passe. Le temps. Tonton
Marcel, qu'a-t-il fait d'autre avec sa
Recherche? J'aime bien la reprendre de temps
en temps. Elle n'est jamais bien loin. J'ai pas
à la chercher longtemps. Juste un peu
d'aventures et de poussière par-dessus.
Consolation: mon Albertine à moi n'a pas
disparu. Elle s'est endormie contre ma cuisse et
elle a un beau cul. J'aime bien la reprendre aussi
de temps en temps. N'ai pas à la disputer
à la poussière. Pas encore.
4 février
C'était quoi ce coup de blues? Dois-je
surveiller mes lectures ou mes
fréquentations? Les deux peut-être. Ou
mon transit intestinal.
10 février
Milou à l'interphone. Pratique,
l'interphone. Encore plus que la
numérologie. Surtout avec une
caméra-espion. T'es là,
Mona? Sûr, coco. Je bouge pas. Je
sais que tu es là. Ben pourquoi tu
demandes? Quelques délicieuses secondes de
silence. Si tu voyais ta tête, Loulou!
Forcément il la voit pas. T'es
peut-être pas seule? En plein dans le
mille, Émile! Curieux, les éclairs
d'intelligence chez ces petites bêtes! Titine
grogne dans son sommeil: Qui c'est? -- Milou.
-- Encore! Ben oui, encore. C'est fou ce
qu'elle dort, la chérie. Elle
récupère, paraît. Faudra que je
lui apprenne les vertus de la perversité,
réactive son petit cratère. Bon
ben... fait Milou à l'interphone.
Silence radio, pas d'image. Il a dû partir.
Je saurai jamais la suite et je m'en tape. Par
contre, je me tape Titine. Par contre. Tiens, elle
est réveillée!
13 février
Réveillée en sursaut par Albertine
qui me secoue: Tu dors, Mona? Ben oui
je dors. Plus maintenant. M'agace, cette petite,
manque de mémoire. Ma mère aussi
avait la sale manie de faire irruption dans ma
chambre en beuglant Tu dors, Mona?
Question stupide. Les fois où j'ai eu envie
de répondre oui maman, je les
compte plus. Une façon de faire remarquer
qu'elle dormait pas, elle. De me culpabiliser. Se
saignait aux quatre veines pour moi. Me reprochait
d'être là, quoi! À qui la
faute? On est toujours la mère de quelqu'un.
Pas moyen d'y couper.
20 février
En faisant mes courses (faut bien, de temps en
temps) je repère de loin Milou. Il ne m'a
pas vue. Je me planque illico comme dans les
polars. Et puis tiens, je vais le suivre mine de
rien! Il erre telle une âme en peine, tourne,
va, revient. Je retrouve un paysage connu. Rien
d'étonnant, on est en face de chez moi. Il
lève le nez vers mes fenêtres. Sale
espion! Hésite, traverse. Va sonner à
l'interphone. Ce culot! Avec un
grésillement, la porte s'ouvre. Titine,
espèce de petite vipère, je t'avais
bien défendu!... Un moment, je suis
tentée de débarquer là-haut
dans la kermesse sans crier gare, non pour basculer
dans le stupre, mais pour voir ce qui se passe.
Serais-je jalouse? De qui? Je n'aime pas ça.
Trop dangereux. Puis, trop de déplaisants
souvenirs: d'expériences passées, de
vaudeville, de ridicule. J'ai ma fierté,
après tout! On ne gagne jamais rien à
vouloir être édifiée...Titine
et Milou, qu'est-ce que ça peut bien faire
ensemble? Deux minutes plus tard j'ai ma
réponse: Lovelace ressort avec l'empreinte
cuisante d'une main sur sa joue d'éconduit.
Bien fait! Il file sans demander son reste et moi
je regagne mon pigeonnier, décidée
à faire voler les plumes de Chochonette. La
séance est orageuse. Les portes claquent.
Les fesses aussi.
24 février
Mais qu'est-ce qui a pu prendre à Titine?
La curiosité! Cette sacrée
curiosité qui nous dévore toutes,
nous fait commettre toutes les bêtises. Comme
si nous avions besoin de raisons
supplémentaires, nous qui passons pour en
être si dépourvues! N'empêche,
maintenant je me méfie d'Albertine. J'ai
l'impression qu'elle me cache quelque chose. Quoi?
Un sentiment? un objet? Un objet, ce serait plus
facile.
27 février
C'est un objet. Je découvre entre deux
slips un journal intime. Bravo! je fais
école et n'en suis pas ravie. Aurait-elle
trouvé le mien? Catastrophe!
28 février
Non. C'est un manuscrit. Un cahier
d'écolière rempli d'une sage
écriture d'écolière un peu
brouillonne étalant, dans un flou
méticuleux, les premiers émois d'une
petite provinciale à la recherche d'on ne
sait quoi. Et le titre annoncé par cette
bécasse d'Albertine est inattendu:
À l'ombre des jeunes fleurs en
filles.
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Journal
litièraire
l'oeuf
dure
(verbe
durer)
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10 avril
Si j'avais su que c'était aussi
pénible de pondre, j'aurais fait dans le
bricolage. Ou la galanterie.
12 avril
J'ai fait dans la galanterie... mais je suis
nulle en bricolage. Quoique la galanterie,
ça reste encore à voir. Je suis
douée pour quoi au fond? M'attirer des
emmerdes, c'est sûr. Les seules de ma
connaissance à n'en plus avoir habitent des
résidences secondaires, chicos, dans le
calme et la verdure: ça s'appelle des
cimetières. C'est moins triste qu'on ne le
dit. C'est même très agréable,
en surface du moins. Dessous, je ne sais pas. C'est
ce qui m'inquiète. Les emmerdes, finalement,
sont de bons vieux gros pulls de vivants.
Même troués cradingues, ça vaut
peut-être mieux.
13 avril
Coup de bourdon hier, on dirait. Je philosophe,
je philosophe... c'est dur! (Voir titre.)
Putain! vendredi aujourd'hui! Vendredi 13! Faut
exploiter ça. J'achète un billet de
loterie, une demi-douzaine de flashes loto,
quelques cartes à gratter. Et bingo! je
gagne rien!!! Comme d'hab.
Je vais vous dire: pour avoir de la chance, faut
du bol. Le leit-motiv de L'Arnaque me tourne
dans la tête.
15 avril
Pour en revenir à ma ponte, je
décide qu'il serait temps de trouver un
sujet de préférence porteur, qui
m'allégerait d'autant, et m'avise que le
titre de la pièce de Ionesco, L'Avenir
est dans les oeufs, outre juste n'est pas si
mal trouvé. Il me revient aussi qu'un paquet
de pontes contient le mot oeuf comme par
hasard. À commencer par L'Oeuf de
Félicien Marceau. On ne fait pas plus
évident. L'Oeuf et moi me plairait
assez, mais j'arrive trop tard. Les Oeufs de
l'autruche de Roussin: un peu mégalo. Et
puis zut! une oeuvre se réduit-elle à
son titre? Souvent. L'horreur, c'est quand il n'y a
que lui de bon. Et je repense à cet auteur,
que je crois bien avoir inventé, dont la
production se résumait à une kyrielle
de titres qu'il ne lui restait qu'à
écrire et s'alignaient fièrement dans
sa bibliothèque sur de luxueuses reliures ne
recelant que des pages blanches.
J'en suis à peu près là...
Sauf que je n'ai pas les titres.

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Journal
(entracte)
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Je me suis mise en vacances. Un coup de
tête. Marre de tartiner du vécu,
d'indiquer la date, les dates. Personne les lit.
Tout le monde s'en fout. Moi ça me permet de
m'y retrouver. Surtout de gagner du temps, de
l'espace. De loin en loin placer un effet à
retardement. Plein le Q.
Je me suis barrée à l'autre bout
de la terre. Abandonné les copains, les
copines, les fricotages, les histoires de fesses,
les hautes considérations niveau
rase-mottes. La gueule du Rédac à mon
retour! Ça valait le coup de partir!
-- Tout baigne? y me fait, louchant sur mon
bronzage. Ça brûle pas trop?
-- Compte pas sur moi pour te montrer ma raie au
beurre noir! (J'ai rien contre les vieux
obsédés sauf quand ils sont
vieux.)
Je sais pas comment il fait, mais je crois qu'il
a perçu ce que je viens de mettre entre
parenthèses. Il m'a re-regardée,
l'air sévère:
-- Bien sûr, ici on pouvait crever!
-- Je le dirais pas comme ça mais c'est
le sens.
Il pouvait rien dire: toujours prétendu
apprécier ma franchise. Il a produit un
bruit qu'on écrit gloup quand on
est une feignasse. Je suis une feignasse. Et donc
suis allée feignasser à
l'extrémité pacifique de la
planète. Dans les atolls, les palmes, le
corail. Loin des faux civilisés et des vrais
emmerdeurs.
Que je croyais. Car le premier naturel de
l'étape sur lequel je suis tombée par
hasard, surgi d'un palétuvier, avait un
ordinateur portable en bandoulière et
s'exclama en me voyant:
-- Mona Moowe! Mimizelle Mona Moowe! Ah pitain
d'mes ancêtwes! Le Phawe à
Tipoula-Poula! Quel honneuw! Vite, un tiawé
pou miss Mona! Hi les potes, ah bin! bougez votwe
boutique-mon-cul (ou quelque chose d'approchant),
ce soiw on fait fawé et le cochon
gwillé, les mangues et les bananes, les
langoustes et le siwop-gendawme twop plein fiou pou
twinquer à la santé du Wédak
et de finékip, ah mais ouais!
Le soir venu, je n'y coupai pas. On produisit un
tel vacarme, un tel bordel que les crabes-tambours
émigrèrent en masse et que les
cacatoès filèrent à
Mahuva-Huva après nous avoir chié
dessus. Et je devais répondre à une
montagne de questions aussi sottes que grenues: et
les dernières stats, qu'est-ce ça
donne? et la Rédaquette, koikékass au
taekwondo? et la concierge, elle aime toujours
autant kwika-kwika avec du chocolat? (ouh cella une
luwonne!) Pourquoi vous venez pas vous installer
ici, ça nous donnerait alabibine, labibi,
alibi arroser ça tous les soirs. On pourrait
faire semblant travailler, fourguer tikis,
pratiquer commerce, pomper touristes. Gauler
pépètes à Communauté.
Trafiquer mafia russe. Poulo-Zeudor à
Tipoula-Poula!
Autant dire que je me suis barrée vite
fait de Tipoula-Poula. Émigré sur un
récif volcanique avec trois cocotiers (ici,
tout est volcanique), en compagnie de quelques
tortues pas ninjas, délicieusement coites,
paisibles et non branchées internet. Juste
un petit gratt-gratt dans le cou au lever du
soleil. À moi la bronzette intégrale
et le silence radio. Plus les huîtres.
J'adore les huîtres. Silencieuses, les
huîtres. Très bon pour la ligne. Le
lait de coco aussi. Pas trouvé de perle.
Tant pis. Dans les conserves de lentilles,
seulement des cailloux.
Heureusement, le Chinois avec qui j'avais
négocié à prix d'or mon retour
avec son silence ne m'a pas oubliée. Il a
tenu parole. Il est venu me chercher le jour dit
sans m'abrutir de questions: je l'avais choisi
muet. On a juste failli retourner l'embarcation
à force de gigoter dans un kwika-kwika
à stupéfier les concierges (retard
à rattraper). Les Chinois c'est très
bien, n'en déplaise au songe-creux de la
chimère et du tire-bouchon.
Et me revoici.
Alors, heureux?
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Journal
litièraire
Reprise (à
l'oeuf)
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1er octobre
La rentrée littéraire, il
paraît. Je vois pas rentrer grand monde.
Comme dans mon appart. À force de virer les
inutiles, je me sens parfois un peu seule.
2 octobre
Pas de blème: je ne m'ennuie jamais en ma
compagnie. C'est la présence des autres, qui
me pèse. Les petits malins et leurs blagues.
Ceux qui se croient irrésistibles. Celles
aussi. Plaise au ciel que je ne sois pas le boulet
de quelqu'un. J'essaie d'être la plus
transparente possible. Disons translucide.
Irradiante les jours de superforme. Mais
aveuglante... allons-allons, restons modeste!
5 octobre
-- Tu m'as tapé dans l'oeil, me dit Nico
comme un reproche. À titre d'excuse. C'est
l'évidence, il se paye un beau cocard: je
lui ai foutu mon poing sur la gueule parce qu'il
s'est cru autorisé à me mettre la
main au cul. Et puis quoi encore? Oh, je sais bien
à quoi il pensait! Pas très original.
Ils y pensent tous. Ça m'arrive aussi. Mais
c'est quand je veux.

8 octobre
Même Woody Allen est sans surprise.
Acheté le dernier paru. Toujours aussi
new-yorkais, aussi juif, humour juif new-yorkais.
Spécial mais comme d'hab. À se
tordre, d'accord. Tout le monde peut pas en dire
autant et je laisse les condors de
stratosphère à leurs
génialeries prétentiardes. Pourtant,
Woody, s'il te plaît, étonne-moi!...
Pardon d'être la chieuse de service. C'est un
rôle qui me va comme un gant.
12 octobre
Ça devait arriver! On m'a
présenté un éditeur. Je veux
dire un éditeur qui a flashé sur mon
cas. Ou sur mon cul, ça reste à
définir. Je devrais, dit-il, lui pondre
quelque chose. Il croit. Il est sûr. Il sent
la bonne affaire. À définir, encore.
Pondre quoi? Me prendrait-il pour une Leghorn?
Je vous tiens au courant.
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Journal
litièraire
Nique ta mère
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13 novembre
Longtemps que je n'ai vu ma mère (je m'en
garde bien). Elle me tombe sur le dos sans crier
gare. Elle l'aurait crié, je fusse
tété zabsente. On dit que le 13 porte
bonheur. Sauf à moi. Monmon déferle
comme un tsunami sous prétexte de saga
médicale, check-up et naninanère...
Tu verras, chérie, quand je serai plus
là, tu la pleureras ta mère... Elle
essaie de m'attendrir, c'est-à-dire de me
culpabiliser. Plutôt crever (la voir
crever).
14 novembre
Ma mère est une emmerdeuse. Je tiendrais
d'elle, prétend Bodo ses jours de rogne
après moi. C'est injuste parce que je
chipote que pour des broutilles, de petites
zutes sans conséquence ni rien
derrière la tête (puisque j'ai pas de
tête). Ma mère est une
égoïste abyssale qui voit l'univers
tourner autour de son nombril. Autour du mien
n'orbitent que des prétendants quantiques
à mon trou noir. À part ça, je
suis d'une infinie simplicité.
18 novembre
Ma mère m'engueule sur les horaires
anarchiques de mes repas. Mauvais pour ma
santé, dont elle se fout éperdument.
Et à cause de qui qu'on mange à pas
d'heure? D'une monstresse débarquant sans
prévenir et vous bassinant de ses
microproblèmes, tandis que votre estomac
crie famine, gargouille, fait des noeuds. Sourde
à d'autres jérémiades qu'aux
siennes propres, elle trouve urgent de communiquer
ses priorités et de toute façon ne
vous écoute pas: elle n'écoute
qu'elle seule. Très attentivement. Dommage
que vous n'en fassiez pas autant, elle se charge de
vous le reprocher. Monmon est l'exigence morale
incarnée. À peu près comme un
ongle. Plus on insiste, plus c'est douloureux. Elle
insiste. Comment son homme a pu la supporter? - En
pliant bagage pour le crématorium (moins
cher). Après avoir fait chambre à
part, bourse à part, bande à part,
beau temps qu'ils faisaient vie à part. Tu
te demandes pourquoi les jeunes s'obstinent
à convoler? Pour faire chier les vieux.
22 novembre
-- Toujours pas mariée? attaque ma
mère, sarcastique.
-- J'y songe parfois. Je pense à toi et
ça passe.
-- Un enfant... t'as pas envie d'un enfant?
-- T'avais envie, toi? Regarde le
résultat!
-- Ma pauvre Mona...
Quand elle reste court, je deviens sa pauvre
Mona. On entre dans la zone sous douane de son
affection. Halte! Sortez du véhicule.
Papiers. Ouvrez le coffre. Quelque chose à
déclarer?
-- Rien. Nada. Néant. Ouallou. Le coffre
est vide. Moi aussi. Comme toi.
-- Tu m'aimes?
-- Chuis pas maso. Mais toi c'est sûr,
t'es sado.
27 novembre
À ce propos, elle me lance:
-- Sais-tu ce que ton père m'a sorti de
plus cruel?
-- Non. Cruel, papa, cet ange de douceur! (Je
n'ose imaginer autre chose de plus choquant que des
mots.)
-- Que tu me ressemblais!
28 novembre
Qu'est-ce que je devrais dire, moi!
Heureusement, c'est pure méchanceté
de sa part (à elle), car je ne la crois pas
une seconde. Si cela s'avérait exact, je
ferais immédiatement le vide autour de moi,
selon la fable tenace, désastreuse, que qui
voit la mère et la fille ensemble, peut
deviner en un clin d'oeil à quoi ressemblera
la fille plus tard. Il me faudrait trouver un
couvent quatre étoiles et me passer de sexe
ad vitam si cette improbable catastrophe devait
arriver (me voir à côté de
Monmon).
Ce que je lui dis pas, à Monmon, c'est
que si niet mariage, c'est que jamais,
jamais je ne jouerais le sale tour
à un mec, fût-il le dernier des
salauds, de lui offrir ce poison pour
belle-mère...
30 novembre
Pourquoi je lui dis pas?... Après tout,
si elle continue à me glander, je lui crache
le morceau!
Ou pour la Fête des Mères.
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JOURNAL
LITIÈRAIRE
(l'envers vaut l'endroit)
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20 décembre
Mon éditeur d'octobre se remanifeste.
Vieux motard que jamais. Tout d'un coup, il me
rappelle à son bon souvenir. Il a dû
se faire larguer par sa suceuse et donc
éprouve comme du vague à l'âme,
si on peut appeler ça comme ça. On
peut. Je suce pas mal, je dois dire. Il le dit
aussi. Un peu court comme jugement
littéraire. Car il insiste pour me publier.
Ça le reprend! Après tout, j'aurais
mauvaise grâce à ne pas
m'exécuter, et je vous laisse deviner
à quoi j'alluse. Quand une tueuse
médiatique me posera la question qui
fâche: «Pour être
éditée, faut coucher?», je
pourrai répondre en toute innocence
«Même pas!», discernant dans son
oeil rêveur comme une lueur de
déception.
-- Mais quoi? tu attends quoi? je demande
à Tito, l'éditeur.
-- De toi, tout!
Il me laisse méditer. Je médite.
Il m'édite.
-- C'est-à-dire?
-- C'est toi l'auteuse, non? Tu
préfères auteure?
écrivaine?
-- Je m'en tape.
-- Sans charre, je te crois capable de
surprendre.
Ce qui me tanne, chez ce vieux (5 ans de plus
que moi), c'est qu'il cause comme un vieux. Mais il
a raison de me brosser dans le sens du poil, bien
que je sois épilée partout et que
ça le rende dingue.
-- T'as une idée du titre?
Je sursaute. De quoi parle-t-il?
-- Essentiel, le titre. C'est ça qui fait
vendre. Pense à Simone (de Beauvoir) et ses
Mémoires d'une jeune fille
rangée. Tout le monde a cru que
c'était du porno, cette tisane. Partie comme
des petits pains. Et puis Simone avait un beau cul,
on le sait maintenant. Tous les espoirs
étaient permis.
-- Le mien n'est pas mal non plus.
-- Justement.
-- Dis donc, t'es éditeur ou
maquereau?
-- Dans tout éditeur, il y a un maquereau
qui sommeille. Et vice verso.
-- Versa.
-- Verso. Tourne-toi, chérie...
Il me plaît de plus en plus, ce con.
23 décembre
Trouvé le titre: Cause à ma
tête, mon cul est malade. Tito adore.
J'adore Tito. 15 partout.
25 décembre
Souvenir confus du réveillon. Que
s'est-il passé exactement? On s'est
réveillé (Tito très tard)
plutôt comateux, entourés de cadavres:
ceux des bouteilles et de nos illusions.
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JOURNAL
LITIÈRAIRE
(retour à la vie)
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1er mars
Coucou, me revoilou!
-- Tu ne vas pas leur envoyer ça!
s'indigne Tito.
-- Envoyer quoi?
-- Coucou me revoilou comme signal de
rentrée littéraire. Tu imagines
Platon expliquant ainsi l'apparition du dernier
Dialogue!
-- Un, j'envoie ce que je veux. Deux, s'il
l'avait fait, on le lirait peut-être
davantage. Trois, je ne suis pas Platon, je
préfère être moi. Quatre, je ne
fais pas de rentrée littéraire. Ce
n'est pas le moment et je n'ai pas cette
prétention. Cinq, j'entre et je sors quand
je veux. Six...
-- Stop! Je te rappelle que je suis ton
éditeur (merde, j'avais oublié | |