Michael Moore

 

 

 

 

Lecteur français, salut !

 

Quand j'ai appris vers la fin de l'année 1999 que Michelin avait décidé de licencier 7 500 salariés juste après avoir annoncé des profits records pour cette année, j'ai cru que c'était une blague. J'ai pensé: pas en France et pas comme ça. Les Français ne laisseraient pas faire. Bien sûr, nous les Américains, cela fait deux décennies que nous subissons les effets de cette soif du gain, mais la France, quand même... la France, c'était autre chose. C'était un pays qui mettait le bien-être de ses citoyens avant l'obsession du profit. C'était un pays qui reconnaissait la valeur du travail et qui avait établi un contrat social implicite: si vous travaillez dur et que votre entreprise prospère, vous aussi vous pourrez prospérer. C'était un pays où les syndicats étaient puissants et où les entreprises n'osaient pas trop abuser des travailleurs.

Pour résumer, la France était le genre de pays où nous vivions jadis.

Mais tout ça, c'est fini, et cette France-là n'existe plus.

La décision de Michelin de punir ses salariés pour leur contribution à la prospérité de leur entreprise, une des plus riches du monde, peut être interprétée comme un tournant majeur: elle marque le jour où la France a décidé d'ignorer sa tradition d'équité et de décence et de déclarer la guerre à son propre peuple.

Vous ne pouvez pas savoir à quel point cette nouvelle m'a affecté. Quand je l'ai apprise, j'avais envie de monter en haut de la tour Eiffel et de pousser un grand cri d'alarme: «Françaises, Français, pour l'amour de Dieu, reprenez vos esprits ! Ne laissez pas la France devenir les États-Unis ! Sauvez votre âme ! Levez le nez de vos verres de bordeaux et de vos desserts scandaleusement riches que vous arrivez à dévorer sans devenir obèses (un véritable mystère pour nous, les Américains) et révoltez-vous contre cette folie ! C'est aujourd'hui qu'il faut agir, sinon vous allez rapidement vous retrouver scotchés devant la télé, hypnotisés par des rediffusions de shows débiles et complètement accros au base-ball !»

 

 

Donnez pour l'Amérique !

 

CAS N° 156

SHANNON COUNTY, DAKOTA DU SUD

Avec un taux de chômage non officiel oscillant entre 80 % et 90 %, Shannon County, site de la réserve indienne de Pine Ridge, est le comté le plus pauvre des États-Unis. Le revenu moyen annuel y est de 3 147 dollars, moins qu'au Mexique, en Argentine, à Singapour ou en Corée du Sud. Un domicile sur quatre ne dispose pas de sanitaires. Le taux d'alcoolémie mortelle y est neuf fois supérieur à la moyenne nationale. Et le Congrès a réduit des deux tiers l'aide sociale au logement destinée à Pine Ridge.

Y a-t-il un pays disposé à construire des logements et à aider nos concitoyens ? Envoyez votre aide à:

Oglala Sioux Tribe

PO Box H

Pine Ridge, SD 57 770

 

 

CAS N° 71

EL MILAGRO, NOUVEAU-MEXIQUE

Cette localité peuplée essentiellement d'immigrants mexicains itinérants est l'un des 1 400 villages du même type qui ont poussé comme des champignons au Texas et au Nouveau-Mexique. Ils sont habités par plus de 500 000 personnes, dont moins de 20 % sont raccordées à un système d'évacuation des eaux usées. Un quart d'entre elles n'a pas l'eau courante. Nombreux sont ceux qui n'ont pas l'électricité ou le téléphone. Certains coins du Bangladesh sont mieux équipés que ça. Ces conditions peu hygiéniques n'ont pas manqué d'entraîner la multiplication de maladies généralement réservées au tiers monde: choléra, dysenterie, hépatite et dengue.

Pouvez-vous nous envoyer une équipe de plombiers qualifiés ? Contact:

Colonias Development Council 1485 North Main Street

Suite C

Las Cruces, NM 88 001

 

 

CAS N° 922

ÉPIDÉMIE NATIONALE DE TUBERCULOSE

On pouvait croire que cette maladie était définitivement éradiquée aux Etats-Unis, mais elle est de retour et progresse régulièrement. En janvier 1996, quinze millions d'Américains en étaient affectés. Vingt-six mille nouveaux cas étaient recensés à travers le pays en 1994, contre seulement 22 930 au Kenya. Avant que nous ayons perdu toute chance de contrôler l'épidémie, nous avons désespérément besoin d'aide.

Si vous avez combattu avec succès la tuberculose dans votre pays, expliquez-nous votre méthode, SVP. Envoyez vos informations (sur carte postale uniquement) à:

Centers for Disease Control 1 600 Clifton Road NE

Atlanta, GA 30 333

 

 

CAS N° 701

NORTHFORK, VIRGINIE DE L'OUEST

«Ici, la situation médicale est pratiquement celle d'un pays du tiers monde comme le Ghana», explique Christian Anderson - un médecin ghanéen à propos de cette petite ville des Appalaches. Nommé à la tête de la clinique locale, Anderson n'a pas réussi à attirer un seul médecin américain à Northfork. De fait, Lisa Meredith, qui travaille également dans la clinique de Tug River, a déclaré au quotidien Tampa Tribune qu'elle ne pouvait pas imaginer qu'un médecin né aux États-Unis puisse vouloir travailler dans le comté de McDowell. Seuls des médecins d' autres pays du tiers monde acceptent d'y venir pour acquérir une formation qui leur servira plus tard chez eux. Dans le cadre de son programme d'aide au tiers monde, Apple a fait cadeau au personnel de la clinique d'un Macintosh à 2 500 dollars. C'est ce qui leur est arrivé de mieux depuis longtemps.

Quel pays est-il prêt à nous envoyer d'autres médecins et de l'argent pour acheter des médicaments ? Appelez la clinique de Tug River au (304) 862-2 588.

 

 

CAS N° 001

WASHINGTON, DC

La capitale des États-Unis possède son propre tiers monde à domicile. Outre le fait qu'elle a le taux de criminalité le plus élevé du pays et le plus grand nombre d'habitants dépendants de l'aide sociale, elle affiche aussi le plus fort taux de mortalité infantile. Il meurt plus d'enfants en bas âge à Washington qu'à La Havane. En 1994, certaines écoles publiques n'ont pas pu ouvrir à la date prévue parce qu'elles présentaient des «dangers structurels».

Il faudrait qu'une ville comme Amsterdam accepte de se jumeler avec Washington et lui envoie d'urgence une aide massive. Eh, les Bataves, vous avez entendu ? Laissez tomber vos shiloms et magnez-vous ! Un aller simple Amsterdam-Washington sur KLM coûte 760 dollars (en deuxième classe). Une fois arrivé dans les quartiers sud-est de la ville, vous êtes à pied d'oeuvre: vous pouvez commencer par n'importe quel pâté de maisons.

 

 

 

Rebaptisons les États-Unis

Aussi loin que je me souvienne, les États-Unis n'ont jamais été un pays très populaire. Faites un sondage au Zimbabwe ou en Uruguay et vous verrez que, pour toutes sortes de raisons obscures, tous ces gens ne peuvent pas nous voir en peinture.

Ma première appréhension de notre piètre image internationale remonte à la fin des années cinquante, quand la limousine de Nixon, alors vice-président, s'était fait bombarder à coups de pamplemousses, par des Vénézuéliens en colère. Depuis cette époque, on ne compte plus les drapeaux américains brûlés, les ambassades attaquées, les otages enlevés, les hommes politiques américains pendus en effigie, les bombes terroristes, les détournements d'avions sauvages, sans parler de la dernière forme d'humiliation inventée par les étrangers depuis qu'ils sont devenus plus futés, la nationalisation de la chaîne locale de Kentucky Fried Chicken.

Pourquoi ils nous en veulent tous à ce point ? Pourtant, ils adorent notre cinéma, notre musique, nos jeans. Bon, d'accord, on se la joue peut-être un petit peu trop avec nos prétentions de numéro un mondial. Mais si vous étiez un compatriote de Chuck Norris, vous aussi vous seriez sans doute convaincu qu'on est les meilleurs.

À part ça, j 'admets que les étrangers n'apprécient pas trop qu'on envoie nos troupes envahir leur pays. Mais qu'est-ce qu'ils peuvent être rancuniers ! Ce n'est pas parce qu'on a liquidé deux millions de Vietnamiens sans jamais payer les indemnités promises aux survivants qu'il faut s'imaginer qu'on va casser la baraque à chaque fois. Bon, c'est vrai, depuis, on a envoyé les marines dans neuf autres pays, mais il ne faut pas s'alarmer pour autant.

Non, nous ne sommes pas parfaits. Oui, nous avons commis des erreurs. Et maintenant nous avons un problème d'image à gérer. Partout dans le monde on nous déteste, on nous insulte, on nous maudit et on nous crache dessus.

De nos jours, nombre d'entreprises réalisent qu'il n'y a rien de tel qu'un nouveau look pour remonter dans l'estime de l'opinion. Lors du désastre écologique de Love Canal, les médias ont voué aux gémonies la Hooker Chemical Company, responsable de la contamination chimique de la zone. Pas de problème: les patrons ont vendu l'usine et rebaptisé l'affaire. Maintenant, elle s'appelle Occidental. Ça s'écrit comme «accidentel», il suffit de changer deux lettres. Des petits rigolos, je vous dis.

Quand un cinglé a injecté du poison dans une série de bouteilles de Tylenol, provoquant la mort de sept personnes, Tylenol a réagi au quart de tour en mettant à disposition des consommateurs affolés un numéro de téléphone d'urgence. Après quoi ils ont inventé un emballage plastique inviolable qui est devenu la norme dans l'industrie pharmaceutique. Cette façon de restaurer leur image est généralement considérée comme une des plus grandes réussites de l'histoire des relations publiques.

Eh bien, c'est exactement ce dont l'Amérique a besoin. Aussi, plutôt que de dépenser des millions de dollars à rémunérer les prestations d'une entreprise de relations publiques, je suggère au gouvernement des Etats-Unis d'accepter le service que je mets à sa disposition à titre gratuit. J'autorise donc le président à exploiter comme bon lui semble chacune des idées qui suivent, dans le but de promouvoir une Amérique relookée, au goût plus frais et plus facile à digérer.

 

Un nouveau nom

«États-Unis d'Amérique» ? C'est long. C'est chiant. Beuhh. C'est comme si nos pères fondateurs en avaient finalement eu marre de s'empailler sur le nom de leur nouvelle patrie («Moi, j'aime bien "Colombie", pas vous ?» «Et pourquoi pas "La Nouvelle Nouvelle Angleterre en Mieux" ?» «On pourrait appeler ça tout simplement "Chez George", non ?»). Fatigués, ils ont baissé les bras et se sont contentés d'un nom assez banal, en fait plutôt une espèce de description. Voyons voir, il y a des «États» et ils sont «unis». «États-Unis». Génial, non ?

I1 faut dire que la question était la dernière à l'ordre du jour, ce qui est tout à fait regrettable. Au lieu de se concentrer là-dessus, ils avaient perdu un temps fou sur des problèmes mineurs comme la Déclaration d'indépendance et la Constitution. Aujourd'hui, plus personne ne se souvient de ce que racontent ces documents, mais tout le monde se souvient du nom de notre pays.

Les Britanniques ne s'y sont pas du tout pris comme ça. Au moment de se lancer sur la scène internationale, ils ont décidé de s'appeler «Grande-Bretagne». Ça, c'est une attitude positive, un nom plein de tonus, et il faut voir où ça les a menés. Bien sûr, il n'y a rien de spécialement «grand» chez les Britanniques, mais ils savaient qu'avec un nom comme ça, les autres pays auraient les jetons («Ouh la la ! Ils sont vraiment trop grands pour nous !»), et ça a marché pendant plusieurs siècles. Quand les habitants de pays lointains voyaient s'approcher un navire de guerre britannique, ils savaient qu'ils allaient passer un mauvais quart d'heure: «Qu'est-ce qu'il y a écrit sur la coque du bateau ?» «Laisse-moi voir, il y a écrit... "GRANDE quelque chose" !» «Seigneur Dieu ! Hissez immédiatement le drapeau blanc !» Les Britanniques n'auraient jamais eu un tel succès s'ils avaient choisi un nom du genre: «Comtés Associés sur une Île.» Et quand ils ont adopté un nouveau nom, «Royaume-Uni», ils ont bien fait attention de ne pas associer le mot «uni» avec le minable «État», non, ils ont choisi «Royaume». Quand vous entendez «Royaume», vous savez que ça va être votre fête.

En plus, à peine a-t-on inventé «États-Unis d'Amérique» que les gens ont trouvé ça trop long et qu'ils nous ont trouvé un diminutif: 1'«Amérique». On n'est pas des «États-Uniens», on est des «Américains». On pourrait croire que cette petite astuce nous aurait ramenés au moins alphabétiquement au premier rang des nations, mais non, on reste bêtement coincés en fin de liste avec notre «USA».

À nouveau siècle, nouveau nom ! Voilà mes suggestions:

The Big One. C'est court. Ça résume bien les choses. «Vous êtes d'où ?» «I'M FROM THE BIG ONE !» Avec ça, personne ne va venir vous chercher noise.

Atlantic & Pacific. Ou encore «A & P». Original, et ça permet aux étrangers de nous situer sur une carte. En plus, ça fait penser à un plat de fruits de mer, ce qui vous met en appétit.

Sexyland. Le sexe fait vendre. Tout le monde mourra d'envie d'y habiter. Évidemment, ça risque d'attirer encore plus d'immigrés clandestins.

Ebony and Ivory. Vous vous rappelez le duo Stevie Wonder/Paul MacCartney ? Un nom qui nous aidera sûrement à surmonter nos divisions raciales.

USA World. L'Amérique comme parc d'attractions. Qui pourrait résister à ça ? Pas d'insécurité, rien que des jeux ! Pas de politiciens, des clowns ! Pas de feuilles d'impôts, des jetons ! On y gagne à tous les coups.

Planet USA. C'est un pays, pas un établissement de restauration, mais ça évoque les restaurants Planet Hollywood lancés par Arnold Schwarzenegger, Sylvester Stallone et Bruce Willis, ce qui est excellent pour impressionner les adversaires malintentionnés.

Hard Rock America. Au cas où Arnold, Sylvester et Bruce ne nous accorderaient pas les droits d'utiliser le nom Planet USA.

 

Un nouveau drapeau

Le drapeau actuel n'est pas un symbole très populaire dans le reste du monde. L'arborer, c'est un peu comme agiter un chiffon rouge devant un taureau enragé. Je ne sais pas pourquoi, quand les gens voient la bannière étoilée, ils perdent les pédales. Pourquoi leur donner un prétexte facile pour exprimer leur mauvaise humeur ?

Je ne suis pas un grand designer, mais je vous livre mes quelques idées à l'état brut. Voilà ce qu'on pourrait mettre sur notre nouveau drapeau:

1. La tête de Newt Gingrich émettant des ondes radio par les oreilles. (Ça donnerait aux étrangers une vraie bonne raison de le brûler.)

2. Un tas de gros types poilus. (La meilleure défense, c'est l'attaque.)

3. George Washington à cheval sur le dinosaure Barney. (Un truc ancien, un truc moderne.)

4. Deux mains jointes sur un billet de banque. (Exprime à la fois nos valeurs chrétiennes et nos priorités existentielles.)

5. Une scène du Kamasutra. (Puisque je vous dis que le sexe fait vendre. Bon, évidemment, les personnages hindous risquent de prêter à confusion.)

 

Une nouvelle devise

Avec «In God We Trust», on n'assume pas vraiment nos responsabilités, non ? Mieux vaut épargner à Dieu nos petits problèmes. I1 en a sans doute suffisamment par ailleurs.

Je vous propose quelques devises beaucoup plus classe:

«L'endroit idéal pour commander un bon steak bien saignant.»

«Les chèques sont acceptés.»

«Nos concitoyens sont armés et ils ont la gâchette facile.»

«Les États-Unis d'Amérique ! Vous avez trouvé mieux ?»

 

Un nouvel emblème national

Laissez tomber l'aigle à tête chauve. L'espèce est en voie d'extinction, et ce n'est franchement pas bon signe pour un symbole national, non ? En tout cas, personnellement, je n'en ai jamais vu.

Ma fille Natalie me suggère de remplacer l'aigle à tête chauve par l'homme à tête chauve. Lui, au moins, il y en a des millions. Voilà qui nous fait un symbole familier, inoffensif, et glabre.

Si on essayait d'appliquer ne serait-ce que quelques-unes de ces suggestions, je suis sûr que notre image auprès de l'opinion mondiale en serait nettement renforcée. Si vous avez vous-même des idées pour améliorer la réputation de notre pays, n'hésitez pas à les faire parvenir à la Maison-Blanche à l'adresse suivante: White House, 1600 Pennsylvania Avenue NW, Washington, D. C., 20500. Téléphone: (202) 456-1414. Je suis sûr qu'ils sont prêts à envisager n'importe quelle solution.

 

Les spermatozoïdes ont droit à la vie

Je suis contre l'avortement et pour le droit à la vie. Mais on ne peut pas se contenter de défendre les foetus. La vie commence bien avant. Elle commence en fait au niveau du spermatozoïde. Et, en tant qu'homme, je peux témoigner par observation directe que des milliards et des milliards de spermatozoïdes sont victimes d'un génocide quotidien !

De mon point de vue, le mouvement anti-avortement est complètement à côté de la plaque. Cela fait vingt-cinq ans qu'ils s'emploient à défendre les droits des «enfants à naître». Depuis le jour où la Cour suprême a légalisé l'avortement, ils n'ont cessé de s'efforcer de faire annuler cette décision. Ils sont convaincus que la vie commence au moment de la conception et qu'avorter un foetus, c'est éliminer une vie humaine.

Eh bien, ils ont tout faux. La vie ne commence pas avec le foetus. Elle commence avec le spermatozoïde.

Le spermatozoïde est la première pierre sur laquelle se construit l'édifice de la vie. Sans spermatozoïde, pas de foetus. Le foetus n'est qu'une étape intermédiaire. Le spermatozoïde est 1' amorce qui déclenche tout.

Bon, je sais, vous allez me dire qu'il y a aussi l'ovule. L'ovule est aussi un facteur clé de la vie, tout aussi important que le spermatozoïde. Pour ma part, je corrigerai: presque aussi important. Si tous deux contiennent le même nombre de chromosomes, c'est le spermatozoïde qui détermine le sexe de l'enfant, ce qui veut dire qu'il assume une fonction supplémentaire. En plus, l'ovule n'a pas grand-chose à faire, il se contente d'attendre tranquillement que les choses se passent. Des nations entières peuvent s'écrouler et des galaxies disparaître du firmament, I'ovule ne bougera pas d'un pouce et ne produira rien du tout tant que le spermatozoïde n'entrera pas en action.

Ce dernier, en revanche, est en concurrence avec au moins deux cents millions de ses congénères à chaque éjaculation. C'est comme s'il était projeté par un canon et devait survivre à un épuisant trajet à la nage. Ce n'est qu'après un voyage éprouvant à travers le vagin, l'utérus et les trompes de Fallope qu'il aura une chance infinitésimale de fertiliser l'ovule. Imaginez un peu: c'est comme si vous deviez nager non stop de Chicago à Detroit en pleine bourrasque hivernale.

La tête du spermatozoïde est bourrée à craquer d'informations génétiques. Il y a de quoi faire honte à la puce informatique la plus sophistiquée. Sa section médiane, tout comme celle de notre corps, renferme les processus vitaux qui lui permettent de subsister, de se déplacer, d'accomplir sa mission. Sa queue, un peu comme nos membres inférieurs, est l'appendice qui lui donne la mobilité exigée par son long voyage.

Bref, on ne saurait tourner autour du pot: le spermatozoïde, c'est la vie. Ce n'est pas une cellule, ni un germe, ni un microbe. C'est le début de la vie humaine. Sans lui, nous ne serions pas là. D'où son caractère sacré.

Et pourtant, tous les jours, aux quatre coins de la planète, des hommes font avorter leurs spermatozoïdes !

Et qui s'en préoccupe ?

Où sont les militants pour le droit à la vie au moment où on a le plus besoin d'eux ? N'entendent-ils pas les cris de tous ces petits bébés innocents quand leurs progéniteurs, sans l'ombre d'un remords de conscience, les éliminent d'un revers de Kleenex et les jettent à la poubelle ? Quelle horreur !

Les masturbateurs sont des assassins qui profanent ce don de Dieu qu'est la vie. Le spermatozoïde n'est pas une vie humaine potentielle, c'est une vie humaine tout court.

Certains fanatiques de 1'avortement souligneront que le spermatozoïde, tout comme le foetus, ne peut pas survivre seul en dehors du corps humain. Et alors ? La vie est la vie ! Nous devons mettre fin aux meurtres prémédités commis par tous ces hommes qui décident de sacrifier autant de vies innocentes pour quelques moments de plaisir. Honte sur eux ! Honte sur eux !

Je suis profondément convaincu que le mouvement anti-avortement doit compléter son mot d'ordre de «laissez-les vivre» par celui de «sauvez les spermatozoïdes». Je m'engage personnellement à écrire à mon représentant au Congrès et à lui demander de promouvoir un amendement à la Constitution interdisant l'avortement des spermatozoïdes. Je suis prêt à organiser des piquets de manifestants devant les édifices où se perpétue cette infâme pratique, comme les dortoirs universitaires. On peut faire l'hypothèse sans trop de risque que les génocides les plus dévastateurs ont lieu aux heures de diffusion de Alerte à Malibu et autres feuilletons du même acabit, ce qui en fait le meilleur moment pour manifester. N'oublions pas non plus les auberges de jeunesse de la YMCA, les séminaires religieux, les établissements pénitentiaires et les motels pourris de la chaîne Motel 6.

J'ai d'ores et déjà mis mon équipe au service de cette noble cause. La première chose que nous avons décidé de faire, c'est d'appeler le siège national du mouvement pour le droit à la vie pour leur demander s'ils étaient prêts à élargir leur campagne dans ce sens. Nous avons conversé avec Christian Polking, du département de communication de l'organisation. Nous lui avons d'abord demandé s'il était d'accord pour considérer le spermatozoïde comme le véritable début de la vie humaine. Telle fut sa réponse:

-- Aristote et d'autres philosophes grecs estimaient que c'était l'homme qui portait la vie et que la femme n'était que l'incubatrice qui permettait au spermatozoïde de faire naître cette vie. Il y a aussi certains récits bibliques qui remontent à l'Ancien Testament...

«Je ne crois pas qu'il s'agisse d'une croyance irrationnelle. Il convient de respecter cette potentialité [la présence de la vie dans le spermatozoïde], mais je n'irai pas jusqu'à dire que chaque spermatozoïde pris individuellement est la vie... [Cela dit] il ne s'agit pas d'une simple substance chimique. C'est beaucoup plus que cela. Nous ne pouvons pas le traiter à la légère... il a une durée de vie de soixante-douze heures.

-- S'il a une durée de vie, c'est qu'il a une vie...

Effectivement, mais je n'irais pas jusqu'à dire qu'il s'agit d'une vie «humaine». C'est là que je tracerais la limite.

-- L'ovule a-t-il une durée de vie ?

Oui... il descend dans l'utérus... jusqu'au moment où il est expulsé du corps ou fécondé... L'ovule et le spermatozoïde sacrifient leur individualité au moment de la fécondation.

-- Si les femmes se mettaient à tuer leurs ovules en se ligaturant les trompes, avec des dispositifs intra-utérins et autres tortures médiévales rien que pour pouvoir forniquer à droite à gauche, et si les hommes gaspillaient leurs spermatozoïdes dans des relations avec d'autres hommes ou d 'une autre façon - j'ai peine à mentionner ces horreurs -, ne croyez-vous pas que votre organisation devrait intervenir ?

Personnellement, je suis d'accord pour condamner ces pratiques, mais je ne crois pas que notre organisation puisse se lancer dans une campagne à ce sujet, car nous avons des objectifs spécifiques à défendre, à savoir 1'avortement, 1'euthanasie et l'infanticide... Si nous intervenions sur ces questions de comportement sexuel, on pourrait nous accuser d'enfreindre les droits sexuels des personnes... On essaie toujours de nous présenter comme une bande de machistes qui veulent opprimer les femmes.

-- Quelle accusation ridicule !

N'est-ce pas ? Le droit à la vie est un de nos droits fondamentaux. . .

-- Au fond, c'est toujours le même principe. Il y a des gens qui seraient prêts à s'arroger le droit de tuer leurs propres enfants... tout comme les gens qui s'arrogent le droit de tuer leurs propres spermatozoïdes.

C'est une question d'étapes... Il y a là une pente glissante.

-- Maintenant, dites-moi sincèrement si vous avez déjà entendu quelqu'un exprimer la même opinion que moi ? Je voudrais savoir si je ne suis pas tout seul.

J'ai déjà entendu des personnes défendre la même position.

-- En quelle occasion ?

J'ai eu l'occasion de parler à des gens qui partagent votre sentiment. J'ai des amis qui partagent votre sentiment.

-- II pourrait se créer un mouvement. Il y a dix ans, personne ne manifestait devant les cliniques qui pratiquent des avortements... Si nous admettions de concevoir que l'homme donne la vie, ce serait un grand progrès.

Le corps de la femme n'est pas le seul en cause... L'homme joue un rôle important.

-- Tout à fait ! Je suis content de savoir que d'autres personnes pensent comme moi.

Soyez-en certain.

Je suis convaincu que les militants du droit à la vie en viendront un jour à prendre conscience de l'horreur constituée par le génocide des spermatozoïdes. En attendant... Est-ce que quelqu'un peut me passer un Kleenex, s'il vous plaît ?

 

Comment j'ai syndiqué mes assistantes

 Pour écrire mon bouquin, j'ai dû embaucher deux assistantes de recherche, Gillian Aldrich et Tia Lessin. Aucune d'entre elles n'est syndiquée. Bon, je sais ce que vous allez me dire: «Arrête ton char, Mike, tes salariés ont pas besoin de syndicat ! Sûr que l'ambiance est supercool, dans ta boîte, ça doit être la java non-stop pour le prolétariat !»

Exact, sauf que mes assistantes n'ont aucun droit sur ce livre, qu'elles n'auront aucune part aux bénéfices éventuels que j'en tirerai, qu'elles ont de longues journées de travail et que je peux les virer quand ça me chante. Elles ne sont absolument pas protégées, et j'ai beau être convaincu d'être le plus brave type du monde, elles sont totalement à ma merci. Notre association n'étant pas un partenariat négocié sur un pied d'égalité, c'est moi qui suis du côté du manche et qui peux leur imposer mes caprices.

C'est pourquoi Tia et Gillian, comme tous les travailleurs, ont besoin d'être défendues. La représentation syndicale est une forme d'égalisation des chances. Les idéaux fondateurs de notre pays reposent sur un principe fondamental d'équité: tous les citoyens doivent être traités dignement et avoir leur mot à dire sur toutes les questions qui affectent leur vie quotidienne.

Pourquoi abandonnons-nous ce principe quand nous franchissons les portes d'une entreprise ? Nous sommes pourtant toujours en Amérique. Ou bien faut-il croire que les droits énoncés par Jefferson dans la Déclaration d'indépendance, «la vie, la liberté et la poursuite du bonheur», sont suspendus entre neuf heures du matin et cinq heures du soir (ou six heures du soir, ou parfois même sept ou huit heures du soir) ?

J'ai donc entrepris d'organiser mes deux collaboratrices. J'ai encouragé Tia et Gillian à chercher un syndicat qui les défende et leur ai dit que je reconnaîtrais leur adhésion et négocierais les termes d'une convention collective avec leurs représentants. Elles étaient tout excitées par cette perspective (certains diraient même un peu trop excitées) et ont donc entamé leurs démarches militantes.

La triste réalité qu'elles ont découverte au cours des quelques mois qui ont suivi en dit long sur ce qui va mal dans le syndicalisme américain.

Elles ont d'abord appelé la Writers Guild. Leur raisonnement était simple: on travaille sur un bouquin, donc un syndicat d'écrivains devrait faire l'affaire. À quoi leur interlocuteur leur a répondu: «Désolé, la Writers Guild ne représente pas les travailleurs du secteur du livre, mais seulement les auteurs des médias audiovisuels et de l'industrie cinématographique.» Il leur fut donc suggéré de s'adresser à une autre organisation, I'Authors Guild.

Nouveau coup de téléphone. Nouvelle déception: I'Authors Guild n'était pas vraiment un syndicat. «Nous nous contentons de fournir aux auteurs un certain nombre de services, du genre conseils juridiques.» Qu'elles se renseignent donc auprès de l'Association of American Publishers.

Sauf que l'AAP, qui représente les dirigeants et les propriétaires des divers groupes de presse et d'édition, n'a pas vraiment la fibre syndicale.

Un ami de Tia leur a alors conseillé de voir du côté de la National Writers Union. J'en avais entendu parler comme d'une organisation plutôt sympathique et progressiste. Mais, quand Tia a appelé leurs bureaux de New York un lundi à deux heures de l'après-midi, elle est tombée sur un répondeur automatique. Elle a donc laissé un message, expliquant qu'elle cherchait à se syndiquer et que c'était urgent. Quatre mois plus tard, elle n'avait toujours pas de réponse.

Passablement exaspérées, elles ont décidé d'appeler la section locale du syndicat des travailleurs de la mer à Brooklyn. Elles ont expliqué qu'elles partageaient la même passion pour les activités aquatiques et qu'elles avaient toutes deux un T-shirt rayé bleu marine. Leur interlocuteur, un «officier portuaire», leur répondit qu'elles devaient se procurer un «certificat maritime» et que la seule façon d'en obtenir était de s'inscrire aux gardes-côtes.

Elles ont donc appelé les gardes-côtes. Personne au bout du fil. Autant pour la sécurité nationale.

Elles ont également essayé le syndicat des dockers. Le responsable leur a répondu qu'elles devaient d'abord obtenir un certificat de la commission portuaire. Mais le type de la commission portuaire leur a dit qu'il ne délivrait plus de certificat à personne, «pas même au maire de New York». Voilà une réponse sans ambiguïté.

Elles ont donc jeté leur dévolu sur le syndicat de machinistes. (Tia et Gillian passent une bonne partie de leur temps à essayer de faire marcher le fax du bureau, on pouvait donc penser qu'elles seraient acceptées comme machinistes.) Cette organisation avait l'air intéressée par leur candidature, mais exigeait trois cents dollars de frais d'adhésion, ce qui équivaut quand même au budget bouffe du mois.

Ce n'était pas plus brillant du côté des autres syndicats. Tia se mit en contact avec l'organisation des travailleurs de l'hygiène. Le responsable lui demanda pour quelle entreprise de ramassage des ordures elle travaillait.

«L'éditeur Random House.

-- Ça n'a rien à voir avec les ordures.

-- Ben, si. On publie Joan Collins, I'actrice de Dynasty.

-- Nos règlements sont très précis. Vous devez ramasser les ordures, pas les produire.»

Il la renvoya aux sections locales 1034 et 840 du célèbre syndicat des Teamsters, qui représentent toute une série de professions hétérogènes, depuis les travailleurs des champs de courses jusqu'aux gardiens de cimetières et aux infirmières des banques du sang. Elle avait l'impression de toucher au but.

Les responsables de la section 840 étaient ravis de l'adhésion de Tia et Gillian. Tout ce qui me restait à faire, c'était de négocier la convention.

Mais toutes ces démarches avaient pris tellement de temps que je n'ai pu enfin prendre contact avec leur représentant syndical qu' après que mes deux assistantes eurent fini de travailler sur mon livre. C'est vrai quoi, pourquoi on se bougerait spécialement les fesses pour deux salariées non syndiquées quand il y en a cent huit millions aux États-Unis !

Malgré tout, je ne perds pas espoir. Plus les capitalistes américains s'emploient à détruire le rêve américain de millions de travailleurs, plus ils les poussent à s'organiser. Et certains syndicats se sont récemment dotés de leaders plus combatifs. Dans un article récent de l'hebdomadaire The Nation, I'historien Peter Rachieff, spécialiste du mouvement ouvrier, expliquait que, dans les années vingt, le pourcentage des travailleurs syndiqués était passé de 20 % à 10 %. On pensait que c'était la fin du syndicalisme. À l'époque, comme aujourd'hui, 1 % de la population gagnait plus que le revenu global des 40 % les moins fortunés. L'époque des grèves paraissait révolue, et les dirigeants syndicaux incitaient leur base à «agir avec prudence et coopérer avec la direction». Les salaires stagnaient, les horaires de travail s'allongeaient et Wall Street était ivre de spéculation.

Mais l'heure de la revanche a fini par sonner. La Bourse s'est effondrée et. en moins de dix ans, des millions d'Américains étaient entrés en grève et avaient formé de nouveaux syndicats plus forts que les anciens, arrachant de haute lutte de meilleures conditions de vie. Alors pourquoi pas aujourd'hui ?

En plus, maintenant, avec tous ces licenciements de cols blancs et de cadres supérieurs, on risque même de voir nos anciens patrons participer aux piquets de grève avec nous. Ça vaudra presque le coup d'en avoir autant bavé pour assister à un tel spectacle !

 

Questions pour un champion

( Hi, Betty ! )

Ils se présentent comme les démocrates et les républicains. De soi-disant adversaires. Mais vous savez bien qu'ils se ressemblent comme deux gouttes d'eau.

Même comportement, même façon de marcher, et parfois exactement les mêmes discours - c'en est hallucinant ! Nos deux grands partis sont des frères jumeaux. On pourrait les appeler les républicrates. Ce sont eux qui parrainent fièrement notre régime à parti unique. A quoi ça sert de faire semblant d'y croire ? Malgré tous les efforts qu'ils font pour apparaître différents, ils ne peuvent pas s'empêcher d'être des copies conformes.

Vous avez des doutes ? Alors, jouez au jeu des républicrates. Répondez au questionnaire et sachez distinguer les frimeurs des imposteurs. À vos plumes, I'épreuve est commencée !

 

Première partie: choix multiple

 

Qui a fait la déclaration suivante ? Un démocrate ou un républicain ?

1. «J'ai toujours été partisan de la prière à l'école... Nous ne pourrons pas insuffler un nouvel élan à notre pays si nous ne sommes pas plus nombreux - tous nos concitoyens, à la limite - à fréquenter une église.»

A. Le révérend Jerry Falwell, télé-évangéliste, républicain

B. Bill Clinton, démocrate

C. Oliver North, trafiquant d'armes, républicain

D. Le révérend Jesse Jackson, démocrate

Réponse: B - Bill Clinton, démocrate, dans une conférence de presse en Indonésie en 1994 et dans son discours sur l'état de l'Union de 1994.

 

2. «Le moment est venu d'inscrire l'obligation de préserver 1'équilibre budgétaire dans la Constitution.»

A. Ronald Reagan, républicain

B. George Bush, républicain

C. Sénateur Robert Dole, républicain

D. Sénateur Paul Simon, démocrate

Réponse: D - Sénateur Paul Simon, démocrate, dans un communiqué de presse daté du 23 janvier 1995 applaudissant la décision du sénateur Tom Harkin (lowa, démocrate) de voter en faveur d'un amendement constitutionnel sur l'équilibre budgétaire.

 

3. «Dans une société libre, les artistes ont le droit de se livrer aux performances les plus bizarres ou les plus incongrues. Cela relève de la liberté d'opinion.»

A. Newt Gingrich, républicain

B. Tom Hayden, ex-dirigeant étudiant des années soixante, démocrate

C. Pat Robertson, personnalité de l'extrême droite républicaine

D. Jerry Brown, démocrate

Réponse: A - Newt Gingrich, républicain, lors d'un petit déjeuner de presse en janvier 1995.

 

4. «Contribuez à un programme de reforestation. Prenez part aux grands événements à caractère écologique, comme la Journée de la Terre. Adoptez une route, un chemin de randonnée ou une piste cyclable. Devenez membre actif d'un groupe local de protection de l'environnement. Lancez un programme de recyclage. Plantez un jeune arbre.»

A. Al Gore, démocrate

B. Fleetwood Mac, groupe de rock, démocrate

C. Lady Bird Johnson, veuve d'un ex-président, démocrate

D. Document du groupe parlementaire républicain

Réponse: D - Le groupe parlementaire républicain.

 

5. «I1 n'y a pas de crise du système de santé américain.»

A. Sénateur Patrick Moynihan, démocrate

B. Sénateur Robert Dole, républicain

C. Sénateur Strom Thurmond, quatre-vingt-treize ans, républicain

D. Docteur Jack Kevorkian, praticien de l'euthanasie, affiliation politique inconnue

Réponse: A et B - Sénateur Moynihan, démocrate, lors de l'émission Meet the Press en janvier 1994; sénateur Dole, républicain, interview, décembre 1993.

 

Deuxième partie: vrai ou faux ?

 

1. Le déficit budgétaire est plus important sous Clinton que sous Reagan ou Bush. VRAI OU FAUX ?

Réponse: Faux. Sous Reagan et Bush, il s'élevait à 5 % du PIB. Les deux premiers budgets de Clinton l'ont fait baisser à 2,5 %.

 

2. C'est au bellicisme des républicains qu'on doit la guerre de Corée et la guerre du Vietnam. Les démocrates sont le parti de la paix. VRAI OU FAUX ?

Réponse: Faux. Le président était démocrate quand les États-Unis ont envoyé des troupes combattre en Corée et au Vietnam, Nombre total de morts américains: 112 185. Objectifs atteints: zéro.

 

3. Ce sont les démocrates qui ont édicté la première loi anti-IVG postérieure à la libéralisation de l'avortement. VRAI OU FAUX ?

Réponse: Vrai. En 1977, Jimmy Carter a signé une loi interdisant le remboursement intégral des interruptions de grossesse aux femmes sans ressources.

 

4. Le montant global du déficit a augmenté sous la présidence de Clinton. VRAI OU FAUX ?

Réponse: Faux. Il a dépassé cinq fois les trois cents milliards de dollars pendant les mandats de Reagan et de Bush. Quand Clinton a été élu en 1992, il était de 290 milliards. En 1995, il n'était plus que de 163,8 milliards.

 

5. Quatre élues démocrates sur les cinq présentes au Sénat ont voté en faveur de la loi d'austérité républicaine de 1995 qui a mis fin à soixante ans de compromis démocrate en faveur d'une couverture sociale pour les pauvres. VRAI OU FAUX ?

Réponse: Vrai. Il s'agit des sénatrices Barbara Mikulski (Maryland), Dianne Feinstein (Californie), Barbara Boxer (Californie) et Patty Murray (Washington). Seule la sénatrice noire Carol Moseley-Braun (lllinois) a voté contre.

 

Troisième partie: qui a dit quoi ?

 

Nos trois personnages:

A. George W. Bush Jr, gouverneur du Texas, républicain

B. Sénateur Edward Kennedy, Massachusetts, démocrate

C. Newt Gingrich, Géorgie, président de la Chambre des représentants, républicain

 

Trouvez l 'auteur de la citation:

1. «[Nous] devons mettre fin aux abus d'une législation excessivement laxiste en matière d'immigration qui met en danger les emplois des travailleurs américains. Ce sont des centaines de milliers de bons emplois qui sont menacés et qui devraient être d'abord accessibles aux travailleurs américains !»

Réponse: B - Edward Kennedy, lors d'une conférence de presse le 12 février 1996.

 

2. «C'est avec enthousiasme que nous devrions ouvrir les bras à tous ceux qui veulent immigrer légalement aux États-Unis.»

Réponse: C - Newt Gingrich, dans son livre To Renew America.

 

3. «Nous ne tolérerons pas qu'on dénigre le Mexique ou les immigrants. Les candidats qui se livrent à ce type de démagogie devront en payer le prix.»

Réponse: A - George Bush Jr, à El Paso, Texas, le 11 août 1995.

 

Quatrième partie: Votre héros favori ?

 

Bill Clinton (A) et Newt Gingrich (B) sont tous deux des admirateurs des grandes figures de notre histoire politique. Lequel des deux a prononcé les phrases suivantes ?

1. «Dans la lutte pour l'intégration de la nation américaine, les leaders politiques les plus combatifs étaient démocrates. Le fait est que c'est l'aile progressiste du parti démocrate qui a mis fin à la ségrégation raciale. Le fait est que c'est Franklin Roosevelt, un démocrate, qui a redonné l'espoir à une nation en détresse.»

Réponse: B - Newt Gingrich, discours d'acceptation du poste de président de la Chambre des représentants, 5 janvier 1995.

2. «Ce qui m'a le plus frappé, c'était la rigueur des analyses [du président Nixon] et la sagesse de ses propositions. Le président Nixon croyait fermement que nous ne pouvons pas être forts sur notre propre sol si nous ne sommes pas les premiers sur la scène internationale.»

Réponse: A - Bill Clinton, discours prononcé au Nixon Center for Peace and Freedom, mars 1995.

 

3. «À Ronald Reagan, que nous saluons ce soir, et qui nous a exhortés à tenir bon jusqu'à la conclusion victorieuse de notre lutte crépusculaire contre le communisme.»

Réponse: A - Bill Clinton, discours sur l'état de l'Union, 1995.

 

4. «Moins d'État, moins de bureaucratie, voilà ce que je souhaite. C'est nous qui avons le plus réduit l'emprise de l'État, pas nos adversaires [...] au cours des trente dernières années, et c'est nous qui avons fait les plus gros efforts de déréglementation.»

Réponse: A - Bill Clinton, remarques adressées aux démocrates de l'Ohio en mars 1996.

 

Cinquième partie: question subsidiaire

 

Qui a dit: «Si nous avons invité les Power Rangers, c'est parce qu'ils offrent à la jeunesse un modèle d'intégration multiethnique et d'égalité entre hommes et femmes» ?

A. Michael Eisner, P-DG de Disney

B. Hillary Clinton

C. Newt Gingrich

Réponse: Eh oui, C. Newt Gingrich, lors d 'une fête organisée en janvier 1995 au Capitole pour les enfants des membres du groupe parlementaire républicain.

 

Félicitations ! Vous avez répondu à toutes les questions. Si vous avez obtenu moins de 50 % de bonnes réponses, nous comprendrons que vous décidiez de ne pas vous rendre aux urnes aux prochaines élections.

© Le Phare de Frazé