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Je l'ai souvent dit, et d'autres
avant moi -- et d'autres probablement après:
si les constructeurs automobiles usinaient leurs
chiottes comme les fabricants d'informatique leur
matériel, ils n'en fourgueraient pas une.
Des chiottes qui plantent, qui ont le volant en
option, ne causent qu'anglais et n'en font
qu'à leur tête sans prévenir,
ça ne se vendrait pas. Personne n'en
voudrait.
Les fabricants d'informatique
sont-ils des ânes? Pas du tout: ils s'en
foutent. La bagnole, t'achètes
obligé. Mais l'ordi, personne t'a
sonné. C'est du luxe. Tu l'as voulu tu l'as,
ton joujou. Démerde-toi. Et curieusement, on
se comporte avec le superflu comme avec un
môme: on en avait pas vraiment besoin, on a
toutes les faiblesses pour lui, on lui passe tout.
On devient son esclave, on en dort plus la nuit. Il
fait sa première dent? c'est la
première dent du monde. Il dit papa
(mot de passe) sur son écran? on manque de
s'évanouir, on prévient les copains,
téléphone à tout le
répertoire, on sable le champagne. Trop
heureux de supporter ses caprices, torcher ses
cacas. C'est lui le chef, on est que la
sous-merde.
Quand tu tombes sur un ordidiatre
(l'équivalent du pédiatre), je te dis
pas comme il te snobe. Il parle hébreux,
sanscrit, mandarin. À peine s'il se comprend
lui-même. Tu galères parce que t'es
nul, piges rien. En un mot:
in-com-pé-tent.
Lui, il compète plus haut que
son trou de balle. Mais t'es le seul à le
savoir.
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L'Europe vient de passer à 27, quelque
500 millions d'individus. Le Conseil de l'Union a
donc 27 langues officielles, et pour souci
principal d'accorder les violons en employant un
idiome commun. Un vrai casse-tête.
Facile, diront les jocrisses, il suffit
d'utiliser l'anglais. Sauf que l'anglais est une
fausse langue simple, mène à des
impasses et ne fait pas dans la nuance, dont la
politique ne saurait se passer.
Personne, naturellement, ne songe au
français ni ne se demande pourquoi il fut si
longtemps le langage diplomatique universel
malgré (ou à cause de) sa teinture
aristocratique -- non par impérialisme, mais
pour sa ductilité et sa finesse --, avant
d'être détrôné par le
pidgin des marchands de foire.
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Toujours sourire, le coeur douloureux,
bêlent les opérettes, ressemblant
à s'y méprendre aux "années
nouvelles" épuisées de copier les
précédentes. Pluies de best of
(fonds de tiroirs = flemme), plutôt worst
of, bêtisiers pour brêles, hommages
aux chers disparus... qui seront vite
oubliés. On se souvient une fois par an,
c'est déjà ça!
Crève-coeur de l'agenda-cimetière:
ces anciens noms à supprimer pour cause de
disparition -- comme s'ils devaient s'effacer de la
mémoire. C'est la vie! dira le philosophe de
service.
Je m'y fais pas. Et le crétin de
permanence resservant son Nul n'est
irremplaçable en s'oubliant sur la
liste! Qui le remplacera, lui?
Il y a des gens, hélas, qui nous
manqueront à jamais.
Et des chats, qui avaient aussi une
âme.
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La dernière fois que j'ai
consulté, on m'a demandé:
-- Des allergies?
-- La connerie, la pube et les chanteurs.
Depuis, on juge mon cas
désespéré. À la
réflexion, je reconnais à la pube une
seule vertu: donner du travail à des gens
inemployés ailleurs qui, sans elle,
crèveraient de faim. Doit-on pour autant la
confondre avec une ONG?
J'en profite pour signaler qu'intermittent du
spectacle est un truisme, les spectacles
étant par nature intermittents. Donc ses
officiants, depuis la nuit des intermitemps.
Maintenant, vous faites ce que vous voulez.
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Paraît que l'industrie du textile est un
secteur menacé par la
déloqualisation. Menacé? Chouette!
J'applaudis des deux mains, tant pis pour les
syndicalistes et les puritains.
Déloquons-nous, mes frères. Vous
surtout, mes soeurs. Pour vivre heureux, ne cachons
rien.
À qui s'indignera de nos nudités,
nous pourrons toujours répondre: c'est
à cause de l'impôt. Personne ne pourra
démentir.
Tu vois, Mona, moi aussi je tiens mon
journal.
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J'en vois qui ricanent déjà:
ça y est, il est devenu fou! Pourri comme
les autres, à se faire avoir par la
pube.
Erreur, messeigneurs! C'est de l'art. Le
célèbre Andy Warhol de 1962,
intitulé... Campbell Soup. Dada
était passé par là. Chardin
aussi, mais il peignait des compotiers.
Ça vous en bouche une surface, hein?
C'est comme ça!
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Vous voulez savoir comment renifler un petit
monsieur? Je ne parle pas des gens de petite
taille, bien sûr, mais de ceux qu'Alain
appelait les importants. Ceux qui se
croivent, si vous préférez. Outre
que leur seule vue donne de l'urticaire, vous les
repérez à leur morgue, leur
condescendance, leur agressivité. Plus nul
le personnage, plus outrée sa
prétention, la haute opinion qu'il a de sa
personne. Il tentera de vous impressionner pour
s'impressionner lui-même. Les mythomanes se
recrutent dans leurs rangs. On y compte nombre de
Napoléons, Césars, Jupiters. Au fond
ce sont des malheureux plus à plaindre
qu'à blâmer.
Tous les êtres de valeur que j'ai pu
approcher étaient d'une simplicité,
d'une modestie, d'une gentillesse exemplaires. Et
d'un abord facile.
Souvent, je pense à eux pour me consoler
des autres.
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Pour peu que vous ayez pratiqué
l'informatique, ne vous est-il jamais venu à
l'esprit que les vagues de virus, puis de spams
déferlent un peu trop opportunément
pour permettre aux marchands d'antivirus et
d'antispams de fourguer leur camelote? Vieux
familier des polars, je ne peux m'empêcher de
poser la fameuse question: à qui profite
le crime?
Bon sang, mais c'est bien sûr! Aux
fabricants d'antivirus et d'antispams!!
On crée le besoin (marché), puis
on "offre" le moyen de le satisfaire (produit).
C'est l'évidence même...
Non?
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J'ai un long contentieux avec
les grille-pain. Le dernier point sur la question
révèle que deux de ces appareils me
sont actuellement nécessaires pour remplir
l'office d'un seul, ce qui laisse à penser
sur les concepteurs de grille-pain. J'avoue que le
pain vendu dans nos boulangeries est tellement
immonde, que je préfère l'acheter au
patelin voisin et le conserver au
congélateur (nos boulangers sont
sûrement en famille avec les concepteurs de
grille-pain, ce qui semble venu de même
farine). Vous me direz que les grille-pain n'ont
jamais été faits pour traiter le
surgelé. Il se trouve que vous avez tort,
car mon premier grille-pain possède une
touche spéciale "defrost". Il y a donc au
moins un concepteur de grille-pain aussi mal loti
que moi en boulangeries. Or, on vient de m'offrir
un appareil où l'on peut adapter au-dessus
du gril un ingénieux système (1) pour
dorer les petits pains, qui est apparu idéal
pour les croissants, également
surgelés, que j'avais le plus grand mal
à introduire dans le premier appareil, dont
les ouvertures sont un peu étroites (mais il
grille bien mieux les tartines, et le nouveau n'a
pas de touche "defrost"). Il faut simplement
pousser au maximum le régulateur de
brunissement (4) et répéter deux fois
l'opération. Le résultat est
miraculeux. Aux dernières nouvelles, le
premier grille-pain, sans doute vexé
à mort, est devenu imbattable au lancer de
toasts: le ressort de rappel du coulisseau (2) est
tellement puissant qu'il arrive à
expédier par terre le pain grillé
jusqu'au milieu de la cuisine. Ce qui laisse le
chat parfaitement indifférent.
Mais pourquoi, pourquoi des
bricoleurs si doués n'ont-ils jamais
pensé à réunir ces deux
grille-pain et un seul,
mystère!...
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Visite de routine chez mon médecin. Je
lui trouve l'air pâle, fatigué
(stress,surmenage).
-- Comment ça va? je m'informe.
-- Bof...
Il y a comme du désenchantement,
là. Je me frotte les mains, très pro
et désigne le lit d'examen:
-- On va voir ça. Allongez-vous,
détendez-vous.
Il ne se marre même pas. C'est donc plus
grave qu'il n'y paraît! Mon cas le
désespère: analyses d'anthologie,
tension de jeune homme, RAS sur l'ensemble du
front. À quoi sert-il?
-- Je crèverai au moins en bonne
santé! dis-je pour le consoler.
Lui, croule sous la paperasse, n'a plus de
week-ends, de vacances. Impossible de
débrancher. Les vocations deviennent rares.
Il s'inquiète pour l'avenir de la
profession... Va-t-il me faire une crise
existentielle?
-- Désolé, je m'excuse, un peu
honteux.
Je le quitte sur la pointe des pieds,
accablé d'impuissance. Il a réussi
à me refiler son bourdon, le salaud!
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Voilà une semaine qu'on me tape sur la
tête à coups de marteaux. C'est
insupportable, mais je n'en soufflerai pas un mot
à mon bon docteur: les couvreurs sont au
Phare. Ça commençait à urger.
N'empêche que travailler dans de pareilles
conditions n'a rien de plaisant. Je ne parle pas
des couvreurs, qui ont l'habitude, mais de moi en
bon égoïste.
Je ne suis pas seul à me plaindre. La
Rédaquette en a sa hottée, mais
surtout Nini, la patronne, qui nous fait comprendre
dans son langage cru que ça ne peut durer,
qu'il est temps de mettre ordre à tout
ça et de ranger le jardin, son
jardin qu'on lui a saccagé, encombré
de palettes et d'une immonde bestiole verte qui ne
fait même pas miaou, sa maison
qu'on est en train de lui casser sans lui avoir
demandé la permission avant. Et ne
parlons pas de ses siestes qu'on lui
pourrit jour après jour. C'est vrai qu'on
est HS tous les trois. Pas besoin de nous bercer le
soir pour nous endormir: LE BRUIT TUE.
Tant qu'ils y étaient, aux toitures, ils
auraient pu s'occuper de la mienne, qui commence
à onduler sérieusement.
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Pire que les nuls en informatique: ceux qui se
prennent pour des flèches. Je suis
tombé comme ça sur deux minus d'une
enseigne naguère réputée pour
sa réputation, devenue hangar à
fourguer de la daube comme les autres. Attendez,
c'est un nom comme FNOUC, FLAC... je sais plus...
peut-être vaut-il mieux que je me souvienne
pas. Et à Paris, lumière du monde
comme chacun sait!
Ces deux jeunes cons, persuadés que
refiler au vieux schnock n'importe quelle saloperie
serait un jeu d'enfant (et pour l'échange,
bonjour!), furent très déçus
non seulement de ne pouvoir me bourrer le mou, mais
de se faire engueuler et traiter comme des tares
infoutues de comprendre un élastique. Par un
VIEUX armé d'un vocabulaire plus niaque que
celui d'un rappeur!
Hé! la Flac, la Fnoutch! Tu les as
trouvés où, ceux-là? Dans le
bonus d'un optimiseur de chiottes?
Ils étaient du genre à rapprocher
le piano du tabouret...
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On nous reproche parfois d'ignorer
l'actualité. C'est que le Phare, voyez-vous,
est un hebdomadaire. Passé une semaine,
l'actualité devient aussi brûlante que
les cendres de la Guerre de Cent ans. Le pipol de
service est recuit façon Ramsès. La
dernière chèvre à la mode
évoque Anatole France (son clip, elle peut
se le coller dans le truc à la place du
loup).
... Mais Ravel tient la forme, merci. Et la
madeleine de Proust est toujours bonne. Encore
faut-il savoir qui c'est (la madeleine). La
distance rétablit les proportions. Nos
aujourd'hui durent plus que les maintenant d'hier
(relire Einstein, Planck et Schrödinger). Ces
univers ne coïncident plus: paradoxe,
décalage temporel -- Internet
débouchant sur la théorie des
quantas.
Maintenant, si vous insistez, je peux vous
servir les infos que vous attendez:
Au Bandapar, le conflit
s'étend. On redoute une internationalisation
de la crise. Monsieur Dobroudjoff a
déclaré qu'il ne posait aucun
préalable à la restitution des
anacoluthes. De son côté, le
secrétaire d'état au Foreign Hospice
suggère une table ronde sur la
réduction de 1'extension des propositions de
solutions aux simulations d'agression, vu la
situation, dans l'intention d'une simplification.
On est sans nouvelles de l'équipage de la
Marie-Torchon, disparue au large de la côte
ablatonnaise. Trois patrouilleurs patrouillent et
deux avisos avisent. Les recherches n'ont
jusqu'à présent rien donné
mais elles vont reprendre à moins que les
corps ne soient restitués par la mer du
petit Eric a ce soir planché un massage aux
gravisseurs du pantin et les syndicats n'ont pu
trouver un tarin d'en pente pour la raison
qu'à cause que le motif ne sont pas
fondé. Dans notre édition
spéciale, une enquête sur la
recrudescence des viols, mais auparavant un coup
d'oeil à la bourse...
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Tu as tiré ta révérence.
Cette sortie-là, je ne te l'ai pas
réglée. Tu ne reviendras pas saluer,
et tes coulisses sont désormais
inaccessibles: elles sont interdites aux
vivants.
Molière, Feydeau, Courteline t'avaient
transformée, à la ville comme
à la scène, en redoutable
séductrice. Ta drôlerie, ton rire, ta
bonne humeur, ton équanimité te
gagnaient tous les coeurs. Mais tu vivais
entourée d'égoïstes, de
sangsues. Ils t'ont tuée.
Salut l'artiste!
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Mon cher,
Ce qui manque le plus au webmaster,
c'est le temps. Aussi, n'en ayant guère pour
vous expliquer une cent quarante-douzième
fois comment envoyer vos textes au Phare et
pourquoi, j'en fais mon édito. Toujours
ça de gagné!
Vous saurez peut-être vous
reconnaître. Quoique...
1/ Les textes ne s
'expédient jamais en corps de message, mais
en pièce jointe. Les mails composant de
façon aléatoire, on ne maîtrise
pas leur gabarit. Encore faut-il utiliser
l'application voulue et respecter la
procédure indiquée, ou la
pièce jointe est inexploitable. Et j'ai
autre chose à faire que deviner ce qui est
écrit, retaper puis recomposer un texte non
justifié ligne par ligne, paragraphe par
paragraphe. Encore heureux quand il ne faut pas
vous rappeler le système que
vous utilisez pour la transmission et
que vous oubliez régulièrement
(faites-le tatouer sur votre bide et ne venez pas
vous plaindre qu'il apparaît à
l'envers dans la glace). Ça commence par L
et se termine par f. Je n'en dirai pas plus. Moi,
mon travail est de vérifier la
présentation, la correction de la langue,
traquer les redites, longueurs, mots inutiles,
répétitions, erreurs (de frappe et
autres), fautes de syntaxe, d'orthographe, de
grammaire. Comme pour tout le monde. Certains ne
doivent leur présence dans nos pages
qu'à mon intervention. Ce n'est pas votre
cas. Manquerait plus que ça!
2/ Inutile d'expédier
des mails tous azimuts quand ça vous prend.
Si je dois faire la tournée de mes
boîtes pour constater votre
réapparition après des mois de
silence inexpliqué, et courir à la
plus proche basilique pour remercier le Ciel, je
mets la clé sous la porte tout de suite.
Vous vous en foutez, bien sûr: je n'ai
été créé que pour
m'occuper de votre petite personne.
Expédiez
à l'adresse qu'on vous a donnée. En
outre, ayez au moins la correction de
répondre quand on vous
écrit.
3/ Il est exclu
qu'étant donné mon âge, de
simples journées de 24 heures, mon
inaptitude au masochisme et à la patience,
je serve de nounou, psy, secrétaire,
soigneur, pense-bête ou tapis-brosse à
qui que ce soit. D'aucuns ne trouveraient pas leur
trou du cul tout seuls. Vous êtes un
sacré chieur, mon cher. Heureusement que
vous êtes seul de votre espèce au
Phare et que vos textes ont une certaine
allure.
Autrement, je vous aurais
viré depuis longtemps.
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Nous vivons dans une société de
marché. Croire que les chaînes
télé s'attachent à produire
des émissions de qualité est bien
naïf. Leur seul souci est d'avoir des
programmes suffisamment attractifs pour retenir le
public entre deux pubs. Celle qui obtient les plus
grandes parts d'audience, attire le plus
d'annonceurs et vend plus cher son temps d'antenne.
Basta. Alors, la qualité des programmes...
tiens fume! Surtout en prime time. D'où les
pubs casse-bonbons qui emmerdent tout le monde.
Quelle différence entre ces immondices et
les spams de messagerie électronique?
Aucune. Sauf qu'on n'a aucun moyen de les virer, et
que des entreprises autrefois innovantes comme
Canal+, ne sortent guère que des espaces de
pub coupés d'infos, promos, foot, boxe... et
quelques films. Ailleurs, ce sont les fonds de
tiroir des séries américaines, le
cul, les pipols, le cul des pipols qui reviennent
moins cher et ne fatiguent pas le neurone.
Cette vérole de pub (qui infeste aussi la
radio) apparaîtra bientôt, vous verrez,
dans les cimetières, les
crématoriums, les bénédictions
ourbi et gourbi place Saint-Pierre (bave plus
blanc), les sermons de la grand-messe, les
chiottes, notre dernier refuge, d'où elle
n'aurait jamais dû sortir, comme dit mon
proctologue. Exemple: «Ça vient pas?...
Vite, une dragée Fucaca!»
Tiens! qui lancerait une chaîne de pub?
Toute la pub du paf et rien que de la pub en boucle
24/24. Qui regarderait ça? À mon avis
personne, mais les autres chaînes
deviendraient enfin fréquentables. J'entends
déjà piauler les futurs manitous de
"Pub/24": «Et comment vivrons-nous?»
Avec la pub, c'te bonne blague!
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D'accord avec la Rédaquette, je trouve
l'aplomb des astrologues au moins égal au
culot des psymachins. Sauf concernant le signe du
Scorpion auquel j'appartiens selon eux: signe d'eau
(qui l'eût cru? -- sans doute quand la Lune
entre dans le cul du Soleil et sa turne dans la
Maison de sa logeuse), les natifs se distinguent
par une sexualité perverse, inventive,
débridée, un instinct
créateur, un charisme exceptionnels
(arrête ton charisme, bénard!). Ce
sont des bêtes de scène, de lit, de
Nobel...
Comme c'est vrai! Terriblement intelligents
quoique modestes, ils sont souvent d'une
beauté démoniaque (voir ci-contre).
Rassurez-vous, ce n'est pas moi.
Je suis bien plus beau.
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Je suis en train de me mettre à jour. Il
était temps. Je reviens à mon
ancienne marotte: la physique. Qu'elle soit
théorique, qu'il s'agisse de
mécanique quantique (merci Feynman!), ce
qu'on voudra, le jour où elle s'est mise
à me passionner par le biais de la
cosmologie, moi le littéraire, l'âne
bâté des humanités, le
nul en maths, j'ai décroché un
accessit les doigts dans le nez (déjà
les trous noirs!) à la surprise
générale... à commencer par la
mienne. Ce n'était donc que ça?
Sur le tard, je remets le couvert. Avec un
bouquin de vulgarisation, d'accord, mais faut
déjà se le farcir, et un mentor pas
trop nul, professeur à Stanford, membre de
l'Académie des sciences américaine,
anticréationniste. L'éléphant
dans le salon. Après m'être
croqué les 7 Révolutions du
père Klein concernant la physique moderne.
Et en avant pour un petit tour de chauffe sur la
théorie des cordes, les particules
élémentaires, quarks,
électrons, photons, positrons, neutrinos,
bosons, gluons... quasars, pulsars, matière
noire, avec les fameux trous (encore eux!)...
J'adore les trous noirs, c'est plus fort que
moi.
Et je sais quand même depuis un bout
qu'avant de se lancer dans la BD, Moebius faisait
des anneaux.
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On connaît ma grave allergie aux chanteurs
et teuses. Mais ce que je hais davantage encore si
possible, ce sont les battements de mains
rythmés dont le public se croit tenu
d'accompagner leurs misérables
prestations.
Nous voilà revenus, me semble-t-il,
à l'aube du primate. J'ai honte que les dino
ne m'aient pas bouffé autrefois. À
quoi bon être parvenus où nous en
sommes (?) pour régresser au niveau du
mollusque dans sa soupe triasique?
Le silence qui suit la connerie est encore de la
connerie.
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Jaurès
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Le samedi veille du 2e tour des
Présidentielles, la règle interdisait
tout commentaire politique. Ceci nous valut sur
LCP, chaîne de l'Assemblée Nationale,
la projection d'un film plus cruel pour les actuels
nabots du PAF que les plus acerbes critiques. Bien
joué, messeigneurs!
"La Séparation", de Bruno
Fuligni et François Hanss (2005), montre des
comédiens (Rich, Arditi, Lonsdale, Santini,
Drouot... excusez du peu!) autrement valables que
nos schtroumpfs et schtroumpfettes, et qui disent
juste, eux. Les propos tenus n'ont rien de
fantaisiste: ils sortent des archives des
Débats parlementaires concernant la fameuse
loi de séparation des Églises et de
l'État (1905). Chacun en prend plein sa
musette. Jaurès, Briand, ont une autre
stature, une autre hauteur de vue, un autre talent
que les batteurs d'estrade, pantins racoleurs du
temps présent.
Quant aux fondamentalistes religieux, ils n'ont
pas changé.
Hélas!
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Plus les populations deviennent incultes, plus
elles ont tendance à écrire sur les
murs. Par contagion, les mots impropres fleurissent
à mesure que le langage se salit. Qui
oserait dire de nos jours qu'un avant-centre se
place en milieu de terrain? Quelle horreur! iI se
positionne. C'est tellement plus simple (et plus
court). Ce n'est battu que par positionnement,
employé par tous les bafouilleurs du paf.
Qui vouent un culte à
spécificité (plus classe que
caractère). Heureusement, ils ont la
bouée de sauvetage pour noyés
potentiels: entre guillemets. Tout, plutôt
que LE MOT JUSTE. Pourquoi faire simple quand on
peut faire compliqué? On aurait de belles
surprises en demandant à nos hardis
lexi(ca)cologues de tracer le fameux signe, aussi
inconnu d'eux que l'esperluette. Signalons pour
finir qu'une vertu n'est plus civique: elle est
promue citoyenne. La sottise, elle, durable ou
pérenne, reste la sottise.
La langue française est une école
de clarté, d'élégance, chacun
sait cela.
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Le Phare est une maison de fous. Soyons
honnête, je crois que ça vient des
tauliers. Pétardiers, originaux, fantasques,
cabochards. Que voulz-vous que ça donne? Par
exemple que le grand copain de Nini (chatte) est un
rat, immigré clandestin qui lui
bouffe ses croquettes sous le nez et pompe
tranquillement son lait sans qu'elle trouve
à redire. Le galant habituel est tricard.
Apparemment il s'en tape le beignet (et la cloche,
lui aussi). Ménage à trois autour
d'une gamelle. Schéma classique.
Après tout, qu'ils se démerdent. Ce
n'est pas nous qui irons interférer dans
leurs affaires de coeur.
Ça vaut bien d'autres appariements plus
étranges.
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Message
perso
Mliass
!
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Mishka
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Roland-Garros une catastrophe, se lamente la
télé qui n'a que des plans de pluie
à offrir. Et alors? c'est chiant? Un match
de tennis aussi. Le moindre espoir de soleil, il
faut bourrer plus de 80 matches dans la
journée. Et recommencer le lendemain
à tendre les bâches. On oublie que
chaque année c'est la même chose!
Je suggère quelques solutions: changer de
dates, aller jouer ailleurs, transformer les lieux
en piscine, couvrir les courts, inventer le
water-tennis, réserver l'espace publicitaire
aux annonceurs de sports nautiques, obliger les
pipols dans les loges officielles à
promouvoir des marques de parapluies, à
prendre des douches à poil (ou des bains)
pour lancer des produits moussants.
Vous verrez si le tennis n'explosera pas
l'audience, reléguant la
télé-réalité au niveau
du docu sur la pêche au thon, la danse
folklorique ou celui des émissions
culturelles.
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Pourquoi ne suis-je pas invité par les
universités américaines pour une
tournée de conférences,
mystère. Je peux disserter de n'importe quoi
à perte de vue (ce que j'ignore, je
l'invente). Les amphi bourrés
d'étudiants ne m'impressionnent pas. Ils
m'exciteraient plutôt, pimentés
d'étudiantes dont le phi-béta-kappa
pectoral déclencherait une alerte à
Malibu. Outre leur proverbiale hospitalité,
les universités américaines ont la
réputation de claquer leurs franklins sans
compter. L'équipement informatique du Phare
a justement besoin d'un petit coup de jeune, et je
ne déteste pas rouler en limousine ni hanter
les palaces. De toute façon, on trouve
partout d'excellents resto chinois, italiens,
même français. Les vins californiens
valent largement les nôtres. Et le whisky,
c'est le même.
God bless America!
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J'ai fait un rêve curieux qui m'a
laissé tout bizarre. Non, je ne le
raconterai pas. Pourquoi le ferais-je? Je n'ai pas
pour habitude de m'étaler complaisamment
dans ces pages. Et ma vie privée?
Défense d'entrer. Je dois conserver une
chance d'être invité par les
universités américaines.
De plus, je n'apprécie pas d'être
traité d'obsédé par les
morveuses retour du Pacifique. Ce qui est
strictement exact (cherchez quoi).
On ferme son joli bec, quand on se fait mettre
par les Chinois.
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Il y a de gros malins pour considérer mon
activité comme un ingénieux
passe-temps, une aimable, flatteuse
sinécure, confondant du haut de leur
condescendante ignorance la gestion d'un site,
particulièrement du Phare, avec
l'ergothérapie des maisons de retraite.
Loin de moi l'idée de me plaindre de la
galère où je me suis moi-même
fourré pour l'amour de l'art. Les gros
malins méritent seulement qu'on leur claque
le beignet pour leur apprendre que mon "hobby" ne
s'improvise pas. Il est plus pointu qu'ils le
seront jamais.
Adolf Wölfli écrivait, sur un sujet
voisin:
«Vous n'imaginez pas l'acharnement qu'il
faut pour faire ce travail. Il y aurait de quoi
devenir fou si on ne l'était
déjà.»
J'adopte la formule.
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De là où je suis, j'occupe la
position idéale pour observer nos petits
travers et grandes faiblesses. Mais je ne suis pas
Balzac, la comédie humaine me semble
plutôt consternante et je bois assez de
café comme ça. En outre, une
maîtresse polonaise, la Rédaquette ne
supporterait pas (moi non plus d'ailleurs).
J'assiste toutefois à un curieux carnaval
depuis ma lanterne, d'étonnantes lubies de
mes contemporains et raines, de surprenantes
prétentions. Ce n'est point parce qu'on
écrit qu'on est écrivain... Certains
prennent très mal les remarques que vous
faites, étant leur propre idole intangible
depuis longtemps.Tout dépend, direz-vous, de
la personnalité de la personne. Cela
s'appelle idiosyncrasie et ce n'est pas une
insulte. Tel (ou telle), tremblant d'être
reconnu par sa concierge, juge vital de masquer son
nom universellement ignoré. Que faire?
Prendre un pseudo, bien sûr, poser
devant l'objectif avec une fausse barbe. J'ai
trouvé ainsi une authentique
zélatrice de l'incognito ayant
renoncé à se manifester parce qu'elle
ne pouvait écrire son nom à l'envers
(le fin du fin selon elle et la défunte
Semaine de Suzette): elle se
prénommait Anna. Confondant
déjà anagramme avec renversement (et
kilojoule), elle était tombée sur un
palindrome! Comble d'infortune, s'appelant Dupont,
elle ne pouvait décemment écrire
Tnopud. Dupont, vous savez bien: les steuqirb, ces
objets qui produisent une emmalf quand on actionne
la ettelom.
De toute évidence, la malheureuse n'avait
aucun avenir dans le Renseignement.
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L'été s'annonce plutôt
pourri. Roland-Garros et Wimbledon noyés
sous des cataractes, nos paysages sous la flotte,
le retour de la grippe aviaire et du principe de
précaution, les travaux routiers, les
déviations, les télécoms
perturbés d'orages, foudre, microcoupures
fatales (EDF n'est plus ce qu'elle était),
pétage de plombs informatiques, alertes
rouges, vertes, jaunes, terroristes. Le territoire
sous la dépression. Nous aussi. Il devrait
pourtant faire beau: on a Sarko. Que nous
réserve l'avenir? Le Tour de France? Combien
de dopages en perspective? Je les absous d'avance.
Je pense moi-même à me shooter pour
supporter la merdouille, le vide médiatique
des rediffs s'ajoutant à l'habituel,
l'activité au ralenti, les boîtes
fermées, les responsables inaccessibles, le
pays en hibernation d'été...
Eh! tout s'arrête chez nous à cette
époque! On entre en cacalepsie. Ne reste que
la lecture tant qu'on y voit. Mais je
n'aperçois pas beaucoup d'éditeurs.
Normal: y a plus d'auteurs! Et je finis par me
demander si j'existe encore...
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Le Phare est un fromage, disent les gens bien
informés. Ils ont raison. Aussi pagailleuse
que la Rédaquette, Nini laisse traîner
partout les souris qu'elle ramène du jardin.
Or la gent trotte-menu apprécie les lieux,
elle s'y trouve à l'aise: le gîte, le
couvert, de la lecture à tous les
étages, une relative tranquillité. La
dernière arrivée a élu
domicile dans le lave-vaisselle qui, tombant en
panne d'indignation, révèle le pot
aux roses: mademoiselle, apparemment bercée
par le ronron et les trémulations de
l'appareil, a bouffé le flotteur de
l'électrovanne, coupant l'arrivée
d'eau et nous ramenant aux temps
préhistoriques du récurage à
la main. Le Phare est donc bien un fromage. Pour
les souris seulement. La Rédaction et ses
collaborateurs travaillent toujours pour la
gloire.
Pauvres comme zob.
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Dans mon bled, le jour de marché est une
épreuve. Le périmètre
où s'entassent forains et aborigènes,
avec les accourus et les arrivistes,
comme on appelle ici les "étrangers du
dehors", devient un camp retranché
livré à l'impitoyable lutte pour
l'espace vital, en comparaison de laquelle la dure
loi qui règne à l'ouest du Pecos
n'est qu'une plaisanterie. Le cerveau reptilien y
est plus épais qu'ailleurs: des grappes de
désoeuvrés bavardeux vous barrent
obstinément le chemin, lancés dans
d'interminables palabres en plein milieu des
allées. Ils n'auraient pas l'idée de
pousser leur cul pour libérer le passage...
Ils l'auraient bien, mais prennent un malin plaisir
à faire chier, pas aussi innocents qu'ils le
paraissent. Sinon, comment existeraient-ils? Le
marché est leur jour de gloire, leur
justification sur terre, le pain bénit de
leur chienne de vie. La courtoisie est la politesse
des rois, pas des ploucs.
Quand j'avais du temps à perdre et des
poussées de zorropathie, je filais au
marché, où je n'avais que foutre,
équipé d'un caddie qui ne me servait
à rien, sinon à le balancer dans les
pattes des ergoteurs dont je fendais les groupes en
m'exclamant, toujours correct: «Oh pardon,
m'sieurs-dames!»
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Je suis salement secoué. Ils
étaient tous drogués! Tous! Villepin,
Sarko, Sartre, les équipages de la NASA,
Toulouse-Lautrec, Cyrano, Jésus... qui
marchait sur les eaux et changeait la flotte en
vodka polonaise pour finir dans les ravins
alpestres, les freins pétés... Alors,
que le Tour de France ait lieu en Thaïlande,
la StarAc au Brésil où ils ont mieux,
le tapinage artistique au Sahara, qu'est-ce j'en ai
à cirer? Le petit monde propret ben
honnête légué par ma
môman a disparu. Qui croire désormais?
PAS UN DE CES MENTEURS, TRUQUEURS, ENCLUMEURS DE
LOUCHES...!!!
Même moi, me croyez pas quand je dis que
je suis le plus beau, que je me shoote qu'au
goémon et que le Phare est lu jusque dans la
lune. La lune de ma soeur, oui!
Ma soeur. Celle qui bat le beurre.
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Je ne suis pas
loin de réagir comme Churchill lorsqu'on lui
demandait le secret de sa
longévité:
-- No
sport.
Le foot
m'ennuie, le rugby me glande, le tennis
m'exaspère, le golf me gonfle, le polo
m'indiffère, le cyclisme m'endort, la boxe
me déprime, les arts martiaux me font
braire.
Seul trouve
grâce à mes yeux le beach
volley.
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Certains ânes bâtés de la
faculté ont décidé comme
ça, tout d'un coup, que l'addiction, quelle
qu'elle soit, c'est très vilain, très
mauvais, très dangereux. Ils ne voient pas
de différence entre le zombie qui carbure au
café et celui qui marche à l'alcool,
à la fumette, au speed, au crack, à
l'héro... Mais que voient-ils, ces beaux
esprits?
Bref, faut pas aimer ce qu'on aime. Sa femme non
plus, je suppose. Ou son mec. Le cul, pas
davantage. Ni Dieu. Ni la vie. "Garçon,
l'addiction!" Autant en finir tout de suite.
Qu'est-ce qu'ils attendent pour se flinguer?
Et nous foutre la paix.
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Quand j'entends parler de plan de
carrière, je rigole. Qu'est-ce que tu veux
faire plus tard, mon petit bonhomme?
Scaphandrier-photographe ou alors pompier. Et on
finit employé de banque. Il n'y a pas de sot
métier, c'est sûr. Déjà
beau d'en avoir un qui ne vous conduise pas
à la déprime. Vous tombez dessus par
hasard. Quelques aptitudes naturelles aideront, et
encore... Le reste, c'est du travail.
Faites n'importe quoi. Au bout d'un temps plus
ou moins long, plus ou moins dur, vous aimerez ce
que vous faites. Et de mieux en mieux, à
proportion du mal qu'il vous aura donné. Si
vous voulez y passer maître, il faudra
progresser toute votre vie.
C'est tout.
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Après la peste, le choléra, le
doryphore, dernier fléau connu: les wags
(wives and girlfriends), les compagnes des stars du
spectacle, du sport et autres pipols. L'acronyme
est anglais, mais le phénomène
universel. Un vrai désastre,
paraît-il. Aucune décision ne se prend
sans elles. Pas question que Superman aille exercer
ses talents dans un trou dépourvu de
palaces, boutiques de luxe, resto gastronomiques,
boîtes hyperbranchées. Que
feraient-elles, les pauvres chéries? Elles
ne sont pas maquées au coffre-fort pour se
ronger les ongles à longueur de
journée, coucher sous la tente, bouffer du
surgelé, acheter des perles en plastique,
hanter les grandes surfaces de troisième
zone, le trou aurait-il un nom illustre et
respecté ou des prétentions au
gotha.
Leur mec peut faire trembler tout le monde,
à la maison c'est elles qui commandent. Un
coeur de fer dans une peau de velours. Elles ont la
haute main sur les contrats et les fournisseurs
(Dior compris).
Depuis l'invasion des wags, le nombre de
faillites, de suicides dans le milieu des affaires
est en constante augmentation.
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Le baby blues
(déprime post-partum) est bien connu, comme
la déprime post-coïtum. Il faut y
rajouter le Québec blues (déprime de
la rentrée). Pas trop de souci à se
faire pour la concierge. Classique. Pas la
concierge: la nostalgie.
En psychologie de bazar,
les vacances sont une idyllique parenthèse
d'un monde perdu que nous pleurons comme
l'utérus originel. On y était bien,
protégé. Tout il était beau,
tout il était gentil. Tout baignait. Dans le
liquide amniotique. À présent, il
faut revenir dans ce monde de merde, ce monde
d'adultes. C'est dur. On réagit par le
rejet.
En général,
ça passe.
Sauf quand ça passe
pas.
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La Fayette était
auvergnat, on l'a un peu trop oublié. Et qui
a libéré Istanbul du café turc
dès le premier Orient-Express, jetant un
pont entre Lot et Bosphore? Des bistrotiers
auvergnats!
L'Auvergnat est aventureux,
courageux, généreux, ouvert,
tolérant, dur à la tâche,
inventif. Malin comme... comme un Auvergnat. Avec
ça, modeste.
Et je suis bien placé
pour le savoir:
JE SUIS
AUVERGNAT.
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Depuis que Le Phare est sur
Internet, il n'a jamais interrompu ses livraisons
hebdomadaires. EXCEPTIONNELLEMENT, ce numéro
couvrira la quinzaine du 17 au 30
Septembre.
Les parutions hebdomadaires
reprendront le 1er Octobre.
Il était temps de prendre
un peu de vacances...
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Sondage LE PHARE -
IFLOP
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50% des Français n'ont jamais
lu un livre.
10% ne savent pas lire.
75% repêchent leurs crottes de
nez.
30% 1es collent sous les meubles.
0,2% les conservent dans une petite
boîte.
80% se grattent les fesses en public.
63,52% pètent au lit.
42% croient que Spinoza est une station
balnéaire italienne.
39%, que Descartes est l'inventeur du
tarot.
99,99% disent «un espèce
de».
100% parlent de bouffe en bouffant.
25% sont bourrés dès 6
heures du soir.
0,1% savent la Marseillaise en entier.
714,70% des Français ne
sont pas dignes d'être
français.
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Étant un vieux con, je vis sur
d'anciennes valeurs de vieux con qui ne
correspondent plus à l'époque: repect
des autres, de la parole donnée, de son
métier, amour du travail bien fait.
Aujourd'hui, ces choses n'ont pas plus cours que le
sesterce.
Et c'est tant mieux, disent certains que
ça arrange.
Et c'est dommage, je dis, moi !
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Nous avons droit à un nouvel
intégrisme: l'intégrisme
médical. On en manquait. Comme nous sommes
probablement trop nuls et irresponsables, nous
ignorons que l'abus d'alcool est dangereux, et dans
certains cas fatal. Aussi contraint-on maintenant
les vignerons (à leurs frais) à
vendre leurs produits ornés du pictogramme
d'une femme enceinte avec l'avertissement
"Zéro alcool pendant la grossesse."
Quelle révélation! On le sait depuis
la nuit des temps, mais quelques inutiles viennent
de le découvrir et s'inquiètent de la
chose pour nous. Ils feraient mieux de
s'inquiéter pour eux. Et de se soucier du
français autant que des chiards.
Pareil pour le tabac et je ne sais quoi encore.
La voiture? Les sucreries? Tu peux attendre! Car
les pouvoirs publics règnent sur des
enfants, des têtes de linottes, et ça
ne fait pas de mal de leur rappeler le plus souvent
possible qui les gouverne (pube gratuite sur le dos
du con, très con-tribuable), et que le libre
arbitre c'est pour les grands. Parce qu'il faudrait
vendre les prises électriques avec
marqué dessus "Ne mettez pas les doigts
dedans." Les marteaux avec "N'utilisez pas
ça pour vous taper sur la
tête."
Je suis sûr que dès que vous
apercevez un bidon de Javel, vous sautez dessus
pour le siffler cul sec. Les boîtes de
suppositoires, vous les croquez comme des bonbons.
Les tubes de dentifrice, vous vous les videz dans
le cul les uns derrière les autres. Et, pour
faire un joli feu d'artifice dans votre jardin en
épatant les voisins, vous vous procurez
à prix d'or chez les terroristes des
bâtons d'explosif, et appuyez sur le
détonateur.
À cause de la connerie (qui tue vraiment,
elle) de quelques-uns mais ça les regarde,
on emmerde et tarabuste, infantilise et culpabilise
tout le monde. En se faisant une bonne conscience
de pères la vertu. La bonne conscience des
rois des cons.
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J'ai trouvé le portable de mes
rêves, le superportable, meilleur que nokia,
plus fort qu'iphone le mythique: celui de mon
horlogère. Elle a besoin de son mec au
magasin, parti en vadrouille, lui
téléphone pour une cliente,
s'impatiente. Woobloooosh! il apparaît
à l'entrée, son propre portable
à l'oreille!!!
-- Comment vous avez fait ça? je
brame.
-- Ben... je l'appelle...
Génial, ce bigo! Tu veux quelqu'un, tu le
sonnes, il se matérialise devant toi! Ton
mec parti ailleurs, tonton Zizou de Montpellier,
Sam Westlake de Chicago, Hong Ti Phou de
Singapour... Tu règles ton affaire en direct
live. Plus besoin de portable.
-- Je veux ce portable! j'ordonne. Combien?
-- Il est pas à vendre. C'est à
moi.
Heureusement, elle a compris que je blague, que
le hasard est avec elle. Mais enfin, venu pour une
pile, je me hâte de m'esbigner. On ne sait
jamais.
Des fois qu'elle appellerait l'hôpital
psychiatrique...
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De récentes
affaires nous rappellent à point que
le rôle de bouc émissaire n'a rien
d'enviable. On ne saurait pourtant s'en passer: les
faits délictueux ne sont pas scandaleux,
mais celui qui ose les rapporter.
Eh non! rien à voir avec
la justice. Depuis quand s'applique-t-elle aux
petites et grandes magouilles?
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Les chats adorent roupiller dans
des machins trois fois trop petits pour eux, qu'ils
remplissent de leurs formes et de leurs
ronrons.
Tout comme nous.
Dans nos souvenirs
d'enfance.
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Les cuisiniers sont susceptibles, les chefs, les
rédacs, pareil. Ne tolèrent
d'ailleurs personne dans leur domaine: on les
verrait mettre les doigts dans la gamelle,
patouiller, tripatouiller. Ramasser par terre un
vieux truc qui traîne, le faire passer pour
du neuf. Tout est question de langage. Extase
aux dix parfums et aux six poivres dans sa
robe d'avril ne cache souvent qu'un
sérieux manque d'imagination culinaire. Faut
aussi considérer sur quoi ils rament!
Puisqu'on vous dit que l'essentiel, c'est de
faire rêver le client.
Et de taper dans le porte-monnaie.
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J'adore la psychologie de bistrot: elle touche
le fond de la stupidité humaine. Combien de
fois ne m'a-t-on pas dit «Évidemment,
tu as choisi inconsciemment le phare pour nom de
domaine, avec toutes ses implications. Phallique en
diable! Tu le sais, n'est-ce pas?» Non, je ne
le sais pas. «C'est pire», insiste
l'abruti.
Eh non! je n'ai jamais songé à une
queue en voyant un phare... ni un menhir, ni une
bouteille de champagne, ni une bitte d'amarrage en
dépit du nom.
En revanche, quand je te regarde, cher
imbécile, je vois assurément une
belle tête de noeud!
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Compatible n'a aucun sens en informatique. C'est
du langage de commercial, attaché à
fourguer sa camelote. Rien de moins compatible avec
l'informatique que l'informatique. Dès qu'un
ordinateur sort des mains du fabricant, il devient
immédiatement allergique aux autres. Il
réagit à tout élément
extérieur, serait-ce son propre frère
jumeau, comme à l'intrusion d'un corps
étranger et le rejette avec horreur.
Semblable au chat, il ne tolère pas qu'on
lui change ses habitudes et trouble son confort.
Sujet à de soudaines lubies, s'il a
décidé de jeter la pagaille dans les
vôtres, rien ne pourra le faire changer
d'avis, ni les menaces ni la douceur. Inutile de
lui demander ce qui se passe: il n'en sait rien
lui-même. Et il est incorruptible.
Rapidement, il saura vous faire comprendre qui
est le maître chez vous.
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Je crois que je vais traîner en justice
les pouvoirs publics pour poussage au crime. On
nous rebat si bien les oreilles avec ces salauds de
fumeurs qu'on flinguera bientôt à vue,
que ma nature rebelle par principe pour tout ce qui
est contre et contre tout ce qui est pour, m'incite
à cloper comme un malade. D'habitude je n'y
pense pas, mais on me ramène si
obstinément là-dessus que je ne pense
qu'à ça. Le fruit défendu,
faut pas me pousser! Quand c'est le seul moyen qui
reste pour manifester son opposition au
système... Dieu merci, je ne suis pas
enceinte et j'ai tous les cancers possibles, sauf
celui du fumeur.
Vous avez sûrement entendu parler de ces
tifosi qui ont attaqué et détruit une
caserne de carabinieri. Que disent ces beaux
messieurs pour se justifier? «Nous, le foot,
on s'en tape autant que de la Lazio, avec nos
écharpes à la con, mais ça
nous permet de cogner sur les blaireaux, de casser
des vitrines, gueuler comme des ânes,
insulter qui on veut dans nos tribunes où
pas un flic n'ose se pointer, picoler,
fumer...»
Vous avez bien lu: FUMER. Voilà où
ça mène!
Quelle horreur! Si pour fumer je dois me shooter
au foot, porter des écharpes à la
con, devenir tifosi, asocial, bazooker les casernes
de carabinieri et tout ce qui s'ensuit, je
préfère réagir maintenant et
expédier les nuisibles qui nous gouvernent
aux tribunaux compétents. AVANT QU'IL NE
SOIT TROP TARD.
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J'adore
l'informatique. Nombre de mes
éditos le prouvent amplement. Cette
semaine, pris d'une soudaine lassitude, je
me contente de reproduire mon dernier mail
à un fournisseur en ligne qui passe
pour recommandable. Comme je ne veux nuire
à personne, étant
indécrottablement bon, j'ai
masqué les détails qui
permettraient de l'identifier. Mais que
ceci vous serve de mise en garde
concernant tous les fournisseurs en
ligne! Détail amusant, le
renseignement recherché s'appelle
suivi de
commande...
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mon mail du
[...] 2007
[...]:[...]
Je vous demandais mon N° de colis parce
que, après avoir vu dans ce fameux "espace
client" que la livraison était prévue
le [...] et être resté
bloqué pour rien chez moi (règlement
Visa encaissé depuis le [...]), je
suis retourné voir sur votre site quelle
nouvelle date on annonçait... Vide! (Je ne
risquais pas de lire mon N° de colis!) On
m'expédiait au livreur, qui affichait que
"ce colis était inconnu" et me demandait de
vérifier son N° (Où? Chez vous,
bien sûr. À condition qu'on ne
réponde pas d'aller voir dans mon "espace
client" ). Toujours bloqué en vain, j'ai
demandé par mail au livreur de qui on se
moquait.
Et ce matin, miracle! Mon colis existe! il est
reconnu et "pris en charge"! J'existe donc aussi!!!
Quant à la date de livraison, je l'ignore
toujours... Depuis 192 heures...
Pour un fournisseur qui prétend livrer
sous 48/72 heures, vous n'êtes pas un peu
loin de compte?...
Cordialement tout de même,
Client [...]
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Pour
être honnête et contre toute
attente, on a fini par me livrer 2 jours
après la date initialement
prévue. Ce qui porte tout de
même la marinade à 240
heures!
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Dans mon bled, trou du cul du
monde, nous avons une buraliste originale, sans
doute membre d'une secte anti-tabac: elle vend des
briquets qui ne marchent pas. Si vous retournez
vous plaindre dans cet antre de la vertu, vous
recevez pour toute explication: «Mon pauvre,
ce sont les nouvelles normes
européennes!» (destinées
à empêcher les mômes de jouer
avec le feu). Tu veux fumer? tiens,
fume!
Ça me rappelle ce vieux
film où Fernandel se débarrasse de
ses harengs pourris en les faisant passer pour des
anchois de Madagascar...
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Comme on connaît ses dieux, on les
honore. Dieu sait (oh pardon!) si celui-ci en fut
un pour moi, et l'est encore, et si je l'ai
fréquenté dans les salles
obscures!
Il m'a pourtant fallu attendre un âge
avancé (comme on dit du camembert) pour me
rendre compte que l'ancêtre des humoristes
américains - Woody compris, en plus
surréaliste, était atteint d'un
strabisme prononcé résolument
divergent. Ce qui n'est rien (pour moi). Mais
surtout que la fameuse moustache (et les sourcils)
était peinte! Pas même un postiche, vu
son âge. PEINTE !
Depuis, je fréquente assidument les
oto-rhino-laryngoculistes...
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Cherchez
la femme
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Pendant que, chez nous,
Naboléon le Petit s'épuise en vaines
gesticulations, promesses foireuses et, perdant
à mesure son peu de crédit, voit
monter la grogne de ceux d'en bas indignés
du montant de ses honoraires, pas plus
impressionnés par ses bonnes fortunes
postconjugales que par ses relations, il y a
quelqu'un qui, en Ukraine, avec un art
consommé, une étonnante
habileté politique et sans esbroufe, grille
tous ses rivaux, accédant inexorablement au
vrai pouvoir. Scandale suprême, c'est une
bonne femme! en train de balayer les
machos du coin en fine stratège. Elle n'a
aucun besoin, elle, de se faire une beauté
par personne interposée. Elle est
belle!... ultime insolence!
Je veux parler de Julia
Timochenko.
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La ponte
de textes édifiants par le Rédac
à l'occasion de Noël est une vieille
tradition du Phare. Comme chaque année, nous
la respectons pieusement.
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CONTE DE
NOËL
*
Depuis l'aube des temps, la Cisjordanie est la
terre des emmerdeurs. Cette année-là,
trois personnages y cheminaient de conserve, un
asiate, un noir, un blanc. Déjà,
c'était mal barré. Rois tous les
trois, ils n'avaient omis qu'une chose pour une
région des plus périlleuses: les
gardes du corps. À part ce fâcheux
oubli, rien ne manquait dans leur bagage, ni l'or,
ni l'encens, ni la myrrhe. Ils se nommaient
respectivement Gaspard, Melchior et Balthazar. Le
lecteur attentif en pleine possession de ses
facultés aura reconnu les Rois mages,
réputés pour leur réputation
comme Raynal et Roquelaure, et se souviendra
peut-être qu'après avoir trop
fumé la moquette, ils allaient rendre
l'hommage officiel des hommes au fils de Dieu, sur
l'injonction d'une mystérieuse étoile
qui poussait l'obligeance jusqu'à servir de
GPS.
Lorsque l'étoile se mit en stand-by
au-dessus d'une grotte (vieille tradition
moyen-orientale, récemment encore
utilisée par Ben Laden), ils surent qu'ils
étaient arrivés. Ils
entrèrent. Ça ne sentait pas
spécialement la rose. Des moutons, des
bergers, des oies, des canards, des poules, un
boeuf, un âne, quelques ratons laveurs, un
couple juif misérable, un nid dans de la
paille et là, baigné d'une
lumière irréelle, l'objet de
l'adoration universelle (pour le moment). Ils
s'approchèrent, tombèrent à
genoux, se penchèrent
respectueusement...
Les yeux faillirent leur jaillir des orbites et
rouler sur le sol terreux:
des jumeaux!!!
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