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  Je l'ai souvent dit, et d'autres avant moi -- et d'autres probablement après: si les constructeurs automobiles usinaient leurs chiottes comme les fabricants d'informatique leur matériel, ils n'en fourgueraient pas une. Des chiottes qui plantent, qui ont le volant en option, ne causent qu'anglais et n'en font qu'à leur tête sans prévenir, ça ne se vendrait pas. Personne n'en voudrait.

  Les fabricants d'informatique sont-ils des ânes? Pas du tout: ils s'en foutent. La bagnole, t'achètes obligé. Mais l'ordi, personne t'a sonné. C'est du luxe. Tu l'as voulu tu l'as, ton joujou. Démerde-toi. Et curieusement, on se comporte avec le superflu comme avec un môme: on en avait pas vraiment besoin, on a toutes les faiblesses pour lui, on lui passe tout. On devient son esclave, on en dort plus la nuit. Il fait sa première dent? c'est la première dent du monde. Il dit papa (mot de passe) sur son écran? on manque de s'évanouir, on prévient les copains, téléphone à tout le répertoire, on sable le champagne. Trop heureux de supporter ses caprices, torcher ses cacas. C'est lui le chef, on est que la sous-merde.

  Quand tu tombes sur un ordidiatre (l'équivalent du pédiatre), je te dis pas comme il te snobe. Il parle hébreux, sanscrit, mandarin. À peine s'il se comprend lui-même. Tu galères parce que t'es nul, piges rien. En un mot: in-com-pé-tent.

  Lui, il compète plus haut que son trou de balle. Mais t'es le seul à le savoir.

L'Europe vient de passer à 27, quelque 500 millions d'individus. Le Conseil de l'Union a donc 27 langues officielles, et pour souci principal d'accorder les violons en employant un idiome commun. Un vrai casse-tête.

Facile, diront les jocrisses, il suffit d'utiliser l'anglais. Sauf que l'anglais est une fausse langue simple, mène à des impasses et ne fait pas dans la nuance, dont la politique ne saurait se passer.

Personne, naturellement, ne songe au français ni ne se demande pourquoi il fut si longtemps le langage diplomatique universel malgré (ou à cause de) sa teinture aristocratique -- non par impérialisme, mais pour sa ductilité et sa finesse --, avant d'être détrôné par le pidgin des marchands de foire.

Toujours sourire, le coeur douloureux, bêlent les opérettes, ressemblant à s'y méprendre aux "années nouvelles" épuisées de copier les précédentes. Pluies de best of (fonds de tiroirs = flemme), plutôt worst of, bêtisiers pour brêles, hommages aux chers disparus... qui seront vite oubliés. On se souvient une fois par an, c'est déjà ça!

Crève-coeur de l'agenda-cimetière: ces anciens noms à supprimer pour cause de disparition -- comme s'ils devaient s'effacer de la mémoire. C'est la vie! dira le philosophe de service.

Je m'y fais pas. Et le crétin de permanence resservant son Nul n'est irremplaçable en s'oubliant sur la liste! Qui le remplacera, lui?

Il y a des gens, hélas, qui nous manqueront à jamais.

Et des chats, qui avaient aussi une âme.

La dernière fois que j'ai consulté, on m'a demandé:

-- Des allergies?

-- La connerie, la pube et les chanteurs.

Depuis, on juge mon cas désespéré. À la réflexion, je reconnais à la pube une seule vertu: donner du travail à des gens inemployés ailleurs qui, sans elle, crèveraient de faim. Doit-on pour autant la confondre avec une ONG?

J'en profite pour signaler qu'intermittent du spectacle est un truisme, les spectacles étant par nature intermittents. Donc ses officiants, depuis la nuit des intermitemps.

Maintenant, vous faites ce que vous voulez.

Paraît que l'industrie du textile est un secteur menacé par la déloqualisation. Menacé? Chouette! J'applaudis des deux mains, tant pis pour les syndicalistes et les puritains. Déloquons-nous, mes frères. Vous surtout, mes soeurs. Pour vivre heureux, ne cachons rien.

À qui s'indignera de nos nudités, nous pourrons toujours répondre: c'est à cause de l'impôt. Personne ne pourra démentir.

Tu vois, Mona, moi aussi je tiens mon journal.

J'en vois qui ricanent déjà: ça y est, il est devenu fou! Pourri comme les autres, à se faire avoir par la pube.

Erreur, messeigneurs! C'est de l'art. Le célèbre Andy Warhol de 1962, intitulé... Campbell Soup. Dada était passé par là. Chardin aussi, mais il peignait des compotiers.

Ça vous en bouche une surface, hein?

C'est comme ça!

Vous voulez savoir comment renifler un petit monsieur? Je ne parle pas des gens de petite taille, bien sûr, mais de ceux qu'Alain appelait les importants. Ceux qui se croivent, si vous préférez. Outre que leur seule vue donne de l'urticaire, vous les repérez à leur morgue, leur condescendance, leur agressivité. Plus nul le personnage, plus outrée sa prétention, la haute opinion qu'il a de sa personne. Il tentera de vous impressionner pour s'impressionner lui-même. Les mythomanes se recrutent dans leurs rangs. On y compte nombre de Napoléons, Césars, Jupiters. Au fond ce sont des malheureux plus à plaindre qu'à blâmer.

Tous les êtres de valeur que j'ai pu approcher étaient d'une simplicité, d'une modestie, d'une gentillesse exemplaires. Et d'un abord facile.

Souvent, je pense à eux pour me consoler des autres.

Pour peu que vous ayez pratiqué l'informatique, ne vous est-il jamais venu à l'esprit que les vagues de virus, puis de spams déferlent un peu trop opportunément pour permettre aux marchands d'antivirus et d'antispams de fourguer leur camelote? Vieux familier des polars, je ne peux m'empêcher de poser la fameuse question: à qui profite le crime?

Bon sang, mais c'est bien sûr! Aux fabricants d'antivirus et d'antispams!!

On crée le besoin (marché), puis on "offre" le moyen de le satisfaire (produit). C'est l'évidence même...

Non?

J'ai un long contentieux avec les grille-pain. Le dernier point sur la question révèle que deux de ces appareils me sont actuellement nécessaires pour remplir l'office d'un seul, ce qui laisse à penser sur les concepteurs de grille-pain. J'avoue que le pain vendu dans nos boulangeries est tellement immonde, que je préfère l'acheter au patelin voisin et le conserver au congélateur (nos boulangers sont sûrement en famille avec les concepteurs de grille-pain, ce qui semble venu de même farine). Vous me direz que les grille-pain n'ont jamais été faits pour traiter le surgelé. Il se trouve que vous avez tort, car mon premier grille-pain possède une touche spéciale "defrost". Il y a donc au moins un concepteur de grille-pain aussi mal loti que moi en boulangeries. Or, on vient de m'offrir un appareil où l'on peut adapter au-dessus du gril un ingénieux système (1) pour dorer les petits pains, qui est apparu idéal pour les croissants, également surgelés, que j'avais le plus grand mal à introduire dans le premier appareil, dont les ouvertures sont un peu étroites (mais il grille bien mieux les tartines, et le nouveau n'a pas de touche "defrost"). Il faut simplement pousser au maximum le régulateur de brunissement (4) et répéter deux fois l'opération. Le résultat est miraculeux. Aux dernières nouvelles, le premier grille-pain, sans doute vexé à mort, est devenu imbattable au lancer de toasts: le ressort de rappel du coulisseau (2) est tellement puissant qu'il arrive à expédier par terre le pain grillé jusqu'au milieu de la cuisine. Ce qui laisse le chat parfaitement indifférent.

Mais pourquoi, pourquoi des bricoleurs si doués n'ont-ils jamais pensé à réunir ces deux grille-pain et un seul, mystère!...

Visite de routine chez mon médecin. Je lui trouve l'air pâle, fatigué (stress,surmenage).

-- Comment ça va? je m'informe.

-- Bof...

Il y a comme du désenchantement, là. Je me frotte les mains, très pro et désigne le lit d'examen:

-- On va voir ça. Allongez-vous, détendez-vous.

Il ne se marre même pas. C'est donc plus grave qu'il n'y paraît! Mon cas le désespère: analyses d'anthologie, tension de jeune homme, RAS sur l'ensemble du front. À quoi sert-il?

-- Je crèverai au moins en bonne santé! dis-je pour le consoler.

Lui, croule sous la paperasse, n'a plus de week-ends, de vacances. Impossible de débrancher. Les vocations deviennent rares. Il s'inquiète pour l'avenir de la profession... Va-t-il me faire une crise existentielle?

-- Désolé, je m'excuse, un peu honteux.

Je le quitte sur la pointe des pieds, accablé d'impuissance. Il a réussi à me refiler son bourdon, le salaud!

Voilà une semaine qu'on me tape sur la tête à coups de marteaux. C'est insupportable, mais je n'en soufflerai pas un mot à mon bon docteur: les couvreurs sont au Phare. Ça commençait à urger. N'empêche que travailler dans de pareilles conditions n'a rien de plaisant. Je ne parle pas des couvreurs, qui ont l'habitude, mais de moi en bon égoïste.

Je ne suis pas seul à me plaindre. La Rédaquette en a sa hottée, mais surtout Nini, la patronne, qui nous fait comprendre dans son langage cru que ça ne peut durer, qu'il est temps de mettre ordre à tout ça et de ranger le jardin, son jardin qu'on lui a saccagé, encombré de palettes et d'une immonde bestiole verte qui ne fait même pas miaou, sa maison qu'on est en train de lui casser sans lui avoir demandé la permission avant. Et ne parlons pas de ses siestes qu'on lui pourrit jour après jour. C'est vrai qu'on est HS tous les trois. Pas besoin de nous bercer le soir pour nous endormir: LE BRUIT TUE.

Tant qu'ils y étaient, aux toitures, ils auraient pu s'occuper de la mienne, qui commence à onduler sérieusement.

Pire que les nuls en informatique: ceux qui se prennent pour des flèches. Je suis tombé comme ça sur deux minus d'une enseigne naguère réputée pour sa réputation, devenue hangar à fourguer de la daube comme les autres. Attendez, c'est un nom comme FNOUC, FLAC... je sais plus... peut-être vaut-il mieux que je me souvienne pas. Et à Paris, lumière du monde comme chacun sait!

Ces deux jeunes cons, persuadés que refiler au vieux schnock n'importe quelle saloperie serait un jeu d'enfant (et pour l'échange, bonjour!), furent très déçus non seulement de ne pouvoir me bourrer le mou, mais de se faire engueuler et traiter comme des tares infoutues de comprendre un élastique. Par un VIEUX armé d'un vocabulaire plus niaque que celui d'un rappeur!

Hé! la Flac, la Fnoutch! Tu les as trouvés où, ceux-là? Dans le bonus d'un optimiseur de chiottes?

Ils étaient du genre à rapprocher le piano du tabouret...

On nous reproche parfois d'ignorer l'actualité. C'est que le Phare, voyez-vous, est un hebdomadaire. Passé une semaine, l'actualité devient aussi brûlante que les cendres de la Guerre de Cent ans. Le pipol de service est recuit façon Ramsès. La dernière chèvre à la mode évoque Anatole France (son clip, elle peut se le coller dans le truc à la place du loup).

... Mais Ravel tient la forme, merci. Et la madeleine de Proust est toujours bonne. Encore faut-il savoir qui c'est (la madeleine). La distance rétablit les proportions. Nos aujourd'hui durent plus que les maintenant d'hier (relire Einstein, Planck et Schrödinger). Ces univers ne coïncident plus: paradoxe, décalage temporel -- Internet débouchant sur la théorie des quantas.

Maintenant, si vous insistez, je peux vous servir les infos que vous attendez:

Au Bandapar, le conflit s'étend. On redoute une internationalisation de la crise. Monsieur Dobroudjoff a déclaré qu'il ne posait aucun préalable à la restitution des anacoluthes. De son côté, le secrétaire d'état au Foreign Hospice suggère une table ronde sur la réduction de 1'extension des propositions de solutions aux simulations d'agression, vu la situation, dans l'intention d'une simplification. On est sans nouvelles de l'équipage de la Marie-Torchon, disparue au large de la côte ablatonnaise. Trois patrouilleurs patrouillent et deux avisos avisent. Les recherches n'ont jusqu'à présent rien donné mais elles vont reprendre à moins que les corps ne soient restitués par la mer du petit Eric a ce soir planché un massage aux gravisseurs du pantin et les syndicats n'ont pu trouver un tarin d'en pente pour la raison qu'à cause que le motif ne sont pas fondé. Dans notre édition spéciale, une enquête sur la recrudescence des viols, mais auparavant un coup d'oeil à la bourse...

Tu as tiré ta révérence. Cette sortie-là, je ne te l'ai pas réglée. Tu ne reviendras pas saluer, et tes coulisses sont désormais inaccessibles: elles sont interdites aux vivants.

Molière, Feydeau, Courteline t'avaient transformée, à la ville comme à la scène, en redoutable séductrice. Ta drôlerie, ton rire, ta bonne humeur, ton équanimité te gagnaient tous les coeurs. Mais tu vivais entourée d'égoïstes, de sangsues. Ils t'ont tuée.

Salut l'artiste!

Mon cher,

  Ce qui manque le plus au webmaster, c'est le temps. Aussi, n'en ayant guère pour vous expliquer une cent quarante-douzième fois comment envoyer vos textes au Phare et pourquoi, j'en fais mon édito. Toujours ça de gagné!

  Vous saurez peut-être vous reconnaître. Quoique...

  1/ Les textes ne s 'expédient jamais en corps de message, mais en pièce jointe. Les mails composant de façon aléatoire, on ne maîtrise pas leur gabarit. Encore faut-il utiliser l'application voulue et respecter la procédure indiquée, ou la pièce jointe est inexploitable. Et j'ai autre chose à faire que deviner ce qui est écrit, retaper puis recomposer un texte non justifié ligne par ligne, paragraphe par paragraphe. Encore heureux quand il ne faut pas vous rappeler le système que vous utilisez pour la transmission et que vous oubliez régulièrement (faites-le tatouer sur votre bide et ne venez pas vous plaindre qu'il apparaît à l'envers dans la glace). Ça commence par L et se termine par f. Je n'en dirai pas plus. Moi, mon travail est de vérifier la présentation, la correction de la langue, traquer les redites, longueurs, mots inutiles, répétitions, erreurs (de frappe et autres), fautes de syntaxe, d'orthographe, de grammaire. Comme pour tout le monde. Certains ne doivent leur présence dans nos pages qu'à mon intervention. Ce n'est pas votre cas. Manquerait plus que ça!

  2/ Inutile d'expédier des mails tous azimuts quand ça vous prend. Si je dois faire la tournée de mes boîtes pour constater votre réapparition après des mois de silence inexpliqué, et courir à la plus proche basilique pour remercier le Ciel, je mets la clé sous la porte tout de suite. Vous vous en foutez, bien sûr: je n'ai été créé que pour m'occuper de votre petite personne.

  Expédiez à l'adresse qu'on vous a donnée. En outre, ayez au moins la correction de répondre quand on vous écrit.

  3/ Il est exclu qu'étant donné mon âge, de simples journées de 24 heures, mon inaptitude au masochisme et à la patience, je serve de nounou, psy, secrétaire, soigneur, pense-bête ou tapis-brosse à qui que ce soit. D'aucuns ne trouveraient pas leur trou du cul tout seuls. Vous êtes un sacré chieur, mon cher. Heureusement que vous êtes seul de votre espèce au Phare et que vos textes ont une certaine allure.

  Autrement, je vous aurais viré depuis longtemps.

Nous vivons dans une société de marché. Croire que les chaînes télé s'attachent à produire des émissions de qualité est bien naïf. Leur seul souci est d'avoir des programmes suffisamment attractifs pour retenir le public entre deux pubs. Celle qui obtient les plus grandes parts d'audience, attire le plus d'annonceurs et vend plus cher son temps d'antenne. Basta. Alors, la qualité des programmes... tiens fume! Surtout en prime time. D'où les pubs casse-bonbons qui emmerdent tout le monde. Quelle différence entre ces immondices et les spams de messagerie électronique? Aucune. Sauf qu'on n'a aucun moyen de les virer, et que des entreprises autrefois innovantes comme Canal+, ne sortent guère que des espaces de pub coupés d'infos, promos, foot, boxe... et quelques films. Ailleurs, ce sont les fonds de tiroir des séries américaines, le cul, les pipols, le cul des pipols qui reviennent moins cher et ne fatiguent pas le neurone.

Cette vérole de pub (qui infeste aussi la radio) apparaîtra bientôt, vous verrez, dans les cimetières, les crématoriums, les bénédictions ourbi et gourbi place Saint-Pierre (bave plus blanc), les sermons de la grand-messe, les chiottes, notre dernier refuge, d'où elle n'aurait jamais dû sortir, comme dit mon proctologue. Exemple: «Ça vient pas?... Vite, une dragée Fucaca!»

Tiens! qui lancerait une chaîne de pub? Toute la pub du paf et rien que de la pub en boucle 24/24. Qui regarderait ça? À mon avis personne, mais les autres chaînes deviendraient enfin fréquentables. J'entends déjà piauler les futurs manitous de "Pub/24": «Et comment vivrons-nous?»

Avec la pub, c'te bonne blague!

D'accord avec la Rédaquette, je trouve l'aplomb des astrologues au moins égal au culot des psymachins. Sauf concernant le signe du Scorpion auquel j'appartiens selon eux: signe d'eau (qui l'eût cru? -- sans doute quand la Lune entre dans le cul du Soleil et sa turne dans la Maison de sa logeuse), les natifs se distinguent par une sexualité perverse, inventive, débridée, un instinct créateur, un charisme exceptionnels (arrête ton charisme, bénard!). Ce sont des bêtes de scène, de lit, de Nobel...

Comme c'est vrai! Terriblement intelligents quoique modestes, ils sont souvent d'une beauté démoniaque (voir ci-contre). Rassurez-vous, ce n'est pas moi.

Je suis bien plus beau.

Je suis en train de me mettre à jour. Il était temps. Je reviens à mon ancienne marotte: la physique. Qu'elle soit théorique, qu'il s'agisse de mécanique quantique (merci Feynman!), ce qu'on voudra, le jour où elle s'est mise à me passionner par le biais de la cosmologie, moi le littéraire, l'âne bâté des humanités, le nul en maths, j'ai décroché un accessit les doigts dans le nez (déjà les trous noirs!) à la surprise générale... à commencer par la mienne. Ce n'était donc que ça?

Sur le tard, je remets le couvert. Avec un bouquin de vulgarisation, d'accord, mais faut déjà se le farcir, et un mentor pas trop nul, professeur à Stanford, membre de l'Académie des sciences américaine, anticréationniste. L'éléphant dans le salon. Après m'être croqué les 7 Révolutions du père Klein concernant la physique moderne. Et en avant pour un petit tour de chauffe sur la théorie des cordes, les particules élémentaires, quarks, électrons, photons, positrons, neutrinos, bosons, gluons... quasars, pulsars, matière noire, avec les fameux trous (encore eux!)... J'adore les trous noirs, c'est plus fort que moi.

Et je sais quand même depuis un bout qu'avant de se lancer dans la BD, Moebius faisait des anneaux.

On connaît ma grave allergie aux chanteurs et teuses. Mais ce que je hais davantage encore si possible, ce sont les battements de mains rythmés dont le public se croit tenu d'accompagner leurs misérables prestations.

Nous voilà revenus, me semble-t-il, à l'aube du primate. J'ai honte que les dino ne m'aient pas bouffé autrefois. À quoi bon être parvenus où nous en sommes (?) pour régresser au niveau du mollusque dans sa soupe triasique?

Le silence qui suit la connerie est encore de la connerie.

Jaurès

Le samedi veille du 2e tour des Présidentielles, la règle interdisait tout commentaire politique. Ceci nous valut sur LCP, chaîne de l'Assemblée Nationale, la projection d'un film plus cruel pour les actuels nabots du PAF que les plus acerbes critiques. Bien joué, messeigneurs!

"La Séparation", de Bruno Fuligni et François Hanss (2005), montre des comédiens (Rich, Arditi, Lonsdale, Santini, Drouot... excusez du peu!) autrement valables que nos schtroumpfs et schtroumpfettes, et qui disent juste, eux. Les propos tenus n'ont rien de fantaisiste: ils sortent des archives des Débats parlementaires concernant la fameuse loi de séparation des Églises et de l'État (1905). Chacun en prend plein sa musette. Jaurès, Briand, ont une autre stature, une autre hauteur de vue, un autre talent que les batteurs d'estrade, pantins racoleurs du temps présent.

Quant aux fondamentalistes religieux, ils n'ont pas changé.

Hélas!

Plus les populations deviennent incultes, plus elles ont tendance à écrire sur les murs. Par contagion, les mots impropres fleurissent à mesure que le langage se salit. Qui oserait dire de nos jours qu'un avant-centre se place en milieu de terrain? Quelle horreur! iI se positionne. C'est tellement plus simple (et plus court). Ce n'est battu que par positionnement, employé par tous les bafouilleurs du paf. Qui vouent un culte à spécificité (plus classe que caractère). Heureusement, ils ont la bouée de sauvetage pour noyés potentiels: entre guillemets. Tout, plutôt que LE MOT JUSTE. Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué? On aurait de belles surprises en demandant à nos hardis lexi(ca)cologues de tracer le fameux signe, aussi inconnu d'eux que l'esperluette. Signalons pour finir qu'une vertu n'est plus civique: elle est promue citoyenne. La sottise, elle, durable ou pérenne, reste la sottise.

La langue française est une école de clarté, d'élégance, chacun sait cela.

Le Phare est une maison de fous. Soyons honnête, je crois que ça vient des tauliers. Pétardiers, originaux, fantasques, cabochards. Que voulz-vous que ça donne? Par exemple que le grand copain de Nini (chatte) est un rat, immigré clandestin qui lui bouffe ses croquettes sous le nez et pompe tranquillement son lait sans qu'elle trouve à redire. Le galant habituel est tricard. Apparemment il s'en tape le beignet (et la cloche, lui aussi). Ménage à trois autour d'une gamelle. Schéma classique. Après tout, qu'ils se démerdent. Ce n'est pas nous qui irons interférer dans leurs affaires de coeur.

Ça vaut bien d'autres appariements plus étranges.

 

Message perso

Mliass !

Mishka

Roland-Garros une catastrophe, se lamente la télé qui n'a que des plans de pluie à offrir. Et alors? c'est chiant? Un match de tennis aussi. Le moindre espoir de soleil, il faut bourrer plus de 80 matches dans la journée. Et recommencer le lendemain à tendre les bâches. On oublie que chaque année c'est la même chose!

Je suggère quelques solutions: changer de dates, aller jouer ailleurs, transformer les lieux en piscine, couvrir les courts, inventer le water-tennis, réserver l'espace publicitaire aux annonceurs de sports nautiques, obliger les pipols dans les loges officielles à promouvoir des marques de parapluies, à prendre des douches à poil (ou des bains) pour lancer des produits moussants.

Vous verrez si le tennis n'explosera pas l'audience, reléguant la télé-réalité au niveau du docu sur la pêche au thon, la danse folklorique ou celui des émissions culturelles.

Pourquoi ne suis-je pas invité par les universités américaines pour une tournée de conférences, mystère. Je peux disserter de n'importe quoi à perte de vue (ce que j'ignore, je l'invente). Les amphi bourrés d'étudiants ne m'impressionnent pas. Ils m'exciteraient plutôt, pimentés d'étudiantes dont le phi-béta-kappa pectoral déclencherait une alerte à Malibu. Outre leur proverbiale hospitalité, les universités américaines ont la réputation de claquer leurs franklins sans compter. L'équipement informatique du Phare a justement besoin d'un petit coup de jeune, et je ne déteste pas rouler en limousine ni hanter les palaces. De toute façon, on trouve partout d'excellents resto chinois, italiens, même français. Les vins californiens valent largement les nôtres. Et le whisky, c'est le même.

God bless America!

J'ai fait un rêve curieux qui m'a laissé tout bizarre. Non, je ne le raconterai pas. Pourquoi le ferais-je? Je n'ai pas pour habitude de m'étaler complaisamment dans ces pages. Et ma vie privée? Défense d'entrer. Je dois conserver une chance d'être invité par les universités américaines.

De plus, je n'apprécie pas d'être traité d'obsédé par les morveuses retour du Pacifique. Ce qui est strictement exact (cherchez quoi).

On ferme son joli bec, quand on se fait mettre par les Chinois.

Il y a de gros malins pour considérer mon activité comme un ingénieux passe-temps, une aimable, flatteuse sinécure, confondant du haut de leur condescendante ignorance la gestion d'un site, particulièrement du Phare, avec l'ergothérapie des maisons de retraite.

Loin de moi l'idée de me plaindre de la galère où je me suis moi-même fourré pour l'amour de l'art. Les gros malins méritent seulement qu'on leur claque le beignet pour leur apprendre que mon "hobby" ne s'improvise pas. Il est plus pointu qu'ils le seront jamais.

Adolf Wölfli écrivait, sur un sujet voisin:

«Vous n'imaginez pas l'acharnement qu'il faut pour faire ce travail. Il y aurait de quoi devenir fou si on ne l'était déjà.»

J'adopte la formule.

De là où je suis, j'occupe la position idéale pour observer nos petits travers et grandes faiblesses. Mais je ne suis pas Balzac, la comédie humaine me semble plutôt consternante et je bois assez de café comme ça. En outre, une maîtresse polonaise, la Rédaquette ne supporterait pas (moi non plus d'ailleurs).

J'assiste toutefois à un curieux carnaval depuis ma lanterne, d'étonnantes lubies de mes contemporains et raines, de surprenantes prétentions. Ce n'est point parce qu'on écrit qu'on est écrivain... Certains prennent très mal les remarques que vous faites, étant leur propre idole intangible depuis longtemps.Tout dépend, direz-vous, de la personnalité de la personne. Cela s'appelle idiosyncrasie et ce n'est pas une insulte. Tel (ou telle), tremblant d'être reconnu par sa concierge, juge vital de masquer son nom universellement ignoré. Que faire? Prendre un pseudo, bien sûr, poser devant l'objectif avec une fausse barbe. J'ai trouvé ainsi une authentique zélatrice de l'incognito ayant renoncé à se manifester parce qu'elle ne pouvait écrire son nom à l'envers (le fin du fin selon elle et la défunte Semaine de Suzette): elle se prénommait Anna. Confondant déjà anagramme avec renversement (et kilojoule), elle était tombée sur un palindrome! Comble d'infortune, s'appelant Dupont, elle ne pouvait décemment écrire Tnopud. Dupont, vous savez bien: les steuqirb, ces objets qui produisent une emmalf quand on actionne la ettelom.

De toute évidence, la malheureuse n'avait aucun avenir dans le Renseignement.

L'été s'annonce plutôt pourri. Roland-Garros et Wimbledon noyés sous des cataractes, nos paysages sous la flotte, le retour de la grippe aviaire et du principe de précaution, les travaux routiers, les déviations, les télécoms perturbés d'orages, foudre, microcoupures fatales (EDF n'est plus ce qu'elle était), pétage de plombs informatiques, alertes rouges, vertes, jaunes, terroristes. Le territoire sous la dépression. Nous aussi. Il devrait pourtant faire beau: on a Sarko. Que nous réserve l'avenir? Le Tour de France? Combien de dopages en perspective? Je les absous d'avance. Je pense moi-même à me shooter pour supporter la merdouille, le vide médiatique des rediffs s'ajoutant à l'habituel, l'activité au ralenti, les boîtes fermées, les responsables inaccessibles, le pays en hibernation d'été...

Eh! tout s'arrête chez nous à cette époque! On entre en cacalepsie. Ne reste que la lecture tant qu'on y voit. Mais je n'aperçois pas beaucoup d'éditeurs. Normal: y a plus d'auteurs! Et je finis par me demander si j'existe encore...

Le Phare est un fromage, disent les gens bien informés. Ils ont raison. Aussi pagailleuse que la Rédaquette, Nini laisse traîner partout les souris qu'elle ramène du jardin. Or la gent trotte-menu apprécie les lieux, elle s'y trouve à l'aise: le gîte, le couvert, de la lecture à tous les étages, une relative tranquillité. La dernière arrivée a élu domicile dans le lave-vaisselle qui, tombant en panne d'indignation, révèle le pot aux roses: mademoiselle, apparemment bercée par le ronron et les trémulations de l'appareil, a bouffé le flotteur de l'électrovanne, coupant l'arrivée d'eau et nous ramenant aux temps préhistoriques du récurage à la main. Le Phare est donc bien un fromage. Pour les souris seulement. La Rédaction et ses collaborateurs travaillent toujours pour la gloire.

Pauvres comme zob.

Dans mon bled, le jour de marché est une épreuve. Le périmètre où s'entassent forains et aborigènes, avec les accourus et les arrivistes, comme on appelle ici les "étrangers du dehors", devient un camp retranché livré à l'impitoyable lutte pour l'espace vital, en comparaison de laquelle la dure loi qui règne à l'ouest du Pecos n'est qu'une plaisanterie. Le cerveau reptilien y est plus épais qu'ailleurs: des grappes de désoeuvrés bavardeux vous barrent obstinément le chemin, lancés dans d'interminables palabres en plein milieu des allées. Ils n'auraient pas l'idée de pousser leur cul pour libérer le passage... Ils l'auraient bien, mais prennent un malin plaisir à faire chier, pas aussi innocents qu'ils le paraissent. Sinon, comment existeraient-ils? Le marché est leur jour de gloire, leur justification sur terre, le pain bénit de leur chienne de vie. La courtoisie est la politesse des rois, pas des ploucs.

Quand j'avais du temps à perdre et des poussées de zorropathie, je filais au marché, où je n'avais que foutre, équipé d'un caddie qui ne me servait à rien, sinon à le balancer dans les pattes des ergoteurs dont je fendais les groupes en m'exclamant, toujours correct: «Oh pardon, m'sieurs-dames!»

Je suis salement secoué. Ils étaient tous drogués! Tous! Villepin, Sarko, Sartre, les équipages de la NASA, Toulouse-Lautrec, Cyrano, Jésus... qui marchait sur les eaux et changeait la flotte en vodka polonaise pour finir dans les ravins alpestres, les freins pétés... Alors, que le Tour de France ait lieu en Thaïlande, la StarAc au Brésil où ils ont mieux, le tapinage artistique au Sahara, qu'est-ce j'en ai à cirer? Le petit monde propret ben honnête légué par ma môman a disparu. Qui croire désormais? PAS UN DE CES MENTEURS, TRUQUEURS, ENCLUMEURS DE LOUCHES...!!!

Même moi, me croyez pas quand je dis que je suis le plus beau, que je me shoote qu'au goémon et que le Phare est lu jusque dans la lune. La lune de ma soeur, oui!

Ma soeur. Celle qui bat le beurre.

Je ne suis pas loin de réagir comme Churchill lorsqu'on lui demandait le secret de sa longévité:

-- No sport.

Le foot m'ennuie, le rugby me glande, le tennis m'exaspère, le golf me gonfle, le polo m'indiffère, le cyclisme m'endort, la boxe me déprime, les arts martiaux me font braire.

Seul trouve grâce à mes yeux le beach volley.

Certains ânes bâtés de la faculté ont décidé comme ça, tout d'un coup, que l'addiction, quelle qu'elle soit, c'est très vilain, très mauvais, très dangereux. Ils ne voient pas de différence entre le zombie qui carbure au café et celui qui marche à l'alcool, à la fumette, au speed, au crack, à l'héro... Mais que voient-ils, ces beaux esprits?

Bref, faut pas aimer ce qu'on aime. Sa femme non plus, je suppose. Ou son mec. Le cul, pas davantage. Ni Dieu. Ni la vie. "Garçon, l'addiction!" Autant en finir tout de suite.

Qu'est-ce qu'ils attendent pour se flinguer?

Et nous foutre la paix.

Quand j'entends parler de plan de carrière, je rigole. Qu'est-ce que tu veux faire plus tard, mon petit bonhomme? Scaphandrier-photographe ou alors pompier. Et on finit employé de banque. Il n'y a pas de sot métier, c'est sûr. Déjà beau d'en avoir un qui ne vous conduise pas à la déprime. Vous tombez dessus par hasard. Quelques aptitudes naturelles aideront, et encore... Le reste, c'est du travail.

Faites n'importe quoi. Au bout d'un temps plus ou moins long, plus ou moins dur, vous aimerez ce que vous faites. Et de mieux en mieux, à proportion du mal qu'il vous aura donné. Si vous voulez y passer maître, il faudra progresser toute votre vie.

C'est tout.

Après la peste, le choléra, le doryphore, dernier fléau connu: les wags (wives and girlfriends), les compagnes des stars du spectacle, du sport et autres pipols. L'acronyme est anglais, mais le phénomène universel. Un vrai désastre, paraît-il. Aucune décision ne se prend sans elles. Pas question que Superman aille exercer ses talents dans un trou dépourvu de palaces, boutiques de luxe, resto gastronomiques, boîtes hyperbranchées. Que feraient-elles, les pauvres chéries? Elles ne sont pas maquées au coffre-fort pour se ronger les ongles à longueur de journée, coucher sous la tente, bouffer du surgelé, acheter des perles en plastique, hanter les grandes surfaces de troisième zone, le trou aurait-il un nom illustre et respecté ou des prétentions au gotha.

Leur mec peut faire trembler tout le monde, à la maison c'est elles qui commandent. Un coeur de fer dans une peau de velours. Elles ont la haute main sur les contrats et les fournisseurs (Dior compris).

Depuis l'invasion des wags, le nombre de faillites, de suicides dans le milieu des affaires est en constante augmentation.

Le baby blues (déprime post-partum) est bien connu, comme la déprime post-coïtum. Il faut y rajouter le Québec blues (déprime de la rentrée). Pas trop de souci à se faire pour la concierge. Classique. Pas la concierge: la nostalgie.

En psychologie de bazar, les vacances sont une idyllique parenthèse d'un monde perdu que nous pleurons comme l'utérus originel. On y était bien, protégé. Tout il était beau, tout il était gentil. Tout baignait. Dans le liquide amniotique. À présent, il faut revenir dans ce monde de merde, ce monde d'adultes. C'est dur. On réagit par le rejet.

En général, ça passe.

Sauf quand ça passe pas.

La Fayette était auvergnat, on l'a un peu trop oublié. Et qui a libéré Istanbul du café turc dès le premier Orient-Express, jetant un pont entre Lot et Bosphore? Des bistrotiers auvergnats!

L'Auvergnat est aventureux, courageux, généreux, ouvert, tolérant, dur à la tâche, inventif. Malin comme... comme un Auvergnat. Avec ça, modeste.

Et je suis bien placé pour le savoir: JE SUIS AUVERGNAT.

 

Depuis que Le Phare est sur Internet, il n'a jamais interrompu ses livraisons hebdomadaires. EXCEPTIONNELLEMENT, ce numéro couvrira la quinzaine du 17 au 30 Septembre.

Les parutions hebdomadaires reprendront le 1er Octobre.

 

Il était temps de prendre un peu de vacances...

 

Sondage LE PHARE - IFLOP

 
50% des Français n'ont jamais lu un livre.

10% ne savent pas lire.

75% repêchent leurs crottes de nez.

30% 1es collent sous les meubles.

0,2% les conservent dans une petite boîte.

80% se grattent les fesses en public.

63,52% pètent au lit.

42% croient que Spinoza est une station balnéaire italienne.

39%, que Descartes est l'inventeur du tarot.

99,99% disent «un espèce de».

100% parlent de bouffe en bouffant.

25% sont bourrés dès 6 heures du soir.

0,1% savent la Marseillaise en entier.

 

714,70% des Français ne sont pas dignes d'être français.

 

Étant un vieux con, je vis sur d'anciennes valeurs de vieux con qui ne correspondent plus à l'époque: repect des autres, de la parole donnée, de son métier, amour du travail bien fait. Aujourd'hui, ces choses n'ont pas plus cours que le sesterce.

Et c'est tant mieux, disent certains que ça arrange.

Et c'est dommage, je dis, moi !

 

Nous avons droit à un nouvel intégrisme: l'intégrisme médical. On en manquait. Comme nous sommes probablement trop nuls et irresponsables, nous ignorons que l'abus d'alcool est dangereux, et dans certains cas fatal. Aussi contraint-on maintenant les vignerons (à leurs frais) à vendre leurs produits ornés du pictogramme d'une femme enceinte avec l'avertissement "Zéro alcool pendant la grossesse." Quelle révélation! On le sait depuis la nuit des temps, mais quelques inutiles viennent de le découvrir et s'inquiètent de la chose pour nous. Ils feraient mieux de s'inquiéter pour eux. Et de se soucier du français autant que des chiards.

Pareil pour le tabac et je ne sais quoi encore. La voiture? Les sucreries? Tu peux attendre! Car les pouvoirs publics règnent sur des enfants, des têtes de linottes, et ça ne fait pas de mal de leur rappeler le plus souvent possible qui les gouverne (pube gratuite sur le dos du con, très con-tribuable), et que le libre arbitre c'est pour les grands. Parce qu'il faudrait vendre les prises électriques avec marqué dessus "Ne mettez pas les doigts dedans." Les marteaux avec "N'utilisez pas ça pour vous taper sur la tête."

Je suis sûr que dès que vous apercevez un bidon de Javel, vous sautez dessus pour le siffler cul sec. Les boîtes de suppositoires, vous les croquez comme des bonbons. Les tubes de dentifrice, vous vous les videz dans le cul les uns derrière les autres. Et, pour faire un joli feu d'artifice dans votre jardin en épatant les voisins, vous vous procurez à prix d'or chez les terroristes des bâtons d'explosif, et appuyez sur le détonateur.

À cause de la connerie (qui tue vraiment, elle) de quelques-uns mais ça les regarde, on emmerde et tarabuste, infantilise et culpabilise tout le monde. En se faisant une bonne conscience de pères la vertu. La bonne conscience des rois des cons.

 

J'ai trouvé le portable de mes rêves, le superportable, meilleur que nokia, plus fort qu'iphone le mythique: celui de mon horlogère. Elle a besoin de son mec au magasin, parti en vadrouille, lui téléphone pour une cliente, s'impatiente. Woobloooosh! il apparaît à l'entrée, son propre portable à l'oreille!!!

-- Comment vous avez fait ça? je brame.

-- Ben... je l'appelle...

Génial, ce bigo! Tu veux quelqu'un, tu le sonnes, il se matérialise devant toi! Ton mec parti ailleurs, tonton Zizou de Montpellier, Sam Westlake de Chicago, Hong Ti Phou de Singapour... Tu règles ton affaire en direct live. Plus besoin de portable.

-- Je veux ce portable! j'ordonne. Combien?

-- Il est pas à vendre. C'est à moi.

Heureusement, elle a compris que je blague, que le hasard est avec elle. Mais enfin, venu pour une pile, je me hâte de m'esbigner. On ne sait jamais.

Des fois qu'elle appellerait l'hôpital psychiatrique...

 

De récentes affaires nous rappellent à point que le rôle de bouc émissaire n'a rien d'enviable. On ne saurait pourtant s'en passer: les faits délictueux ne sont pas scandaleux, mais celui qui ose les rapporter.

Eh non! rien à voir avec la justice. Depuis quand s'applique-t-elle aux petites et grandes magouilles?

 

Les chats adorent roupiller dans des machins trois fois trop petits pour eux, qu'ils remplissent de leurs formes et de leurs ronrons.

Tout comme nous.

Dans nos souvenirs d'enfance.

 

Les cuisiniers sont susceptibles, les chefs, les rédacs, pareil. Ne tolèrent d'ailleurs personne dans leur domaine: on les verrait mettre les doigts dans la gamelle, patouiller, tripatouiller. Ramasser par terre un vieux truc qui traîne, le faire passer pour du neuf. Tout est question de langage. Extase aux dix parfums et aux six poivres dans sa robe d'avril ne cache souvent qu'un sérieux manque d'imagination culinaire. Faut aussi considérer sur quoi ils rament!

Puisqu'on vous dit que l'essentiel, c'est de faire rêver le client.

Et de taper dans le porte-monnaie.

 

J'adore la psychologie de bistrot: elle touche le fond de la stupidité humaine. Combien de fois ne m'a-t-on pas dit «Évidemment, tu as choisi inconsciemment le phare pour nom de domaine, avec toutes ses implications. Phallique en diable! Tu le sais, n'est-ce pas?» Non, je ne le sais pas. «C'est pire», insiste l'abruti.

Eh non! je n'ai jamais songé à une queue en voyant un phare... ni un menhir, ni une bouteille de champagne, ni une bitte d'amarrage en dépit du nom.

En revanche, quand je te regarde, cher imbécile, je vois assurément une belle tête de noeud!

 

Compatible n'a aucun sens en informatique. C'est du langage de commercial, attaché à fourguer sa camelote. Rien de moins compatible avec l'informatique que l'informatique. Dès qu'un ordinateur sort des mains du fabricant, il devient immédiatement allergique aux autres. Il réagit à tout élément extérieur, serait-ce son propre frère jumeau, comme à l'intrusion d'un corps étranger et le rejette avec horreur. Semblable au chat, il ne tolère pas qu'on lui change ses habitudes et trouble son confort. Sujet à de soudaines lubies, s'il a décidé de jeter la pagaille dans les vôtres, rien ne pourra le faire changer d'avis, ni les menaces ni la douceur. Inutile de lui demander ce qui se passe: il n'en sait rien lui-même. Et il est incorruptible.

Rapidement, il saura vous faire comprendre qui est le maître chez vous.

 

Je crois que je vais traîner en justice les pouvoirs publics pour poussage au crime. On nous rebat si bien les oreilles avec ces salauds de fumeurs qu'on flinguera bientôt à vue, que ma nature rebelle par principe pour tout ce qui est contre et contre tout ce qui est pour, m'incite à cloper comme un malade. D'habitude je n'y pense pas, mais on me ramène si obstinément là-dessus que je ne pense qu'à ça. Le fruit défendu, faut pas me pousser! Quand c'est le seul moyen qui reste pour manifester son opposition au système... Dieu merci, je ne suis pas enceinte et j'ai tous les cancers possibles, sauf celui du fumeur.

Vous avez sûrement entendu parler de ces tifosi qui ont attaqué et détruit une caserne de carabinieri. Que disent ces beaux messieurs pour se justifier? «Nous, le foot, on s'en tape autant que de la Lazio, avec nos écharpes à la con, mais ça nous permet de cogner sur les blaireaux, de casser des vitrines, gueuler comme des ânes, insulter qui on veut dans nos tribunes où pas un flic n'ose se pointer, picoler, fumer...»

Vous avez bien lu: FUMER. Voilà où ça mène!

Quelle horreur! Si pour fumer je dois me shooter au foot, porter des écharpes à la con, devenir tifosi, asocial, bazooker les casernes de carabinieri et tout ce qui s'ensuit, je préfère réagir maintenant et expédier les nuisibles qui nous gouvernent aux tribunaux compétents. AVANT QU'IL NE SOIT TROP TARD.

 

J'adore l'informatique. Nombre de mes éditos le prouvent amplement. Cette semaine, pris d'une soudaine lassitude, je me contente de reproduire mon dernier mail à un fournisseur en ligne qui passe pour recommandable. Comme je ne veux nuire à personne, étant indécrottablement bon, j'ai masqué les détails qui permettraient de l'identifier. Mais que ceci vous serve de mise en garde concernant tous les fournisseurs en ligne! Détail amusant, le renseignement recherché s'appelle “suivi de commande”...

 mon mail du [...] 2007  [...]:[...]

Je vous demandais mon N° de colis parce que, après avoir vu dans ce fameux "espace client" que la livraison était prévue le [...] et être resté bloqué pour rien chez moi (règlement Visa encaissé depuis le [...]), je suis retourné voir sur votre site quelle nouvelle date on annonçait... Vide! (Je ne risquais pas de lire mon N° de colis!) On m'expédiait au livreur, qui affichait que "ce colis était inconnu" et me demandait de vérifier son N° (Où? Chez vous, bien sûr. À condition qu'on ne réponde pas d'aller voir dans mon "espace client" ). Toujours bloqué en vain, j'ai demandé par mail au livreur de qui on se moquait.

Et ce matin, miracle! Mon colis existe! il est reconnu et "pris en charge"! J'existe donc aussi!!! Quant à la date de livraison, je l'ignore toujours... Depuis 192 heures...

Pour un fournisseur qui prétend livrer sous 48/72 heures, vous n'êtes pas un peu loin de compte?...

Cordialement tout de même,

Client [...]

Pour être honnête et contre toute attente, on a fini par me livrer 2 jours après la date initialement prévue. Ce qui porte tout de même la marinade à 240 heures!

 

 

Dans mon bled, trou du cul du monde, nous avons une buraliste originale, sans doute membre d'une secte anti-tabac: elle vend des briquets qui ne marchent pas. Si vous retournez vous plaindre dans cet antre de la vertu, vous recevez pour toute explication: «Mon pauvre, ce sont les nouvelles normes européennes!» (destinées à empêcher les mômes de jouer avec le feu). Tu veux fumer? tiens, fume!

Ça me rappelle ce vieux film où Fernandel se débarrasse de ses harengs pourris en les faisant passer pour des anchois de Madagascar...

 

Comme on connaît ses dieux, on les honore. Dieu sait (oh pardon!) si celui-ci en fut un pour moi, et l'est encore, et si je l'ai fréquenté dans les salles obscures!

Il m'a pourtant fallu attendre un âge avancé (comme on dit du camembert) pour me rendre compte que l'ancêtre des humoristes américains - Woody compris, en plus surréaliste, était atteint d'un strabisme prononcé résolument divergent. Ce qui n'est rien (pour moi). Mais surtout que la fameuse moustache (et les sourcils) était peinte! Pas même un postiche, vu son âge. PEINTE !

Depuis, je fréquente assidument les oto-rhino-laryngoculistes...

Cherchez la femme

Pendant que, chez nous, Naboléon le Petit s'épuise en vaines gesticulations, promesses foireuses et, perdant à mesure son peu de crédit, voit monter la grogne de ceux d'en bas indignés du montant de ses honoraires, pas plus impressionnés par ses bonnes fortunes postconjugales que par ses relations, il y a quelqu'un qui, en Ukraine, avec un art consommé, une étonnante habileté politique et sans esbroufe, grille tous ses rivaux, accédant inexorablement au vrai pouvoir. Scandale suprême, c'est une “bonne femme”! en train de balayer les machos du coin en fine stratège. Elle n'a aucun besoin, elle, de se faire une beauté par personne interposée. Elle est belle!... ultime insolence!

Je veux parler de Julia Timochenko.

 

 

La ponte de textes édifiants par le Rédac à l'occasion de Noël est une vieille tradition du Phare. Comme chaque année, nous la respectons pieusement.
 

CONTE DE NOËL

  *

Depuis l'aube des temps, la Cisjordanie est la terre des emmerdeurs. Cette année-là, trois personnages y cheminaient de conserve, un asiate, un noir, un blanc. Déjà, c'était mal barré. Rois tous les trois, ils n'avaient omis qu'une chose pour une région des plus périlleuses: les gardes du corps. À part ce fâcheux oubli, rien ne manquait dans leur bagage, ni l'or, ni l'encens, ni la myrrhe. Ils se nommaient respectivement Gaspard, Melchior et Balthazar. Le lecteur attentif en pleine possession de ses facultés aura reconnu les Rois mages, réputés pour leur réputation comme Raynal et Roquelaure, et se souviendra peut-être qu'après avoir trop fumé la moquette, ils allaient rendre l'hommage officiel des hommes au fils de Dieu, sur l'injonction d'une mystérieuse étoile qui poussait l'obligeance jusqu'à servir de GPS.

Lorsque l'étoile se mit en stand-by au-dessus d'une grotte (vieille tradition moyen-orientale, récemment encore utilisée par Ben Laden), ils surent qu'ils étaient arrivés. Ils entrèrent. Ça ne sentait pas spécialement la rose. Des moutons, des bergers, des oies, des canards, des poules, un boeuf, un âne, quelques ratons laveurs, un couple juif misérable, un nid dans de la paille et là, baigné d'une lumière irréelle, l'objet de l'adoration universelle (pour le moment). Ils s'approchèrent, tombèrent à genoux, se penchèrent respectueusement...

Les yeux faillirent leur jaillir des orbites et rouler sur le sol terreux: des jumeaux!!!

 

© Le Phare de Frazé
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