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Ne comptez pas
sur moi pour célébrer l'apparition
d'une nouvelle année (la belle affaire!...
n'est-ce pas, Mercure?), et sacrifier aux
simagrées d'usage pour tout oublier
ensuite.
La seule chose
que je sache déjà, c'est que dans un
an nous serons en 2009, et probablement aussi
bêtes. Aussi insoucieux des autres, autant
livrés à la violence, aux
intégrismes de tout poil, à la
crétinisation en marche depuis qu'il y a des
hommes,-- et qui ne pensent pas.
Je suis aux
abonnés absents.
Vous vous en
doutiez un peu, non?
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MAIS
ÇA, C'EST
IMPORTANT
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La disparition de
2007 me laisse indifférent. Pas
celle de Julien Gracq (Louis Poirier). Il
fut révélé au public,
qui l'ignorait, par Le rivage des
Syrtes (1951), lequel obtint le
Goncourt (qu'il refusa). Par un Raymond
Queneau ému et bafouillant,
devrais-je dire: il annonça Les
ravages de Sartre, titre d'autant plus
mémorable qu'il épinglait le
fossoyeur du Surréalisme, auquel
Gracq appartenait et appartiendra
éternellement
désormais.
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Le jour où je crèverai -- comme
tout le monde, on ne va pas en faire un fromage --,
le Phare crèvera avec moi.
Il se pourrait aussi que ce soit lui qui parte
en premier (merdes informatiques). Si vous
constatez un jour l'arrêt du site, ça
signifiera que l'un de nous deux est mort.
Le monde continuera de tourner quand même.
Buvez juste un coup à notre santé et
tirez sur un bon clope en souvenir. Ou, mieux, un
havane.
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Je le sentais, qu'il allait me lâcher, mon
super Mac. J'avais de plus en plus de mal à
le faire démarrer et me rendais bien compte
que c'était un bête problème
d'alimentation. Le contacteur devenait de plus en
plus caractériel, je commençais
à en avoir ras la frange de tâtonner
à la recherche du point G. Et naturellement,
samedi dernier, pouf! Plus de jus!... Comme les
chats, les zordi déraillent de
préférence le week-end, quand les
vétos sont à dache. La mère
veilleuse machine était aussi utile qu'un
camembert musical. Merci, Madame Apple!... Merci
pour le magnifique coup de mou que vous m'avez
offert, pour mes cauchemars de Vatel à la
broche.
C'était sans compter avec (comme disent
nos ânes médiatiques) la
génialitude du Rédac sous la pression
de l'urgence et la démerdise système
D technoïllogique du maintenanceur chef maison
(plus nul que moi en bricolage tu meurs, mais
qu'est-ce que je cause bien). On a
décapoté la bestiole, trouvé
un croscopique contacteur de merde à
membrane, chargé par le technicien de
surface de chez Pomme de fournir le courant
à son orgue à moustache (si je
l'avais eu sous la main, ce con, il aurait
passé un sale quart d'heure). On a
ricané niark-niark. Mon maintenanceur a
testé les fils, déclaré que
mon pronostic était le bon (eh! pas
doué pour la bricole, pépé,
mais pour la synapse chapeau...) et nous avons
entreprîmes (je cause toujours aussi bien) de
virer le minuscule caca membraneux à la
poubelle, de faire passer les fils aussi zaraks que
knéens, heureusement sous gaine, par le trou
laissé libre et de remplacer le contacteur
par un futétacteur. Mais quoi?
-- Attends! a dit le maintenanceur, je vais
aller voir dans le camion.
Il est revenu un peu honteux avec un
interrupteur de baraque comme t'as chez toi dans
toutes les pièces et suggéré
l'échange standart (t final, svp). Pour le
fixer, naturellement, on a fait des trous dans le
capot (pardon, Madame Apple, mais on t'emmerde, vu
tout ce que tu nous as emmerdés). Et
maintenant, miracle... avant qu'il claque,
celui-là! Je me tape un orgasme à
chaque démarrage. Parce que ça
marche! Pas mal, à mon âge!
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Lors de sa tournée VRP en Arabie
Saoudite, Naboléon le Petit trouve le moyen,
dans son discours officiel, de se réclamer
du monde chrétien en pleine terre wahhabite
et cite Dieu treize fois, ce qui ne s'était
jamais entendu d'un représentant de la
France laïque et républicaine.
Athée fondamentaliste, je suis
révolté et dénie à
l'État le droit de croire à ma
place.
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Jeanne Moreau a 80 ans. Je ne suis pas
très frais non plus, puisque les
couches-culottes de 20/25 berges tombent de la lune
quand je leur cite mes noms, oeuvres,
événements de
référence. Comme je suis surpris de
ceux qu'ils me donnent. Éternel
rêveur, j'oublie que nous appartenons
à des univers étrangers.
La mémoire a figé nos
repères, tel l'insecte préhistorique
dans son bloc d'ambre. Nous venons de la même
époque, ce n'est pas celle des autres. La
concordance des temps n'existe qu'en grammaire.
Hors d'elle, passage barré entre deux
mondes. Nous vivons synchrones dans des instants
différents. Paradoxe. Nos routes se
côtoient, parfois se croisent, sans jamais se
rejoindre. Chacune son langage.
C'est d'une affligeante banalité, je
sais, comme toutes les vérités
insupportables. Et je me désole
régulièrement du délabrement
de mes totems, pour ne pas déplorer le
mien.
C'était la minute de conscience
rédaqueuse...
Nietzschevo!... dirait l'ami philosophe qui
aurait lu la Relativité
généralisée sous fumette
quantique.
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Personne n'attend de moi que je commente les
programmes télé, Diable merci! Mais
je ne peux contenir mon indignation après
La Dame de chez Maxim's sur Antenne 2.
Arriver à transformer Feydeau en auteur
ringard, lourdingue, dans une mise en scène
à chier, avec des comédiens connus
surjouant comme des pieds, représente un
surprenant tour de force. On aurait dit une
pièce de Ruquier récitée par
les porte-coton habituels. Sur une chaîne de
service public! Supposée faire dans la
qualité! Et on paie une redevance pour
ça!
Rien de plus périlleux que le vaudeville
(spécialité française), de
plus casse-gueule que l'auteur de La Puce
à l'oreille, l'insurpassable horloger de
ces diaboliques machines de précision qui,
dès la première entrée, la
première réplique, sait vous croquer
un personnage dans son théâtre de la
cruauté («Ça n'est pas pour me
vanter, mais il fait une de ces chaleurs
aujourd'hui!...»). Cela exige une furieuse
présence, de l'abattage, de la
virtuosité. Il faut jouer rapide,
léger, sans appuyer, sans faire un sort
à chaque mot. Tout le contraire du travail
de labour présenté par Francis Perrin
et ses complices. Du rythme, nom de Diable! Du
rythme!
On ne confie pas Feydeau à des amateurs
(c'est fou le nombre d'amateurs chez les
pro!). Il suffit de suivre les didascalies.
Ne pas se croire plus malin que Feydeau, qui a tout
balisé, tout prévu, jusqu'au moindre
déplacement. C'est qu'il se méfiait
des cabots, qu'il connaissait sur le bout des
doigts, le vieux renard! Tout le travail est fait.
Il vous reste à faire le vôtre, celui
pour lequel on vous paie: exercer correctement
votre métier. Jouez comme c'est
écrit, merde! C'est pas difficile!
C'est TRÈS difficile!
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Philippe Khorsand a
prématurément quitté
la troupe (59 ans) pour les palaces
d'Ailleurs. Saleté!... On fait quoi
maintenant?... Mais je l'aurai, un jour,
je l'aurai...
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N'Djamena. Les étrangers sont
rapatriés par voie aérienne pour
échapper aux massacres. Très bien.
Mais qui a pensé aux animaux familiers,
chats, chiens...? Qu'a-t-on prévu pour eux?
C'est à peine si l'un des rescapés a
osé parler de ceux qui partageaient leur vie
quotidienne, faisaient aussi partie de la famille
et ont été froidement
abandonnés.
Lorsqu'une telle horreur sera poursuivie pour
crime contre l'humanité, alors nous serons
véritablement humains.
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Qu'on foute la paix aux élèves de
CM2! S'ils devaient mémoriser
quelque chose, pour autant que ça entre dans
leurs possibilités, ce devrait être
les noms de tous les goys, ici en France, qui ont
tiré les juifs des griffes d'Hitler. Ce
qu'il faudrait surtout leur coller dans le
crâne, c'est que les symboles du nazisme ne
sont pas d'innocents tatouages juste bons à
faire chier le bourgeois, mais une peste à
combattre impitoyablement. Une forme dormante du
rétrovirus qui n'a que trop tendance
à détruire notre système
immunitaire à la moindre faiblesse.
Compris, monsieur le Hongrois?
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Je ne suis pas doué
pour les discours officiels (je ne suis pas
doué pour les discours). Ça me glande
autant que lorsque je dois subir ceux des autres.
Là, faut ben que j'y alle, comme on cause
dans mon trou à ploucs. S'agit du Phare,
merde! Mon bébé, ma passion (toujours
aussi cons, les géniteurs, surtout pute
hâtifs!). Vous avez remarqué, vous
aussi? Eh ben, quitte à décevoir,
ça me fait plaisir
d'harenguer, pour une fois. Les harengs
terribles... disait ce quéqu'un qui avait un
peu plus de culture. La mienne se limite au varech
qui colle à mes semelles de bouseux
cavernicole, moins caboteur que cabot.
Oui! heureux, fier, digne de
l'être. Je vous remercie tous,
ingénieux ingénieurs (navals),
dockers, accastilleurs, plongeurs, suceurs de
moules, profileurs de biellettes, surfeurs... Je
suis ému.
Qui a crié vive
Zému?!!
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Savez-vous quelle est l'activité
principale du Net? Le cul? Les jeux? La vente en
ligne?
Faut sortir, les nuls. LES SPAMS !!
La malfaisance de l'espèce poussée
au climax par des connards mis au monde pour faire
chier la planète Web. Qui remplissent leur
creux avec du vide. Car on n'a que ça
à foutre, bien sûr: virer leur teigne
de notre domaine privé. En justice,
ça s'appelle violation de domicile et c'est
puni par la loi. La loi, tu parles!... Hi-hi!...
Tout le monde s'en branle, à commencer par
les loyeux.
Moi, très con primaire, je pose LA
question: à qui profite le crime? Aux
vendeurs d'anti-spams, bien sûr! Concocteurs
de supermails surpuissants à la mesure de
leur impuissance, pas foutus de distinguer un
parapluie d'un parapente. Aux fourgueurs
d'antivirus (ça marche avec les spams,
vecteur de prédilection comme le lama pour
la syphilis) surgissant dès l'apparition
d'un nouveau virus qu'ils ont eux-mêmes
lancé (ben tiens!).
Et nous, pauvres tartes, on se désole, on
se sent encore plus tartes, impuissants,
dépassés. On finit par acheter leur
merde illusoire, aussi invirable que les virus et
bourrée de cookies, sans compter les bugs.
C'était le but de l'opération.
Vous en avez pas marre de vous faire entuber par
tous les tubes sans vaseline?
Alors quoi? Entrez à la Trappe. OU
FABRIQUEZ DU SPAM.
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Ian Paisley, vieille carne protestante d'Irlande
du Nord qu'il a mise à feu et à sang,
annonce sa démission en mai de ses fonctions
de premier ministre et de chef du parti unioniste
démocrate (vaut mieux entendre ça que
d'être sourd).
Hosanna! Le révérend, ce cul
béni coincé, pour qui la
tolérance n'est concevable qu'en maison,
aura plus oeuvré pour l'infanticide
différé (3.500 morts) que les
faiseuses d'anges de Temple Church.
Dieu existe, alors? J'espère donc que le
pasteur ira (IRA) rôtir en enfer!
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Message perso.-
Coucou, Maria! Fais la bise à toute
la baraque sans oublier la peluche.
Gardes-en un peu pour la grasse matineuse
maghrébine... Vu
lesfilmentropes.org/ Pas trop
mal foutue, en effet, pour une boutique
commerciale!
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Autant qu'il m'en souvienne, à l'origine,
les Jeux Olympiques impliquaient l'arrêt
immédiat de toute forme de conflit. Cette
clause fondatrice ne me semble plus
respectée.
Si elles veulent donc être
cohérentes, les nation dites
évoluées doivent refuser de
participer aux Jeux de Pékin tant que la
Chine poursuivra son affrontement avec le Tibet
(Israël avec la Palestine, les US avec l'Irak,
etc.).
Je ne me fais, hélas, aucune illusion.
Pas un commercial ne renoncera au profit par
idéalisme
Malgré nos
belles paroles, nous restons des marchands.
C'est-à-dire des sous-hommes.
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J'ai été instruit par les
jésuites. On peut en constater les
désastreux effets. Devise du principal qui
dirigea mes études: «Pas de
pitié pour les canards boiteux.» Bel
exemple de charité chrétienne!
Résultat, je suis athée.
Rejeton d'un militaire de carrière, je
suis antimilitariste de naissance.
Éduqué par une sainte femme, je
suis un sacripant.
Je suivrais ma pente fatale, je serais
anti-moi.

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Qui pensera à exiger de la Chine le
respect des droits des animaux aussi? C'est
bonnet blanc et blanc bonnet avec ceux des hommes.
Alors, Bougrain? Alors, Bardot? Alors,
Dalaï?... Vous dormez?!
Qu'on m'envoie à Pékin. J'y
ferai mon devoir, si tout le monde s'en
fout!
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J'ai beau être gardien de phare, je
n'arrive pas à encaisser qu'on puisse
baptiser une pisseuse Océane. Je serais
encombré d'une telle punaise, j'appellerais
son frangin Nonox. N'appréciant pas plus
Totor que les chiards, ni davantage la
vanité des pondeurs de lardons.
Pour ma part, Michel me convient: c'était
autrefois le nom du péquenot balourd*.
Ça me va comme un gant. Au besoin, je le
revendique. Foin des Enguerrand, Thibaut et autres
sucreries.
Je préfère le cabécou avec
un gorgeon de cahors.
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* Pour bien mesurer la
profondeur du trou du cul du monde que
nous habitons, il suffit de comparer la
bande passante dont jouit le Francilien
câblé, gâté
pourri, son ADSL en Haut Débit
à 1 Mo/s, avec le nôtre (Bas
Débile) pédalant sur un flux
instable de 1,5 à 56 Ko/s... quoi
que prétende la grande truanderie
des fournisseurs
d'accès.
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Les fumeurs de cigare, comme les
violoncellistes, ne peuvent être tout
à fait mauvais. Je le sais, je suis l'un et
l'autre tel Rostro, quelques étages
au-dessous. Je n'en ai jamais vu de méchants
ni de suffisants. Ce sont au contraire des rigolos,
de braves types, rêveurs, distants juste ce
qu'il faut. Prenez des gens aussi dissemblables que
Santini et Vergès, Bodard et Feydeau. Une
même générosité, un
même altruisme les rapproche. Essayez en
revanche d'imaginer Sarko derrière un
barreau de chaise, Ségolène moulinant
les Suites de Bach sur son jambonneau. Vous
êtes ridicule autant qu'eux.
Et le ridicule tue, contrairement à ce
qu'on dit, à ce qu'ils croient.
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LA nouvelle protection sociale ne
protège que les caisses de l'État,
qui sont vides. Nous le savons bien, puisque
l'État c'est nous! Ce n'est pas faute
d'être ponctionnés de partout... Alors
QUI pique dans la caisse?
Déjà remboursés des noyaux
de prunes, responsabilisés,
fliqués, accablés de contributions
nouvelles masquées de noms débiles,
voilà qu'on nous sucre le défraiement
de ceci, puis de cela. Qu'on nous inonde
d'interdits, mises en garde, paperasses, qu'on nous
supprime des soins, des services hospitaliers pour
quelques kilomètres que nous aurons
l'avantage de payer de nos deniers
(c'est-à-dire de ceux de la raie
publique).
Quels esprits supérieurs, limités
par le bout de leur nez, commettent des bourdes que
les ménages les plus demeurés ne
commettraient pas? On nous grignote les moyens de
nous rétablir, renforçant dans la
foulée les soins palliatifs!... Comme
ça, laisser crever revient plus cher que de
guérir! Une stupidité doublée
de sauvagerie...
Je le répète : QUI pique dans les
caisses? Quels frères Rapetout ratissent le
pactole? Ne me faites pas croire qu'il est perdu
pour tout le monde. Il y a forcément
QUELQU'UN (ou QUELQUES-UNS) qui en profite. Nous
prennent pour des cons, ces cons!
Ils oublient que bientôt ce sera leur
tour... et qu'ils sont en train de scier la branche
sur laquelle ils sont assis.
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Le moral des Français est au plus bas.
Comme les caisses, le pouvoir d'achat et donc la
consommation. Logique. La reprise n'est pas pour
demain.
Dans cette situation désastreuse, les
trois villes où l'on vit le mieux chez nous
sont Nantes, Toulouse et Lyon. Toulouse, mon coeur
occitan s'émeut, mais je n'y suis pas.
À Nantes non plus, ce sont des cousins. Et
à Lyon, la concierge.
Moi, Rédac, roi des cons, j'ai
été planter mon Phare en Beauce,
région éminemment maritime, dans le
trou du cul du monde et du département,
où la seule chose qui rappelle
l'huître est l'ouverture d'esprit des
indigènes.
Alors que je vis le jour dans l'un des plus
grands ports de l'Atlantique passé
Gibraltar, et ne rêve que de les finir, ces
jours maudits, sur un atoll du Pacifique!
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IL
vient d'être nommé meilleur
comédien de l'année, à 85
ans!... Après une vie de galère, de
bides, de triomphes, de panouilles,
d'interprétations magistrales (faut bien
manger), comme les plus grands, dont il est. On y
aura mis le temps! Certains d'ailleurs ne
parviennent jamais à cette ultime
reconnaissance. C'est ainsi. Ceux qui pratiquent le
rude métier de faire rire sont
peut-être adulés, chéris des
foules, mais finalement oubliés au moment
des honneurs, des récompenses, au profit des
pompeux emmerdeurs et pompiers du pathos. Tout
comme les auteurs. Ce qu'on lui a fourni un peu
prématurément, à la sauvette,
c'est son certificat de décès. La
vengeance des minables.
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Ça y est, on a
trouvé les coupables! Les salauds qui
bouffent nos bandes passantes, foutent la pagaille
dans le réseau. Ce sont les Chinois! Pas nos
hébergeurs et fournisseurs d'accès
qui sont nuls, voleurs, menteurs et se tirent la
bourre, non-non! Les services spéciaux
belges viennent de tomber sur les niaquoués
en train de tester leur capacité à
investir les communications occidentales, à
détériorer, pirater, voire bloquer
les transmissions informatiques, curieux de la
réponse que nous opposerons et, tant
qu'ils y sont, expédiant des espions
virtuels type "cheval de troie" dans les fichiers
spécial-défense européens et
yankees, en vue du prochain conflit.
On se disait aussi que, depuis qu'on parle du
péril jaune, il fallait bien que ça
se confirme. Si non è vero, è bene
trovato.
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Sous de trompeuses apparences et
malgré les allégations des
politiques, nous sommes en dictature
médicalisée. Les Purgon, Diafoirus
ont investi le pouvoir, qui y trouve son compte
par la sujétion supplémentaire
qu'ils permettent. Rien n'a changé depuis
Molière : les Diafoirus veulent toujours
nous voir mourir en bonne santé, ce qui
n'est pas leur affaire. Ils sont à notre
service, non l'inverse. Le système
monarchique avait autrefois la sagesse de les
tenir à leur place : des serviteurs,
qu'il ne fallait pas laisser régenter la
maison. Or ils prétendent aujourd'hui
dicter notre conduite, nous poussant tels des
moutons sous la baguette des interdits,
contraintes, admonestations, menaces, faisant de
notre existence un enfer que nous n'avons aucune
raison de fréquenter.
Je préconise le retour à la
liberté comme au beau temps de la
monarchie. À la domination des heureux de
vivre, même si égrotants, sur les
pères la pudeur, donneurs de
leçons, ignorantissimes ignorants imbus
d'eux-mêmes et considérables
raseurs, adeptes de la saignée (y compris
celle du portefeuille). Serais-je royaliste?
Plutôt anarchiste.
Un royaliste est un anarchiste qui aime
l'ordre.
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Mon précédent édito trouve
une justification inattendue dans le relevé
de prestations reçu de ma mutuelle, que je
cite sans y changer un iota : "Dans le cadre de la
réforme de 2004 pour une meilleure
coordination des soins, la MGEN mettra à
disposition des médecins un historique de
vos remboursements de prestations
Sécurité Sociale sur une
période de 12 mois. L'accès à
cet historique réalisé par votre
médecin sur son ordinateur ne peut se faire
sans votre accord et sans l'utilisation de votre
carte Vitale. L'utilisation ou non de ce service
n'aura aucune conséquence financière
sur vos remboursements."
Autrement dit : on vous a tous
à l'oeil! Notons aussi qu'on
se dédouane en évoquant des
dispositions datant de 2004... Je rappelle à
qui de droit que nombre d'officines refusent depuis
toujours de s'équiper pour l'exploitation de
la carte Vitale, qui n'a jamais eu rien de
médical.
Eh bien, je refuse parce que :
1°/ je ne supporte plus ce nouvel et
incessant flicage ;
2°/ j'estime que le rôle de mon
médecin est de soigner quand je le consulte,
non de servir de claviste bénévole au
ministère de la santé et des
affaires interstitielles.
Toute récrimination des services publics
sera redirigée sur mon site.
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La lettre type est une lettre qu'on adresse
à des types qui viennent vous casser les
pieds avec des questions oiseuses concernant leur
petite personne, à qui l'on n'a ni le temps
ni l'envie de répondre. C'est une
commodité informatique remettant l'importun
à sa vraie place : les trous d'un programme
censé recouvrir tous les cas de figures
possibles en se payant la sienne, le laissant
apprécier l'importance qu'on lui accorde et
méditer sur la banalité de ce qu'il
croit exceptionnel. Seuls les innocents s'imaginent
qu'on leur répond personnellement. La
finalité réelle de ce genre de
littérature est de permettre au service
sollicité de continuer à dormir sans
être dérangé.
Ceux qui rédigent au départ la
lettre type doivent se montrer extrêmement
prudents, car elle indiquera surtout le peu de
considération apportée aux
destinataires en général, dont les
plus susceptibles ne manqueront pas de se plaindre
à la première occasion, causant des
ennuis supplémentaires.
La meilleure façon de calmer un type
furieux d'avoir reçu une lettre type est de
s'indigner : "Comment! on a osé vous envoyer
une lettre type! N'y voyez rien de personnel!!! Je
vais m'occuper de cette affaire
moi-même..."
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J'ai parlé des Purgon, des Diafoirus.
J'ai oublié les pires d'entre eux, le bas du
panier: les arracheurs de dents. C'étaient
les barbiers, appelés de nos jours
dentistes, comme les ex-femmes de ménage
techniciennes de surfaces. Ou bien ils sont
d'une totale innocuité, se contentant
d'accompagner doucement la nature. Ou bien,
atteints de la folie des grandeurs qui a fait
péter leurs circuits d'apprentis bouchers,
ils prétendent exercer impunément
leurs ravages. Ne vous avisez pas de manifester
votre désaccord : ce sont des tyranneaux
assoiffés de puissance, conscients de la
bassesse de leur ancien état et
décidés à vous le faire payer
comme si vous y étiez pour quelque
chose.
Quand de plus ils s'avèrent violents,
l'agressivité étant inversement
proportionnelle au volume du cerveau, vous avez les
plus grandes chances de faire réparer votre
dentier à l'oeil par décision de
justice. Appréciable satisfaction,
même si ça vous empêche de
mastiquer pendant quelque temps.
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Je suis un cas clinique. Je tiens la superforme,
moi, en ce moment. « Jamais vu ça!
» piaille la faculté. Étant
donné ma vie de patachon, mon âge, mon
passé médical, mes imprudences,
addictions, fantaisies réputées
fatales, un soleil personnel et portatif brille
insolemment, quoique soleil, sur mon panorama. Il
faut vous y résoudre, messeigneurs. Je suis
un monstre, je mourrai en bonne santé. Le
Conseil de l'Ordre peut continuer à dormir
tranquille. Pour renfort de potage, j'ai
trouvé un médecin qui a aussi
piètre opinion que moi de ses
confrères et possède cet avantage
que, radiologue, il sait de quoi (plutôt de
qui) il parle : Patrick de Funès
(Médecin malgré moi). Oui! le
talentueux rejeton de Louis, son comique de
père!...
Je vous en parlerai un jour, du bouquin.
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Une copine de la Rédaquette est venue se
réfugier au Phare pendant qu'on retape sa
baraque. Elle partage en ce moment notre havre de
paix (quand les chiens du voisinage ne gueulent pas
trop fort, et que leurs maîtres -- tout aussi
gueulards -- n'entreprennent pas de se
"parler" de maison à maison à 7
heures du matin comme s'ils étaient sur des
pitons éloignés). Un beau jour
plutôt moche, mon téléphone
fixe acheté à france telecom
(Orange) tombe en rideau, encore sous garantie. La
copine, gentiment, propose d'aller
l'échanger où il fut acheté.
Un prêté pour un rendu. On ne dit pas
non. Le vendeur, en revanche, si. Il refuse avec un
bel aplomb d'honorer son contrat sous des
prétextes technico-foireux. Malheureusement
pour lui, la copine est avocate. Ça se
trouve comme ça. On ne l'envoie pas sur les
roses aussi facilement. Furieuse, elle se met
à sonoriser l'agence à la
satisfaction d'un public nombreux. L'une de ses
plus belles plaidoiries. Elle en profite pour
rappeler malicieusement que son cabinet d'avocats
attend un règlement de ladite boutique
depuis plus de six mois. Fatalitas. Et toc!
L'assistance faillit applaudir. On
jugea prudent (et commercial) de
s'exécuter.
Le fixe de remplacement marche très bien,
merci. Pour le moment.
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Vacances! Les programmes radio,
télé changent. Les titulaires
émigrent vers les plages pipoles. Les
remplaçants ont leur chance. Époque
des "best of" (souvent "worst of"), les
équipes techniques émigrant aussi.
Des "bêtisiers", qui montrent surtout la
bêtise des concepteurs et ne
révèlent qu'une monstrueuse flemme.
Vacances! Plus d'eaux minérales, de sodas
dans les supermarchés. Plages, lieux
touristiques approvisionnés en
priorité. Vacances! Pas le moment de
s'offrir une rage de dents, une appendicite, un
infarctus, sous peine de vacances
éternelles. Les livraisons n'arrivent pas.
Plus personne.
Exception : les Pompes Funèbres (et
encore!), le Phare (toujours). Ici, on ne
détèle pas. Le Rédac, bernacle
opiniâtre, s'accroche à son rocher.
Faut s'le faire.
Certes, je songe parfois à prendre
mes vacances, ne plus exercer mon
office, pas toujours exaltant. Ne plus corriger ce
qu'on m'envoie. Les concernés savent bien,
hélas, que je n'en ferai rien, non par
égard pour eux, mais pour le site (respect
du surfeur et de la langue française). Ils
auraient l'air malin, s'ils apparaissaient tout
nus! Avec leurs fautes, leurs maladresses. Qu'ils
se méfient tout de même. Farceur,
provocateur dans l'âme, je peux toujours
passer à l'acte.
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Henry Miller m'a offert quelques belles bosses
de rire, avec son talent inimitable à
brosser la galerie de piqués parasites qui
ont envahi sa maison au fil des ans. J'étais
alors loin d'imaginer que je connaîtrais
à mon tour un spécimen gratiné
de cette redoutable engeance, prompte à
débarquer chez vous comme en terrain conquis
sans manifester la moindre intention de partir un
jour. Pourquoi le feraient-ils? ils ont le
gîte, le couvert, vous comme domestique. Pour
leur part, ils n'en foutent pas une rame, entrent
et sortent à leur guise, vous imposent leurs
horaires de détraqués, leurs tics,
leurs tocs, leurs lubies. À la limite, vous
êtes chez eux, ils sont bien bons de vous y
souffrir... Miller aurait ri de mes tracas, sans
être nullement étonné. On ne
rit bien de ces fléaux qu'après, ou
lorsqu'ils affligent les autres.
Mon fléau à moi fut une
fléaute, invitée par mon
épouse dans un moment d'inconscience, mais
qu'elle (la fléaute) s'empressa de prendre
au mot à la première occasion (on
retapait sa baraque, elle devait soi-disant
attendre la réponse des ouvriers pour
connaître le jour où elle pourrait y
revenir. Et - ce qui aurait dû nous mettre la
puce à l'oreille - la mairie de son patelin
venait de la virer du local municipal où
elle l'avait recueillie gratos. Apparemment, nous
étions les seuls au monde à pouvoir
prendre le relais (curieux, comme d'autres, qui
devaient la connaître mieux que nous,
s'étaient prudemment défilé!).
Attention, ce n'est pas une indigente, seulement
une avocate (oui, la même que celle de
l'épisode Orange!) en activité, donc
ayant les moyens, sans être une diva du
barreau (il faut d'autres talents).
Consulté, j'avais dit sans méfiance
à la Rédaquette : "Tu as promis, tu
dois tenir." Première règle : ne
jamais être correct avec les incorrect(e)s.
De plus, il s'agissait d'une copine de ma femme (en
fait, simple fréquentation ferroviaire)! Le
comble, c'est qu'à la longue c'est vous qui
êtes gêné de devoir intervenir,
quand la parasite se sent parfaitement à
l'aise. En privé, la Rédaquette
râlochait tant et plus, mais elle n'osait
rien dire ouvertement. Cette grande gueule est
d'une lâcheté insigne quand il faut
faire face. Comme toujours, je dus me charger du
sale travail : signifier à la monstresse que
la mesure était pleine, qu'elle devait
libérer les lieux de son encombrante
présence et de ses innombrables
impedimenta sous 48 heures (si vous
n'êtes pas brutal et précis avec les
chieuses, elles ne comprennent pas).
Elle eut le filet d'intelligence
nécessaire pour saisir qu'il ne fallait pas
pousser davantage, mais ce fut la Rédaquette
qui dut débarrasser le matériel, car
la poison ne leva pas le petit doigt (trop
fatigant, et elle en avait peut-être besoin
pour se le mettre dans le cul). Soyons juste, elle
n'avait pas que des défauts : elle
appréciait ma cave et mon whisky.
Voilà, mon vieux Miller, sacrée
fripouille! Tu te sens moins seul, maintenant?
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Complètement oublié d'en parler.
On vient de se faire les USA. D'Est en Ouest.
Consultant mes stats (nous avons nos renifleurs,
nous aussi), je découvre qu'outre les
visiteurs habituels, de New York à Pasadena,
on réussit la totale. On savait les copains
un peu parano sur les bords et munis de Grandes
Oreilles (chacun ses manies), mais là c'est
du sublime! La crème des crèmes.
Visites des universités, comme d'hab. De la
CIA, comme d'hab. Du Pentagone, comme d'hab. Des
fois qu'on connaisse des trucs qu'y savent pas...
Mais (nouveauté!) de la Maison-Blanche! Qui
dit mieux? Raison de cet afflux d'alouettes dans le
miroir : notre écho sur Obama. Ça
rapplique dare-dare. Quel honneur!
Hé, Barack, t'as oublié de nous
payer, pour ta campagne!
La Rédaquette ricane. Elle dit qu'en
plus, tout ce beau monde vient se marrer,
éventuellement s'instruire. C'est quand
même pas les pin-up qui l'attirent?
Rassurez-moi!
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Je trouve ça très bien, qu'on
revalorise le SMIC chaque année. Si on
faisait aussi grimper ma retraite, ce serait encore
mieux. Ça me permettrait de continuer
à employer une aide-ménagère.
En attendant, je suis ravi d'apprendre par l'URSSAF
que le fric qu'elle me ponctionne mensuellement en
cotisations sert à financer la protection
sociale : ainsi, ma mutuelle peut à
l'occasion me rembourser des queues de cerises.
La Banque Populaire (ma banque depuis 13 ans)
joint à mon relevé de compte une pube
à sa gloire, où elle se flatte
d'avoir remporté les Trophées du
Revenu 2008. Chuis bien content pour elle, mais
ça me rapporte quoi? Rien.
Je sens que, quelque part (comme dit l'autre),
on me prend pour une bille.
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Le Paris-Chartres de 17h.25. Pas trop
chargé pour un 29 juillet. La
Rédaquette et moi nous installons dans un
compartiment presque vide, bientôt rejoints
par une voyageuse équipée d'une
respectable malle à roulettes et d'un
cellulaire dont la sonnerie étrange,
l'apparence signalent la provenance
étrangère. Allemande, me dis-je en
l'entendant épuiser le bottin tandis que son
bagage, faute de place, dresse une barrière
dans notre espace vital. Elle s'excuse. Russe, elle
est russe, moscovite! Mon sang ne fait qu'un tour,
chargé par mon géniteur d'un
goût ardent pour les origines pittoresques,
particulièrement slaves. Hélas, elle
ne parle pas français ni moi le pouchkinien.
Avide de communication, elle m'oblige à
parler anglais. Me faire un coup pareil, à
moi! Installée en face, à
l'écart, la Rédaquette joue les
absentes, m'abandonnant lâchement à
mon baragouinage.
Je ne veux pas frimer, mais si je lis sans
problème dans le texte Alice in
Wonderland, Kurt Vonnegut (junior) et The
seven Pillars of Wisdom, je suis infoutu de
demander à Londres comment on va de
Haymarket à Trafalgar Square. En plus, dans
le cas présent, je sors de chez le dentiste
et j'ai la mâchoire encore
anesthésiée, ce qui n'arrange pas ma
diction. Il a dû y avoir quelques
infiltrations côté cerveau, car mes
débris de fluent m'ont quitté,
les mots les plus simples ne viennent pas.
Je suis à la torture et me souviendrai
longtemps de la séance. Mais je crois que
mon interlocutrice aura déclaré
à son époux qu'elle rejoignait
à Laval : «Voyage affreux. Je suis
tombée sur un Français qui parlait
anglais comme une vache espagnole!»
Pour qu'elle ne croie pas avoir eu affaire
à un débile profond, je lui ai tendu
avant de descendre à Chartres une carte du
Phare avec l'url. Je pense qu'elle se
reconnaîtra.
Seul gain de l'aventure, je n'ai pas vu passer
le temps. La Rédaquette dut beugler :
«Hé! on est arrivés!»
Nitchevo!... Vodka!
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Tout le monde il est beau, tout le monde est
dans la pube.
Tes e-mails sur Télé 2, tu peux
pas y accéder : les fenêtres pop-up
t'en empêchent. Télé 2 finit
par désactiver ton compte comme inactif.
Ça ne l'empêche pas de te pomper
l'abonnement.
L'été te rappelle que la
télé tout court, c'est des
giclées de pube coupées de quelques
programmes merdiques.
Ton fixe sonne, tu réponds comme un con
(Pavlov). Pube. Spam téléphonique.
Illégal.
Tu te rabats sur le cellulaire. Avant de te
passer le numéro demandé, on
t'annonce les dernières promo et qu'il faut
bientôt (presque une semaine à
l'avance) prolonger la validité de la
recharge.
Dernier must sur les distributeurs de billets :
avant de te filer l'oseille, on te passe des
écrans pube. T'as probablement que ça
à faire. Et ta banque chérie
interrompt un règlement par Visa. Comme
ça. Parce que ça lui chante. Et que
l'informatique est en vacances (et que ça
t'oblige à utiliser le chèque).
Accros des Jeux de Pékin, ne vous
branchez pas. Ce sera le plus grand écran
pube du monde!!!
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De loin en loin, j'ai des discussions
littéraires avec mon chemisier.
Dernièrement, ce père
juvénile, fier et raide dingue de sa fille
(8-9 ans), m'annonce avec un air de grand
mystère : «Vous ne devinerez jamais
quel est son livre de chevet, car elle adore lire,
et mon livre de chevet aussi.» Il est
tellement transparent que je rugis: «Ne me
dites pas que c'est Le Petit Prince!»
-- «Comment vous avez deviné?»
Soufflé, l'exupélâtre. Facile,
inconsciemment il a pris la tête de
l'emploi!
C'est plus fort que moi, j'explose : «Cette
sous-merde! Cette tisane à l'eau
tiède!» Il est catastrophé. J'en
ai rajouté, bien sûr, mais il demande,
vexé : «Alors qu'est-ce qu'il faut
lire?»
J'ai honte, je me calme, je dis : «Il ne
faut rien, vous lisez ce que vous voulez. Ce qu'en
pensent les autres, vous n'en avez rien à
battre, particulièrement les vieux tordus de
mon genre. L'important, c'est que ça vous
plaise. Rien ne m'autorise à dire ça
c'est bien, ça faut pas. Ça ne
concerne que moi.»
Mes petites ailes me grattent dans le dos et mon
auréole me serre un peu, mais je me sens
mieux tout d'un coup. Il me rappelle cette jeune
ravageuse qui m'avait conquis (platoniquement),
pour laquelle je fis quelque chose d'ignoble : elle
tenait Victor Hugo pour un grand poète et
Les Misérables, qu'elle n'avait
jamais pu se payer, pour un chef-d'oeuvre (sans
doute grâce à cela). Je lui offris
l'intégrale de ce pavé gras
romantique.
Personne n'est parfait.
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Dans le Chartres-Paris, une vieille moche
s'installe en face de moi. Elle sort d'un sac
plastique des machins en riz soufflé qu'elle
se met à manger voracement, arrosés
d'un truc qui ressemble à du jus de carotte.
Mais surtout, elle porte le même blouson
sport rouge balise faux jeune. À vomir. Je
réalise soudain que j'ai le pareil sur le
dos, que je dois avoir l'air d'un vieux moche genre
faux jeune et me mets à la haïr, telle
la mémée tombant sur une consoeur
vêtue du même Chanel. Ai-je l'air aussi
d'un touriste en maraude? Ma casquette de baise-bol
Kangol match stripe space made in China ne doit pas
arranger les choses.
Sous cet accoutrement je découvre,
débarquant à Paris, que notre
réputation de xénophobes malgracieux
est imméritée. Entrant dans une
librairie de l'avenue Kléber, à la
recherche d'un bouquin 10/18 dont j'ignore l'auteur
et le titre, sinon qu'il s'agit de Mongolie et que
c'est un roman (Guide de Mongolie, Svetislav
Basara), on se met en quatre pour me le
dénicher sur ordinateur. On ne l'a
hélas pas en rayon et je ne suis que de
passage. On me note spontanément les
références pour, me dit-on, que je
puisse l'acheter ailleurs s'il s'y trouvait.
Peut-on faire mieux?... Il est vrai que je parle
français!
Place du Trocadéro, les resto-bars ne
manquent pas. J'hésite, toujours
touristoïde, devant les terrasses. Surgit un
serveur, très pro, très Montand,
très affable. Il joue au garçon de
café, aurait dit Jean-Sol, mais avec
talent. Me propose une place dans la partie
protégée du vent. Mais, dis-je, je ne
pourrai pas fumer. -- Mais si, venez, je
m'occuperai spécialement de vous. Il me
traîne une chaise, m'installe et tient sa
promesse, gentiment, joyeusement. Il sera aux
petits soins. Ayant fini par sympathiser, je lui
confie : Vous savez, il y a quelques
pelletées d'années, nous
étions voisins (geste vers l'avenue
Georges-Mandel). Ancien principal, je reviens dans
mon diocèse. -- Ah, fait-il, vous avez
dû en distribuer, des colles! -- Non. Pas mon
genre. -- Passé revoir les collègues?
-- Surtout pas! Je déteste cette
boîte. Il est surpris, apparemment d'accord.
Je le quitte non sans avoir remercié de
l'accueil et laissé un pourboire,
contrairement à mes habitudes.
Décidément non, je ne suis pas un
touriste!
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