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Ma troupe comptait quelques
comédiens originaux. À l'époque, je les
considérais comme de sacrés emmerdeurs, mais
le temps magnifie tout, ce qui me permet d'en rire
maintenant. Payelle (il prétendait prendre
Elyap comme pseudo, je ne le permis jamais, il finit par
adopter le nom de sa mère, Guyard), Payelle avait le
génie de la réplique surprenante. Il ne la
sortait jamais sur le ton attendu, ce qui produisait l'effet
comique de la surprise. Il possédait en outre un
solide accent des fortifs, bien passé de nos jours.
Dans L'Alchimiste de Ben Johnson, sa prononciation
des mots anglais fut un cimetière
d'énormités irrésistibles. Il
était réfractaire à l'anglo comme au
saxon. Après tout, les cockneys font pire. Chaque
fois qu'il fallait lever le rideau, c'était la
même comédie. On le cherchait partout. Il
était réfugié aux toilettes. Le trac
lui tombait sur la vessie ou l'intestin. Je me revois
encore, en coulisses : « Allez, on lève. »
Et mon Payelle, dansant d'un pied sur l'autre : «
Attends, merde! faut que j'aille pisser! » Abisror, lui, son truc, c'était le
bafouillage. Aussi bègue que Porky Pig et
agité de tics, comme le père Blin. Mais
dès qu'il possédait son texte, ces
infirmités disparaissaient miraculeusement (pareil
pour Blin). Par chance, il le savait toujours au rasoir!
Sauf un soir de première où, fatalitas! le
comédien qu'il devait présenter, souffrant,
avait un remplaçant de dernière heure.
Abisror, que d'innombrables répétitions avait
accoutumé à un autre nom, n'arriva jamais
à prononcer le nouveau. "L'intéressé"
crut à une mauvaise farce. Ils s'empoignèrent
dans les loges. Il fallut les séparer. À la différence d'Abisror,
Malé ne savait jamais son texte. Flemmard
invétéré, il croyait à la magie
de l'urgence. Je me revois encore dans Scapin, où il
jouait Léandre et se raccrochait à moi pour me
supplier d'arranger ses affaires. Mais, au lieu des
répliques traditionnelles, tout ce qu'il savait dire,
cette andouille, en me secouant comme un prunier,
c'était: « Aide-moi! aide-moi! » Il parlait
bien évidemment de son texte! Je m'en sortis en
pratiquant la prosopopée sur ses
répliques. On pourrait croire que ma troupe
était un sacré ramassis de cloches. Pas du
tout. Pas plus qu'ailleurs. Quelques-uns avaient simplement
leurs petits défauts.


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CINÉRÉDAC |
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Le billet de Nietzsche |
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Si les emmerdeurs se contentaient d'emmerder!... En plus, ils collent (c'est ce qui fait leur emmerditude). Daubant leurs semblables et se lamentant : « Quels emmerdeurs! » Nietzschevo! |
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revu par le Rédac |
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Christiane Hartweg |
Paroles inédites |
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Suivre les pas du vent Jusqu'au coeur de la forêt. Grand silence. Absence. Puis, peu à peu, tremblotent les feuilles, Vibrent herbes et buissons ; Des murmures, Des chuchotements, Un à un, s'élèvent ; Les branches se griffent et se giflent, Les arbres crient Des paroles insensées... -- Tous ces mots, Nous les garderons -- intraduisibles -- Dans nos cerveaux Comme les pensées du pharaon Dans son tombeau. |
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Le Collector des Goûts |
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Le Fauriscope |
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© Le Phare de Frazé
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